Un agent de la mairie de Perpignan (Pyrénées-Orientales) a été écarté après avoir été épinglé dans un article du média Reflets, au sujet d’un tatouage sur son bras figurant une devise de la SS, l’organisation paramilitaire du régime nazi. Il avait été un temps au conseil municipal de la ville.
La phrase « Mon honneur s’appelle fidélité » s’étale en grosses lettres gothiques sur l’avant-bras de cet agent de la mairie de Perpignan, et désormais dans la presse. Le journaliste Ricardo Parreira a révélé dans le média Reflets l’existence de ce tatouage, repéré sur un contractuel embauché au service de l’état civil de cette municipalité gérée par le Rassemblement national depuis 2020.
Néonazisme : à la mairie de Perpignan, un agent arbore une devise des SS.
Crâne rasé et portant un pendentif avec une croix chrétienne, l’agent arbore également sur son bras gauche une devise nazie traduite en français, couramment utilisée dans les milieux néonazis.
🧵⬇️⬇️ pic.twitter.com/9886Dg913J— Ricardo Parreira (@ParreirRicardo) June 8, 2026
Il s’agit de la traduction littérale de « Meine Ehre heißt Treue », la devise officielle de la Schutzstaffel, la SS, l’organisation paramilitaire officielle du régime nazi. Prononcée par Adolf Hitler, la phrase a été adoptée par Heinrich Himmler, qui la fait graver sur les ceinturons et les poignards de membres de l’organisation.
Impossible, selon Ricardo Parreira, de ne pas l’identifier. « Il existe des symboles cryptiques, mais celui-là n’en est pas un« , assure le journaliste qui recense ces signes dans un index. Indissociable du national-socialisme, la phrase est aujourd’hui largement employée par des militants d’extrême droite radicale, comme ces néonazis intégrés à l’armée française, ainsi que le révélait Mediapart en 2020. Son utilisation est même interdite par le Code pénal en Allemagne depuis 1947.
C’est un habitant de Perpignan, venu en mairie pour des démarches administratives, qui a repéré le tatouage et l’a pris en photo. « Plusieurs signalements avaient été faits« , indique le journaliste, qui dénonce de la « complaisance« , voire de la « connivence » au sein de la mairie.
Sur des photos consultées par France 3 Occitanie et datant de juillet 2025, on peut en effet apercevoir le tatouage sur le bras de cet homme lors d’un évènement organisé par la mairie. Il était alors membre du conseil municipal, qu’il avait rejoint en 2023 après plusieurs démissions, alors qu’il était présent sur la liste de Louis Aliot aux élections municipales de 2020. Avant cela, l’homme travaillait à la mairie en tant que chargé de mission.
Contactée, la municipalité assure ne donner « aucune caution » à la symbolique du tatouage et indique que l’agent a été suspendu de ses fonctions après la parution de l’article. Son contrat ne sera pas renouvelé.
Bien que mobilisé aux côtés du maire sortant pour la campagne pour les élections de 2026, comme l’attestent des photos partagées sur les réseaux sociaux, il n’apparaissait pas sur la liste du candidat du Rassemblement national et avait été embauché comme agent contractuel à l’état civil après les municipales.
Le journaliste à l’origine de la révélation dit vouloir alerter sur ces symboles, parfois ignorés du grand public. « Au fur et à mesure que l’extrême droite gagne en puissance, il y a de plus en plus de symboles haineux dans l’espace public« , déplore-t-il, les associant à des « signaux faibles de radicalisation« , « une machine à créer de la haine » qui « doit inquiéter » et a « des conséquences pour la population. »
