Elle vit à Valras, monte sur scène depuis un an environ, pour jouer un spectacle intitulé, « Marie qu’est-ce que tu fous là ? », un one-woman show cathartique dans lequel elle revient sur sa vie et ses épisodes difficiles. Rencontre avec Marie Loison, à la veille de la Journée internationale des droits de la femme.
« En 2008, j’ai cinq boulots, je bosse tout le temps, j’ai une vie de saisonnière au Cap-d’Agde, je fais la fête, je vais bien, je rends service à tout le monde… » Soudain, Marie Loison apprend que son père, avec lequel elle avait pris ses distances, est atteint d’un cancer du poumon. « J’ai l’impression que j’en n’ai rien à faire, que je m’en fous. Et en plein service, je me retrouve en cuisine, à quatre pattes, en train de sangloter. »
Cet épisode et de nombreux autres, la Valrassienne les raconte dans son spectacle, « Marie qu’est-ce que tu fous là ? », un one-woman show qu’elle produit et qu’elle a joué à l’Illustre théâtre, à Pézenas, en février 2025, ou encore au Pasino de La Grande-Motte. Alors comment, à 50 ans, se retrouve-t-on pour la première fois sur scène, à raconter sa vie ?
À la veille de la Journée internationale des droits des femmes, Marie Loison a volontiers accepté de partager son histoire autour d’un café. Calme et posée, elle dit simplement les choses : cette année 2008 a été pour elle un séisme, le début d’une nouvelle vie. Elle va voir une psy, s’intéresse à la communication non violente, lit, participe à des stages, se forme. La communication non violente ? « C’est un paradigme différent dans la relation à soi et à l’autre, à partir de la question des besoins humains. C’est d’abord une connexion à soi ». Marie Loison devient formatrice et anime des stages auprès de particuliers et en entreprise.
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« Je n’avais jamais fait de théâtre, j’ai eu un déclic »
Mais elle veut autre chose : « J’avais envie de transmettre, je voulais du monde. » Lors d’un brainstorming, l’idée d’un spectacle jaillit. « Je n’avais jamais fait de théâtre. Mais j’ai eu un déclic. » Accompagnée d’une professionnelle pour l’écriture de la trame, elle crée, en quelques semaines, ce show « existentiel » d’1 h 40 qui reprend aussi des événements traumatiques de sa vie, comme le harcèlement, l’inceste, le suicide. « J’ai fait 10 ans de thérapie en 4 mois », plaisante-t-elle. Elle apprend le texte par cœur. Et si la salle de l’Illustre théâtre est comble, elle se heurte rapidement aux difficultés de financement de la production.
« Tout le panel des émotions »
Alors aujourd’hui, elle lance un appel : « Je recherche des associations partenaires, des sponsors, des producteurs. » « Le spectacle n’est pas que drôle, précise-t-elle. Il emmène dans tout le panel des émotions. Et ce n’est pas vraiment du stand-up. Ça réveille, les gens sortent pleins d’espoir. Mon but, c’est que ce spectacle devienne un outil de sensibilisation. Tu ne peux pas prendre soin de toi si tu ne sais pas que tu ne vas pas bien… » Et comme Marie Loison ne s’arrête jamais : « J’ai envie d’écrire un autre spectacle, avec le même fond existentiel mais davantage d’interactions et d’impro. » En attendant, elle jouera le 4 avril à Andouque, dans le Tarn. Et le 17 avril, au Strapontin, à Issoire.
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