Depuis plusieurs siècles, cette société scientifique veille sur des trésors du patrimoine de Béziers, stockés dans le magnifique Hôtel Berger, en centre-ville.
Depuis l’Hôtel Berger qui a sa porte dans la rue des Docteurs Bourguet et sa terrasse sur les anciens remparts, la Société Archéologique Littéraire et Scientifique de Béziers (SASLB) est la gardienne de la mémoire de la ville. Elle-même fait partie de l’histoire de la cité. Les noms de bien des membres de cette société sont familiers aux habitants, car ils se retrouvent au détour des rues : Mairan, Azais, etc.
Ce n’est pas la seule empreinte que les sociétaires ont laissée dans le paysage urbain. L’emblématique statue de Paul Riquet de David d’Angers est une de leur donation à la ville. Tout est parti de Jean-Jacques Dortous de Mairan. Célèbre mathématicien et astronome, il fut un des premiers à avoir étudié les aurores boréales. Il fonde en 1723 avec quelques autres la première Académie de Béziers, devenue Académie Royale des Sciences et des Belles Lettres par lettre patente en 1766.
Mais la Révolution va faire fermer ces institutions d’Ancien Régime. C’est donc quelques décennies plus tard, en 1834, que l’avocat Jacques Azaïs et le bibliothécaire André Boudard recréent sur les cendres de l’ancienne académie cette société scientifique. Elle rassemblera des érudits et savants issus des milieux aisés de la ville, qui s’intéresseront à l’archéologie, la numismatique, les langues anciennes, etc.
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« Quand on a tout ça entre les mains, ça nous brûle les doigts, on a envie de transmettre »
Elle sera également à l’origine de publications et concours littéraires. Au départ logée au sein de l’Hôtel de Ville, la Société trouvera son chez-elle dans l’Hôtel Berger, légué à la ville par le Docteur Berger, lui-même sociétaire, à son décès dans les années 1980. Depuis, les archives et collections sont abritées à cet endroit.
« Voici une revue que nous sommes les seuls à avoir », sourit malicieusement Gilles Bancarel, l’actuel président de la Société, en ouvrant un recueil vieux de deux siècles. C’est le Journal des Abrutis, un journal humoristique créé par Auguste Capdeville, journaliste biterrois qui a collaboré à plus de 280 revues. Il y avait un concours à chaque numéro, celui qui répondait correctement recevait une médaille du club des abrutis. »
Dans une autre pièce, il ouvre un autre volume. « Tout Béziers y passera est un journal satirique publié de 1908 à 1912, qui a couvert toute la vie biterroise de l’époque. Les illustrations étaient de Louis Paul, dessinateur connu pour ses caricatures », détaille-t-il. Un autre ouvrage, encore, avec une signature célèbre : « Gabriel Azaïs avait fait un Dictionnaire des Idiomes Romans du Sud de France, précédant les travaux du Félibrige et de Frédéric Mistral. Ce dernier a dédicacé ce livre. Quand on a tout ça entre les mains, ça nous brûle les doigts, on a envie de transmettre ».
Des conférences gratuites tout au long de l’année
C’est cette mission que les bénévoles de la SASLB poursuivent de nos jours. Ils organisent ainsi des conférences gratuites toute l’année, proposent des visites théâtralisées de l’Hôtel Berger, et poursuivent la tradition de publier, en décembre, un bulletin regroupant les dernières recherches. D’ailleurs, la prochaine conférence sera sur Pauline Tiffy, le 28 mai à 18 h, au Réfectoire des Abbés.
Partenaires de la mairie qui les hébergent, ils sont sollicités, ou peuvent la solliciter, pour des projets concernant le patrimoine, comme Béziers Antique. En ce moment, ils travaillent à célébrer les 30 ans de l’inscription du canal du Midi à l’Unesco pour les Journées du Patrimoine. Les chercheurs ou les curieux ont la possibilité de venir à leur rencontre durant leurs permanences des jeudis après-midi, sauf les jours et veilles de fêtes, ou bien sur rendez-vous.
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