À Béziers, la collecte des déchets entre dans une nouvelle ère avec ce camion robotisé intelligent, actuellement en phase d’expérimentation. Entre gain de sécurité pour les agents et performance accrue.
« C’est révolutionnaire, ça change complètement notre métier. » Calé dans la cabine de son camion-grutier high-tech, Cyrille Falaise est un éboueur conquis. Écran d’ordinateur et joystick XXL font désormais partie de son quotidien pour collecter les déchets.
Ce mardi 7 avril, sur le parvis arrière des halles, place Pierre-Sémard à Béziers, le chauffeur a fait la démonstration de ce tout nouveau camion robotisé, dédié à la collecte des différentes colonnes de déchets (emballages recyclables, verre et ordures ménagères).
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Moins de risques d’accident
« Avant, on travaillait dehors sous la pluie, dans le vent ou la chaleur, dans des conditions parfois extrêmes, poursuit Cyrille Falaise. Là, on gagne vraiment en confort et en sécurité aussi, car les agents ne descendent plus du camion, il y a donc moins de risques d’accidents. »
L’objectif poursuivi par l’Agglo Béziers Méditerranée avec l’acquisition de ce poids-lourd de la technologie est double. « Il s’agit en premier lieu de faire des économies de fonctionnement, indique Stéphane Gachon, le directeur du département « Prévention et gestion des déchets ». Le meilleur grutier effectue actuellement 40 à 45 colonnes par jour. Avec ces nouveaux camions, on passerait à 80-90 colonnes par jour, voire 110. »
3 000 colonnes d’ici 2031
Quelque 1 400 colonnes sont aujourd’hui réparties sur le territoire « et on aimerait grimper à plus de 3 000 d’ici 2031 ». À raison de 3 m3 la colonne contre 660 litres pour un bac jaune, par exemple, « ça permet de réduire la fréquence des tournées. À l’heure où le prix du carburant atteint des sommets, c’est une économie substantielle« , prolonge Stéphane Gachon.
L’investissement, lui, n’est pas négligeable. La flottille actuelle compte 35 camions-poubelles classiques, quatre camions-grues 1re génération et un camion-grue robotisé. Trois spécimens robotisés devraient venir l’enrichir (si l’expérimentation est un succès), pour un montant de 250 000 € par camion (contre 180 000 € pour le classique).
Le 2e objectif en ligne de mire, c’est le tri des déchets. « C’est vrai que l’on n’est pas très bon dans ce domaine, reconnaît Robert Ménard, le maire de Béziers et président de l’Agglo. Or, aujourd’hui, la seule solution pour réduire le coût des ordures ménagères, c’est de trier ».
Mais pour cela, il faut changer les mentalités : accepter que le porte-à-porte ne soit plus la règle, trier ses différents rebus dans les colonnes adéquates, adopter des sacs transparents pour le recyclable… Un sacré défi à relever.
Un camion robotisé intelligent
Le tout nouveau camion robotisé, qui est aujourd’hui en phase d’expérimentation à Béziers, est un camion dit intelligent. Doté d’un ordinateur boosté à l’intelligence artificielle, il apprend de ses erreurs et s’améliore au fil du temps. « L’ordinateur enregistre toutes les situations rencontrées sur les différents points de collecte, précise Stéphane Gachon. Chaque expérience enrichit sa base de données et plus il en recueille, plus il devient précis. » Ce mardi, par exemple, aux halles, l’ordinateur, dans un premier temps, n’a pu déployer correctement son bras robotisé en raison d’un soleil rasant. Cyrille Falaise, l’agent de collecte, est donc passé en mode manuel pour lui apprendre.
Le système, qui dispose de capteurs et caméras, repose sur une ligne de mire alignée avec le bac à déchets. Le robot le repère, calcule la distance, saisit la poignée pour le soulever, le vider dans la trémie, avant de refermer le couvercle du camion et reposer le bac exactement à sa place.
« C’est un peu déstabilisant au début mais on s’y fait vite, indique Cyrille Falaise, qui a suivi une formation spéciale. On est autonome, on gère tout depuis la cabine. C’est une autre façon de travailler, plus moderne. »
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