Un enseignant de BTS dans un établissement privé de la banlieue toulousaine a été licencié. L’homme, qui avait été recruté à la rentrée faisait en fait l’objet d’une interdiction judiciaire de travailler avec des mineurs. Il avait d’ailleurs été révoqué de l’Education nationale en 2022. Explications.
Recruté à la rentrée de septembre 2025 pour enseigner dans un établissement scolaire près de Toulouse (31), un professeur de 52 ans vient d’être licencié. Il avait interdiction de travailler avec des mineurs mais il a pu retrouver un poste dans le privé. Comment est ce possible ? Éléments de réponse.
C’est une affaire qui aurait dû rester discrète. Et pourtant les faits sont graves. Un professeur, âgé de 52 ans, enseignant en BTS depuis la rentrée 2025 dans un établissement privé, probablement hors contrat, était sous le coup d’une interdiction judiciaire de travailler au contact des mineurs.
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— franceinfo (@franceinfo) March 31, 2026
Le directeur de l’établissement n’en a eu connaissance qu’à la fin du mois de mars 2026, selon la Dépêche du Midi. Il a aussitôt licencié le professeur, qui a été placé en garde à vue à la gendarmerie de Tournefeuille. Comment cet enseignant a-t-il pu passer à travers les mailles du filet ? « Tout le monde peut candidater pour un poste d’enseignant contractuel », explique Yvon Manac, secrétaire académique du syndicat national des proviseurs, le SNPDEN.
« Mais il y a une grande différence entre le public et le privé », poursuit-il. « Dans le privé, bien souvent les chefs d’établissement passent des annonces et il n’y a pas d’obligation de vérifier l’état du casier judiciaire des candidats. Alors effectivement il peut y avoir des surprises ». Cet enseignant n’est pas un parfait inconnu. Il a commencé sa carrière dans le public et l’éducation nationale se souvient de son passage.
Il a d’ailleurs été révoqué en 2022. « Le professeur certifié a été placé sur la liste rouge de l’Education Nationale dès le mois de janvier 2022 », confirme le rectorat d’académie de Toulouse, qui précise « qu’il envoyait des messages et photographies à caractère sexuels à 2 de ses étudiants« .
Au-delà de ce cas particulier, cette affaire pose la question de l’étanchéité du partage d’information entre le public et le privé : « je pense que, dès lors qu’il s’agit de faits graves, le ministère de l’Education nationale devrait pouvoir constituer une base », reconnaît Yvon Manac, comme cela existe déjà pour les délinquants sexuels. Car rien n’empêche l’enseignant licencié à Toulouse de changer d’académie et de postuler de nouveau dans un établissement privé hors contrat.
« Le problème de fond, c’est le manque d’enseignants », alerte Yvon Manac. « La situation est tellement tendue dans certains établissements, qui recruten sans vérifications. Peut-être que ça va s’arranger avec la baisse du nombre d’élèves. Mais il faudra alors que le ministère ne supprime pas trop de postes pour reconstituer un vivier de professeurs remplaçants, dont le casier judiciaire est vierge ».
Contacté, le procureur de la République ne s’est pas exprimé sur les suites de l’affaire de l’enseignant licencié.
