Sylvie, la tenante de l’épicerie « Le Tilleul », située au sud est de Béziers sur le boulevard Antonin Injalbert doit mettre la clé sous la porte. Un drame pour les habitants du quartier, attaché au lieu de vie que représente l’épicerie. Les primeurs se succédaient là depuis plus de 70 ans.
C’est un déchirement pour Sylvie, la primeur, mais aussi les habitants du quartier Pech-la-pomme situé à l’est de Béziers. L’épicerie, qui a déjà connu plusieurs propriétaires, est ouverte sur le boulevard Antonin Injalbert depuis au moins 70 ans. Sauf que cette institution ne fait pas le poids face à la baisse de fréquentation des clients, le vieillissement de la clientèle et l’augmentation des charges. Aujourd’hui, le comité de quartier Gausselet-Aviateurs-Sud-Arènes essaie de se mobiliser pour trouver un repreneur et éviter la fermeture définitive de ce lieu de vie.
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« C’est un crève-cœur, je me suis beaucoup investie dans ce magasin »
Il y a beaucoup d’émotions ces derniers jours dans le magasin de Sylvie. L’épicière tient la boutique depuis 2014 et a énormément donner pour son quartier, notamment pendant la période du Covid-19 où son chiffre d’affaire avait explosé alors qu’elle livrait tout le quartier pour dépanner. Aujourd’hui délaissée par une partie de cette clientèle sur laquelle elle comptait et adorée par son noyau de clients habitués, elle a du mal à tourner la page. « C’est un crève cœur, je me suis beaucoup investie dans ce magasin, j’ai une clientèle fidèle que j’adore, on créé des affinités en 12 ans, je les appelle même par leurs prénoms » sourit Sylvie devant son comptoir où est déposé un joli bouquet de fleurs de la part d’une cliente. « Je ne vais pas prendre de risques, je ne veux pas me créer de dettes donc si je vois que ça ne marche plus je préfère m’arrêter là » ajoute l’épicière qui a aussi du faire face à une augmentation des charges.
« On buvait le café » : la perte de lien social et produits locaux
« C’est toujours les petits qui trinquent » s’agace Joël un client régulier depuis 8 ans, triste de perdre son commerce de proximité où il adore prendre ses fruits qu’il décrit comme de grande qualité. Le problème est aussi, que cette épicerie représente un des derniers lieux de lien social dans le quartier « Sylvie est une belle présence pour moi à laquelle j’étais habituée, elle était là dans des moments difficiles et ça me fend le cœur car en plus aller chez elle c’est défendre les producteurs locaux et toute la chaîne qu’elle a mise en place donc c’est une tragédie » détaille Daniel, qui vit à Béziers depuis 1965 et a toujours vu cette épicerie et défend les petits commerces avec conviction face aux supermarchés. « Je suis écœurée, je venais tous les deux jours on buvait le café je croisais du monde » ajoute Michelle, une autre habituée.
L’épicière faisait venir ses fruits et légumes de petits producteurs locaux comme les asperges et les fraises, un incontournable chez Sylvie. Tout les clients vantent la qualité de ses fruits et légumes. Elle proposait aussi du fromage, de la charcuterie, un rayon traiteur et de l’épicerie fine.
Le comité de quartier Gausselet-Aviateurs-Sud-Arènes organise donc un rassemblement ce samedi 4 avril à 11h30 devant l’épicerie pour essayer de discuter avec les habitants et de trouver un repreneur pour cette institution qu’il espère transformer en local de producteurs ou en coopérative pour garder cet esprit.
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