Dans l’Info d’ici ce jeudi, parole à Lorenzo, 25 ans, devenu tétraplégique suite à une bagarre une nuit d’août 2020 à Lattes. Six personnes, impliquées à des degrés divers dans cette bagarre, sont jugées depuis mardi par la cour criminelle de l’Hérault.
Au deuxième jour du procès de l’agression de Lorenzo, la cour criminelle de l’Hérault s’est penchée sur les faits qui se sont déroulés dans la nuit du 23 au 24 août 2020, à Lattes. Une barrage à l’issue de laquelle Lorenzo, 25 ans, a perdu l’usage de ses jambes. Six personnes, impliquées à des degrés divers dans cette bagarre, sont jugées depuis mardi.
ICI Hérault : Lorenzo, comment se passe le procès pour vous ?
Lorenzo : Dans tous les cas, moi, je raconte simplement la vérité des faits et ce n’est pas moi qui suis jugé aujourd’hui, donc je n’ai pas de souci à me faire, je suis serein dans ma tête.
Qu’est-ce que vous attendez de vous de ces sept jours de procès ?
Forcément, vu mon état aujourd’hui, qui est très grave, j’attends que justice me soit rendue et je pense qu’elle le sera, je l’espère. Ensuite, voilà, pour l’instant, je ne m’attends à rien pour ne pas être déçu et on verra bien comment ça va se passer, mais de toute façon, ce n’est pas moi qui prendrai cette décision, donc…
Dans quel état d’esprit vous êtes vis à vis des personnes qui sont jugées aujourd’hui pour vous avoir agressé ? Que ressentez-vous à leur égard ?
Franchement rien, ils me font plus de la peine qu’autre chose. Ils disent n’importe quoi, c’est minable, un tissu de mensonges. Après, ils se défendent comme ils peuvent, malheureusement, ils sont impliqués dans des faits graves, donc ils essaient de dire tout et n’importe quoi pour se dédouaner tous un peu à leur manière.
Mais moi, je sais simplement ce que j’ai vécu, je sais ce que j’ai vu et je sais ce que j’ai entendu. Je sais que ma déposition sera très importante et je vais tout faire pour qu’elle soit entendue au mieux et n’oublier aucun détail.
Il y a deux versions qui s’opposent : celle des accusés qui minimisent un peu le degré de violence de cette bagarre et la vôtre, avec vos amis qui étaient présents, qui parlez d’une scène d’une extrême violence.
Quand on voit mon état aujourd’hui, on ne peut pas minimiser les faits. Je ne comprends pas comment on peut minimiser des faits comme cela quand on voit par quoi je suis passé. J’ai quand même fait quasiment deux ans d’hôpitaux, ce n’est pas anodin, et je suis aujourd’hui tétraplégique, donc ce sont des faits extrêmement graves. J’aurais pu mourir et on aurait pu être ici sans moi pour un crime d’une autre envergure.
C’est leur ligne de défense de minimiser, ils font comme ils peuvent en quelque sorte, mais je ne sais pas si ça leur servira à grand-chose. Moi, je sais ce qui s’est passé et j’espère que le président et ses assesseurs le comprendront et établiront la justice qui doit être rendue.
Vous avez déjà évoqué votre calvaire médical (pneumopathies, embolie pulmonaire, trachéotomie) avec le résultat qu’on connaît, mais il y a aussi le calvaire moral, j’imagine…
Calvaire moral ? Ça va faire un peu la personne qui manque d’humilité, mais je sais que je suis plutôt fort dans ma tête, donc pour m’atteindre psychologiquement, il en faut vraiment beaucoup. Moralement, moi, ça va toujours, la vie continue et après ce procès, nous serons bien plus détendus.
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