Pour beaucoup, Pau apparaît comme l’adversaire le plus abordable du Top 6. Mais attention à ce constat en trompe-l’œil.
C’est une petite musique qui flotte dans l’air au gré des confidences en off. La Section Paloise apparaît comme l’adversaire le plus abordable dans l’esprit des autres équipes. Cette idée reçue peut s’expliquer, avant de se relativiser. Les Palois payent déjà le fait d’être nouveaux à ce stade de la compétition. Son dernier match de phase finale remonte à 2000, la plupart des joueurs n’étaient pas nés. Les Palois se retrouvent face à l’argument imparable de… L’expérience.
Sur un plan plus conjoncturel, on a beaucoup parlé ces dernières semaines des retours au premier plan du Racing et de la Rochelle. Ces deux écuries bénéficient d’une dynamique favorable. À côté, Pau arrive fort d’un parcours finalement très régulier, mais qui n’a pas été servi par un exploit récent et retentissant. C’est un peu cruel. On a aussi coutume de dire que les matchs de phase finale, sont plus fermés, marqués par le retour du combat rapproché, la primauté de la force et de la puissance sur la vitesse. Le Stade français, Montpellier, le Racing ou La Rochelle semblent mieux armés dans ce secteur que la Section, qui paye aussi le fait d’avoir récemment été mis au supplice par la mêlée du MHR le 30 mai.
Pau présente l’image (forcément caricaturale) d’une équipe plus légère avec les Théo Attissogbe, Emilien Gailleton, Fabien Brau-Boirie, Aaron Grandidider ou Hugo Auradou, numéro 4 spectaculaire capable d’apporter vitesse et vivacité au jeu (un peu plus que ses adversaires directs).
Ballons portés et duels aériens comme atouts
Alors, évidemment, les Palois quand ils entendent ces arguments fourbissent les leurs. Thomas Laclayat, leur pilier droit numéro 1 sera de retour face au Racing, ainsi que Montoya au talonnage. Quand on regarde bien les chiffres, on s’aperçoit que jusqu’à la dernière journée, les Palois étaient seuls leaders du classement des essais marqués sur ballon porté. Ils en sont à 17 (Montpellier les a rejoints la semaine passée) et si Maximin, numéro 5, a gagné une sélection chez les Bleus, ça ne peut être le fruit du hasard.
Ils rappelleront aussi leur efficacité dans un secteur de jeu de plus en plus décisif, les duels aériens, avec le travail de leurs ailiers Grégoire Arfeuil et Aaron Grandidider-Nkanang et l’apport de Théo Attissogbe. C’est une nouvelle forme de conquête qui risque de peser lourd samedi. On rappelle aussi que la Section est la seule équipe à avoir fait un treize sur treize à domicile cette saison en Top 14. Ça doit vouloir dire quelque chose.
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