Après le sacre de l’UBB en Champions Cup, l’ancien international anglais et chroniqueur Stuart Barnes a relancé le débat autour du XV de France. Pour lui, la domination des clubs français en Europe devrait davantage se traduire par des titres sous l’ère Fabien Galthié.
Ils sont formidables, ces Anglais : même lorsqu’ils ne sont pas invités à la fête, ils ne peuvent s’empêcher de la commenter. Les critiques venues d’Angleterre n’ont pas tardé après le nouveau sacre européen d’un club français. Stuart Barnes, ancien demi d’ouverture anglais (10 sélections) devenu consultant pour Sky Sports et chroniqueur au très sérieux Times, a profité du triomphe de l’UBB en Champions Cup pour remettre en cause le travail de Fabien Galthié à la tête du XV de France. Selon lui, la domination des clubs français en Europe ne se traduit pas suffisamment en sélection nationale. « Pouvez-vous imaginer l’Écosse marquer 50 points contre Bordeaux-Bègles comme elle l’a fait face à la France ? », interroge-t-il dans sa dernière chronique. Pour l’ancien international anglais, le potentiel observé en Champions Cup ne se retrouve pas pleinement sous le maillot bleu.
L’argumentaire peut toutefois être nuancé. Le XV de France a remporté deux Tournois des 6 Nations récemment et réalisé le Grand Chelem en 2022. Mais pour Barnes : « ce n’est pas suffisant », au regard de la richesse du rugby français. « Fabien Galthié est en train de laisser tomber la France. Elle a remporté son dernier grand chelem en 2022, mais s’est inclinée en quarts de sa propre Coupe du monde. Les joueurs de Toulouse sont plus performants pour Toulouse. Le contingent bordelais de titulaires français compte deux absents de marque avec les omissions incompréhensibles du majestueux Cameron Woki et de ce génie du rugby qu’est Damian Penaud. À l’exception de Bielle-Biarrey, tous les joueurs bordelais sont moins performants lorsqu’ils revêtent le maillot des Bleus. »
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La France, en tant qu’équipe nationale, n’arrive pas à la cheville de ses clubs
Les résultats européens des clubs français alimentent forcément ce débat. Toulouse, La Rochelle puis Bordeaux-Bègles ont remporté les six dernières éditions de la Champions Cup. Montpellier, deux fois, ainsi que Lyon et Toulon en Challenge Cup, ont également contribué à renforcer la domination du Top 14 sur la scène continentale. Les Bleus, eux, courent toujours derrière un titre mondial.
Mais pour contrebalancer l’argumentaire de Barnes, deux éléments doivent toutefois être rappelés. D’abord, les clubs français s’appuient aussi sur des joueurs étrangers majeurs dans leurs récents triomphes : Jack Willis ou Pita Ahki à Toulouse, Will Skelton et Tawera Kerr-Barlow à La Rochelle, ou encore Adam Coleman et Ben Tameifuna à Bordeaux-Bègles. Une liste non exhaustive. Ensuite, contrairement à la France, plusieurs grandes nations centralisent davantage la gestion de leurs internationaux, ce qui favorise les automatismes en sélection. Les internationaux français évoluent de ce fait dans des environnements plus variés et restent soumis aux contraintes infernales du calendrier du Top 14. Comment imaginer, alors, un Louis Bielle-Biarrey limité à moins de dix matchs avec l’UBB, à l’image d’un Pieter-Steph du Toit en club ?
Il a le tort d’avoir gâché quelques années de la carrière de Jalibert
Barnes estime malgré tout que le réservoir français devrait permettre aux Bleus de dominer davantage le rugby mondial. Pour lui, l’Afrique du Sud reste aujourd’hui favorite pour conserver son titre, alors que la France dispose peut-être de la génération la plus talentueuse de son histoire. « Il a même le tort d’avoir gâché quelques années de la carrière de Jalibert (en équipe de France), met en cause le chroniqueur anglais. Il a peut-être, ou il est sur le point de gaspiller, une génération en or de talents. L’Australie, en 2027, sera sans doute sa dernière chance. »
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