La Ligue nationale de rugby a publié ce jeudi 16 avril son rapport financier annuel. Si les clubs de Top 14 affichent des revenus records, les pertes persistent et le Stade toulousain, triple champion de France, est au cœur d’un bras de fer sur le plafond salarial.
Le rugby professionnel français ne s’est jamais aussi bien porté sur le plan commercial. Le chiffre d’affaires moyen des clubs de Top 14 atteint 33,1 millions d’euros cette saison, une quatrième année consécutive de hausse, avec une croissance de 5,8% depuis 2021-2022. Pourtant, les clubs perdent en moyenne 3,6 millions d’euros chacun, pour un déficit cumulé de 49,8 millions d’euros sur l’ensemble du championnat.
Dans ce paysage, le Stade toulousain tire clairement son épingle du jeu. Le club haut-garonnais fait partie des quatre formations, avec Bordeaux-Bègles, Toulon et Bayonne, qui concentrent à elles seules près de la moitié des recettes de billetterie du championnat. Une performance que la Ligue nationale de rugby attribue à « l’engouement populaire non-démenti des fans de rugby ».
Côté partenariats, Toulouse figure également parmi les clubs les plus performants, aux côtés de Lyon et La Rochelle, dans une catégorie qui atteint en moyenne 14,8 millions d’euros par club, un niveau record. Ces revenus privés jouent un rôle de plus en plus stratégique à mesure que les aides des collectivités locales diminuent.
C’est sur la question du salary cap que le bât blesse. Ce plafond de la masse salariale, pensé pour équilibrer la compétition entre clubs, est ouvertement contesté par le Stade toulousain. Le triple champion de France en titre remet en cause plusieurs de ses dispositions, créant une tension frontale avec la Ligue nationale de rugby. Ce dossier s’annonce comme l’un des sujets brûlants de l’intersaison.
Pour la première fois, le rapport de l’Autorité de Régulation du Rugby détaille les données club par club. Le tableau est contrasté : le Stade français affiche la pire situation avec 16,4 millions d’euros de pertes, devant Montpellier (–11 M€) et Toulon (–9,6 M€). À l’inverse, La Rochelle, Bordeaux-Bègles et Vannes dégagent chacun plus d’un million d’euros de bénéfices. Toulouse, lui, occupe une position intermédiaire, ni dans le rouge profond, ni parmi les bons élèves affichés.
Mais c’est bien le club de la Ville rose, par son poids sportif et économique, qui cristallise les débats sur l’avenir du rugby professionnel français. La Ligue, dans son rapport, rappelle d’ailleurs que ces résultats « démontrent la nécessité de renforcer les fonds propres sur le long terme« . Un avertissement qui sonne comme une feuille de route pour toute la profession.
