La Saison Sud Hérault accueille, ce vendredi 13 mars, à la salle des fêtes de Cessenon-sur-Orb, ce petit bijou de poésie et de tendresse imaginé par la comédienne Sabrina Chézeau.
« Il ne peut y avoir plus vive révélation de l’âme d’une société que la manière dont elle traite ses enfants », dit Nelson Mandela dans Un long chemin vers la liberté, le récit autobiographique de sa vie. Dès lors, que dit de nous un monde où les hors-la-loi font foi, où les gagnants imposent leur discours dominant, où la terre n’est qu’une ressource bonne à vendre ou à dilapider au plus offrant ?
Dans Une peau plus loin, une création de la Farouche compagnie, Sabrina Chézeau a « choisi de raconter les violences ordinaires que subissent les jeunes » aujourd’hui : injonctions à la performance, remarques blessantes ou insidieuses sur le physique…
Contenus de la page
Les voix qu’on n’entend pas
« Je pars de l’hypothèse que la violence de notre société, et plus largement celle du monde, prend racine dans celle que nos enfants subissent », raconte la comédienne, qui dresse un parallèle avec les outrages infligés à la nature.
Durant plus d’un an, elle a mené des entretiens avec des professionnels de l’accompagnement à la parentalité, collecté les témoignages d’enfants et de parents et est allée à la rencontre d’écoliers de primaire et de collégiens avant d’écrire ce récit, avec la complicité de Luigi Rignanese.
Les ressorts de la légèreté
Dans cette histoire – une création de 2022 –, où résonne « la voix de tous les indignés, de tous les repoussés, les exclus, les faibles, les soumis », Sabrina Chézeau « tente de relever plusieurs défis : soulever la question de la violence sans condamner » et « traiter un thème aussi délicat et sensible en trouvant les ressorts de la légèreté, de l’humour et du rire », pour mieux ouvrir l’imaginaire.
Le spectacle est un petit bijou de finesse et de poésie, où l’humour et l’énergie communicative dédramatisent le tragique et où la musique live de Guilhem Verger fait contrepoids à ces violences qu’on dit ordinaires.
Victor, collégien parmi tant d’autres
Dans Une peau plus loin, on trouve Victor, un collégien « qui n’a pas les crocs de la victoire » : une scolarité moyenne, des parents qu’il déçoit. Mais il a une grande qualité : celle de slamer les mots avec poésie et envie. Polluée et bétonnée, la terre a besoin de lui. « Comment la jeunesse et la terre deviennent-elles solidaires pour faire gagner le vivant et la beauté ? » Réponse ce vendredi soir…
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