Plusieurs élus, députés et maires de la France Insoumise, ont porté plainte après l’envoi à l’Assemblée nationale d’un courrier détournant la BD Tintin au Congo. Une autre plainte a également été déposée après la découverte de tags à caractère raciste à Bagnères-de-Bigorre dans les Hautes-Pÿrénées.
Résultats des élections municipales 2026
Danièle Obono, Aly Diouara, Carlos Martens Bilongo, Nadège Abomangoli et Bally Bagayoko, ont porté plainte à Paris après l’envoi d’un courrier détournant Tintin au Congo à l’Assemblée nationale. Trois d’entre eux ont également déposé plainte, à Tarbes dans les Hautes-Pyrénées, suite à la découverte de tags le 4 avril 2026 à Bagnères-de-Bigorre. C’est leur avocate, Me Chirinne Ardakani, qui l’a annoncé ce vendredi 10 avril à l’AFP.
« LFI ? Y’en a bon pou’ nous Bwana ». Ou encore « échappée du zoo de Beauval ». Voici ce que l’on peut lire dans des cases de la bande dessinée détournée de Tintin au Congo. La missive a été reçue à l’Assemblée nationale, le 26 mars 2026, adressée au groupe parlementaire LFI.
L’avocate des élus nommément visés, Me Chirinne Ardakani, a dénoncé dans un communiqué un « recours systématique au procédé d’animalisation et de déshumanisation« , qui suggère « une prétendue supériorité du groupe social de personnes blanches sur les personnes noires« , « déniant » ainsi aux élus « leur appartenance à la communauté nationale« , relate l’Agence France Presse.
L’avocate dénonce également « un déchaînement quotidien de haine raciste« , qui a atteint son paroxysme depuis plusieurs semaines à la faveur des élections municipales.
Samedi 4 avril, alors que le nouveau maire de Saint-Denis en région parisienne, Bally Bagayoko appelait à un rassemblement contre le racisme et toutes les formes de discrimination, des tags haineux et injurieux avaient été découverts, loin de là, au centre-ville de Bagnères-de-Bigorre.
Les inscriptions appelaient à une « remigration » des élus LFI portant des noms d’origine étrangère. La municipalité avait immédiatement annoncé porter plainte. Danièle Obono, Carlos Martens Bilongo et Bally Bagayoko lui ont emboîté le pas, indique ce 9 avril, Me Chirinne Ardakani. Selon l’avocate, ce tag est en effet constitutif « d’injures publiques aggravées à caractère raciste« , reposant notamment sur des « origines ethniques déterminées ou supposées » ou » de leur couleur de peau noire« .
« Dans la majorité des cas, les infractions interviennent aux termes d’un harcèlement massif« , affirme encore l’avocate. Face au classement sans suite de « nombre des plaintes déposées » et à l’absence « de réaction significative de la part des autorités« , Carlos Martens Bilongo, Nadège Abomangoli, Aly Diouara et Bally Bagayoko ont indiqué saisir, ce vendredi 10 avril, la rapporteuse spéciale de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance.
