La carrière du jeune troisième ligne anglais des Northampton Saints Henry Pollock va connaître un nouveau tournant. L’agence Matchroom Talent Agency, qui a notamment managé le boxeur Anthony Joshua, veut faire de Pollock « la plus grande star du rugby ».
Adulé ou détesté : une chose est certaine, Henry Pollock (21 ans), troisième ligne des Northampton Saints, ne laisse personne indifférent. En témoignent les milliers de commentaires et de réactions après ses nombreux chambrages sur les pelouses de Premiership, de Champions Cup et même du Tournoi des Six Nations, au Stade de France il y a moins d’un mois face aux Bleus.
Pollock n’a que dix sélections avec la Rose, mais fait partie des joueurs les plus regardés de la planète. Et ça, Eddie Hearn l’a bien compris. Le directeur de Matchroom Sport – une agence de promotion d’événements sportifs qui a notamment organisé les combats du médaillé olympique de boxe et champion du monde poids lourd Anthony Joshua – a officiellement pris sous son aile le jeune Anglais. « Parfois, quelqu’un de spécial arrive avec tous les ingrédients pour changer le sport », a déclaré Hearn après la signature du contrat avec Pollock en fin de semaine dernière.
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« Vous allez le voir partout »
Dans The Telegraph cette semaine, le patron de l’agence anglaise a annoncé que le troisième ligne serait « la superstar » de demain. Déjà appelé avec les Lions britanniques cet été alors qu’il n’avait qu’une seule sélection avec les Anglais, Pollock est un joueur qui grandit plus vite que les autres. « Ce gamin a un potentiel commercial hors du commun, explique le boss de Matchroom Sport. Vous allez le voir partout dans les trois ou quatre prochaines semaines. D’ici un an, voire six mois, il gagnera plus en dehors du terrain que sur le terrain. »
Pour cela, une exposition médiatique sur les émissions aux plus grandes audiences est nécessaire. « Nous avons besoin de lui sur le canapé avec Jonathan Ross et Graham Norton », clame Hearn. The Jonathan Ross Show est une émission diffusée sur la BBC et vue par des dizaines de millions d’Anglais, où sont notamment passés Tom Hanks, Cristiano Ronaldo ou encore Britney Spears. Idem pour Graham Norton, qui a reçu Anthony Joshua (43 millions de vues sur YouTube) ou encore Jennifer Lawrence et Robert De Niro.
Pollock veut « juste jouer au rugby » mais « avec panache »
Une volonté médiatique qu’il veut aussi transposer dans le monde du rugby et y instaurer un récit, un « storytelling ». À commencer par les rencontres estivales, en Afrique du Sud par exemple cet été : « Certains de leurs joueurs vont dire : “J’ai hâte de démolir Pollock. Il m’énerve. Je ne l’aime pas.” » « Je ne lui dirai pas : “Allez, mon pote, organisons une conférence de presse. Faisons venir ce type”. Mais c’est précisément ce que la Fédération anglaise de rugby et la RFU devraient faire. Le match revanche : “Il a dit ceci”, “il a dit cela”. Il faut penser au public ». […] Heureusement ou malheureusement, les gens adhèrent à ce genre de choses. Il y a tellement d’opportunités pour construire un récit et une histoire. On n’est pas obligé de dénaturer le sport pour autant.«
Pollock aime faire le show, à l’instar de ses célébrations « prise de pouls » ou encore de son shadow boxing (comme ce week-end face aux Saracens) pour teaser son partenariat avec le promoteur de boxe, mais aussi avec ses provocations sur le terrain. Pour autant, selon le promoteur, l’homme aux vingt matchs cette saison reste bien concentré sur le rugby. « Le rugby passe avant tout. Je veux juste jouer au rugby, mais je veux le faire à ma façon et avec panache. » Alors, avant d’aller sur les différents plateaux télé et devenir la superstar de demain, il faudra d’abord se frotter aux Castrais ce vendredi à 21 h, en Champions Cup.
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