Les Palois ont tous senti monter la pression d’un événement historique dans leur ville. Aaron Grandidier-Nakang, Beka Gorgadze et Lekso Kaulashvili en ont témoigné. L’opposition du Racing sera rude, mais les Béarnais se raccrochaient à l’idée que la régularité de leur performance et leur classement final voulaient forcément dire quelque chose.
Pau vit un moment d’excitation. Le barrage contre le Racing a suscité un engouement sans pareil en Béarn pour le premier match de phase finale de la Section depuis 26 ans. On attend une ambiance du tonnerre. Le staff avait grosso modo l’embarras du choix pour préparer cette rencontre, il y avait peu de blessés dans l’effectif de Sébastien Piqueronies, même si celui-ci a choisi de se passer de Facundo Isa, pas suffisamment rétabli d’une blessure aux ischios. Il a choisi de titulariser le vétéran Luke Whitelock pour sa « der » au Hameau en troisième ligne, à la place de Loïc Credoz. Le discours mélangeait optimisme et humilité, avec bien sûr cette idée que les Palois allaient jouer sur leurs qualités traditionnelles de vitesse pour essayer de déborder ce Racing qui fait peur vu sa puissance. On attend évidemment beaucoup du trio Attissogbé, Arfeuil, Grandidier-Nkanang, trois hommes rapides et adroits sur les ballons hauts, leur grande spécialité. À vrai dire, on a rarement vu une telle opposition se dessiner entre la puissance frontale des attaquants parisiens et une certaine recherche d’espaces chez leurs homologues palois.
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Grandidier-Nkanang a besoin de la pression
Le champion olympique Aaron Grandidier-Nkanang, l’un des hommes forts de la saison, est venu s’exprimer avec un sourire qui exprimait une envie d’en découdre, on sentait même une impatience chez cet homme d’un naturel décontracté : « On entre dans une nouvelle compétition. Mais notre envie est la même : rendre les gens fiers et marquer l’histoire du club. On connaît les qualités des joueurs d’en face, ils ont des profils plutôt costauds, mais je pense qu’au final ce sera un match d’une grande intensité et je suis sûr qu’on sera à l’heure. Il faudra essayer de les faire tomber le plus rapidement possible, ce qui ne sera pas facile. Si on arrive à maîtriser leurs X Factors, ça va tuer leur momentum. Et ça nous donnera de bonnes opportunités pour exprimer notre momentum à nous. Quand on parle aux gens d’ici, on voit combien ce match compte pour eux. » L’ailier franco-anglais, fort de son passé olympique de 2024, ne se sentait pas écrasé par l’événement : « Je m’estime vraiment chanceux de participer à cet événement. À moi, il me faut de la pression pour me mettre dans le match, j’adore ce genre de moment. C’est pour ce genre de rendez-vous que je joue au rugby. »
Mais Pau, ce n’est pas qu’une ligne de trois-quarts. Le numéro 8 et capitaine Beka Gogadze fait aussi partie des Sectionnistes dont on attend beaucoup. Il a été ménagé pour le dernier match de saison régulière face à Montauban. Celui-ci n’a pas vécu non plus beaucoup de phases finales, mais il semblait optimiste vendredi, porté par l’idée que le parcours de Pau, quatrième après la saison régulière et invaincu à domicile, voulait dire quelque chose : « C’est incroyable, on sent monter la pression dans la ville, ça nous donne beaucoup d’énergie positive. La semaine de préparation a été très positive. Collectivement, nous n’avons pas vécu cette expérience de matchs à élimination directe. Mais nous nous sommes dit que notre rugby était en place depuis longtemps et que ce match sera la conséquence de tout ce que nous avons fait depuis le début de la saison. Je ressens une sensation de connexion forte entre nous. Notre challenge est de rester très sereins. »
Lekso Kaulashvili est l’un des trois Géorgiens de l’effectif. Comme beaucoup de piliers, peu habitués à être mis en lumière, c’est un homme de peu de mots. Mais lui a déjà joué des phases finales et même des demies avec La Rochelle et Bordeaux-Bègles. « On a fait tout ce qu’il fallait faire pour être là. On est prêts, on est bien, on est souriants. On est là grâce à notre boulot, pas celui de la semaine dernière, mais celui accompli depuis très longtemps. »
Lekso Kaulashvili a déjà joué des phases finales
A-t-il eu un rôle particulier à jouer vu son âge et son expérience avant ce barrage tant désiré ? L’homme a préféré rester modeste : « Vous savez, je ne suis qu’un soldat, je fais juste mon boulot… Après, on a des leaders qui nous guident. Peut-être que le fait d’avoir joué des phases finales me donne de la force pour aborder ce moment et être exemplaire vis-à-vis des jeunes, mais je le répète, je me sens un soldat comme eux. Et je trouve que nos jeunes jouent super bien. »
Il nous fit part en particulier de son expérience de 2017 et sa demi-finale jouée avec La Rochelle alors qu’il avait 23 ans, une découverte qui l’a marqué. « On avait perdu, mais ce fut une belle sensation, au Vélodrome contre Toulon. C’est difficile de poser des mots là-dessus. Je découvrais quelque chose de nouveau, sur un terrain immense. »
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