Formé à l’AS Béziers et né dans la sous-préfecture héraultaise, le défenseur central Tristan Crama s’est imposé de l’autre côté de la Manche. Où il pourrait bien découvrir l’élite la saison prochaine. Entretien.
Comment allez-vous dans cette nouvelle vie ?
Personnellement, tout va bien. Et côté football, c’est la même chose. Franchement, je suis vraiment super heureux. J’essaie surtout de profiter un maximum de tout ce que j’ai la chance de vivre aujourd’hui.
Vous réalisez une superbe saison avec Millwall. Quel regard portez-vous sur ces derniers mois ?
Très honnêtement, c’est juste exceptionnel. Je n’ai pas raté un seul match cette année. Au début du championnat, je m’étais fixé l’objectif de disputer les 46 rencontres de Championship. Pour l’instant, je réussis mon pari. Maintenant, il faut espérer que les blessures continuent de me laisser tranquille et que je fasse le nécessaire sur le terrain pour garder ma place.
Vous êtes même devenu buteur cette saison !
Oui, c’est vrai ! J’ai marqué trois buts et délivré cinq passes décisives depuis le début de saison, je me suis trouvé quelques talents de finisseur (rires). Plus sérieusement, c’est vraiment super. Je n’avais jamais été aussi efficace offensivement, donc je suis ravi. En tant que défenseur, j’aime évidemment les clean-sheets, mais marquer dans un stade plein, c’est une sensation assez dingue. En termes d’émotion, il n’y a rien de mieux. Après, ce qui est top en Angleterre, c’est que les supporters célèbrent aussi les tacles. Quand on est défenseur, c’est top !
Avec un peu de recul, comment jugez-vous votre choix d’être parti en Angleterre ?
Je n’ai jamais regretté de partir, mais c’est encore moins le cas cette année. Nous réalisons une saison formidable avec cette troisième place en Championship. Maintenant, on espère bien finir et pourquoi pas monter en Premier League. Ce serait historique pour nous et pour le club. Sans compter que ce championnat est tellement compliqué que quand tu réussis ici, je pense que tu peux réussir partout ensuite.
Vous avez été formé à Béziers, avec qui vous avez découvert le monde senior en National 3, puis en National. Mesurez-vous le chemin parcouru depuis ?
Oui, il m’arrive d’y penser. Quand je regarde sur mon téléphone où j’en étais il y a cinq ou six ans et que je vois qu’aujourd’hui je performe en Championship, je me dis que c’est fabuleux. Il faut que j’en profite. Surtout que beaucoup de Biterrois continuent de me suivre et m’envoient des messages, c’est là que je réalise que j’ai fait un bon bout de chemin ces dernières années.
« Je suis focalisé à 100 % sur le football »
Avec une telle ascension, peut-on perdre un peu le sens des réalités ?
Franchement, oui. Surtout dans une ville comme Londres, où l’on peut très vite se disperser et faire la fête. Mais ce n’est pas du tout mon cas. J’ai la chance d’être très bien entouré et d’être resté le même. Et puis, je n’oublie pas d’où je viens. Mon parcours n’a pas été facile, j’ai encore faim et je veux accomplir de plus grandes choses encore. Aujourd’hui, je suis focalisé à 100 % sur le football.
La famille Crama est connue dans le football héraultais. Qu’est-ce que cela vous inspire de faire briller ce nom outre-Manche ?
C’est une vraie fierté. Je sais tout ce que mon père et mon grand-père ont fait dans le football régional. Porter aujourd’hui le nom de Crama le plus haut possible, c’est très fort pour moi.
Continuez-vous à suivre l’actualité du football régional ?
Oui, j’ai des potes un peu partout dans la région. De toute façon, je reviens régulièrement dans le Sud et mes amis viennent me voir quand ils sont sur Londres. Je continue aussi de suivre les résultats de l’ASB et des autres clubs du coin, notamment Agde où travaille mon père. Je sais d’où je viens et je ne compte pas changer.
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