Un an après la décision du tribunal de Béziers, l’association Les chats libres de Béziers va devoir fermer les portes de son refuge le 18 mars prochain et remettre en état le terrain sur lequel il était. À moins de deux semaines de la date butoir, le chantier est colossal et la structure n’a toujours pas de solution de repli.
Que ce soit autour d’eux ou sur leurs visages, c’est la consternation. Au sol, la boue est encore présente, séquelle des dernières inondations qui ont frappé le Biterrois. Ici, des dizaines de caisses de transports sont amoncelées. Là, plusieurs sachets de croquettes et autres gamelles où viennent se restaurer les félins.
Au milieu, Nathalie Chartrain et les trois bénévoles de l’association Les chats libres de Béziers présents en ce milieu d’après-midi tentent d’avancer, difficilement. Le chantier est colossal : le 18 mars prochain, le refuge ouvert en 2013 doit être fermé et le terrain de 3 000 m2 sur lequel il se situe, non loin du canal du Midi, à Villeneuve-lès-Béziers, doit être mis à nu.
Comme l’a ordonné le tribunal de Béziers, un an auparavant, jugeant que les constructions en bois accueillant les chatteries étaient contraires au Plan local d’urbanisme et soumises au risque inondation, sur cette propriété détenue par Nathalie Chartrain, la présidente des Chats libres de Béziers. Sous peine de 50 € par jour de retard.
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Un appel aux volontaires
« Cela fait un mois qu’on a commencé, c’est une course contre la montre. On a demandé un délai à cause des inondations mais on nous l’a refusé, souffle-t-elle. On lance un appel aux volontaires pour nous aider à tout débarrasser, sachant qu’il nous faudrait une dizaine de personnes par jour… Où sont les gens que j’ai aidés pendant 20 ans ? »
Depuis deux semaines, l’association refuse tous les nouveaux chats. Sur place, au moins 150 félins sont encore là. Ce samedi 7 mars, une dernière journée d’adoption est organisée afin d’en donner le plus possible et vendre le matériel qui peut l’être pour aider la structure.
« Les chats restants, des familles d’accueil vont en prendre, une ou deux SPA doivent aussi en accueillir, informe Nathalie Chartrain. Certains chats seront remis dans la nature et d’autres sur des sites de nourrissage à Béziers. Ils viennent de la rue, ils vont repartir dans la rue, je n’ai pas le choix. »
Nathalie Chartrain jette l’éponge
Après tant d’années dédiées à l’aide et au recueil des chats, la présidente de l’association jette l’éponge, épuisée et dégoûtée. « L’association ne va pas fermer mais, moi, je ne veux plus en entendre parler, informe-t-elle. Ça fait des années que j’œuvre gracieusement pour la salubrité publique et on nous fout dehors. On me parle de maltraitance, mais, ici, les chats n’ont jamais manqué de rien. Par an, on a dépensé 160 000 € en frais de vétérinaire, 30 000 € en croquettes et 10 000 € en litière. »
Financés en très grande majorité par les dons, Les chats libres de Béziers n’ont nulle part où aller, malgré plusieurs propositions faites par l’Agglo (voir encadré). « Il y a eu plusieurs promesses, mais elles n’ont pas été tenues, déplore la présidente de l’association. On nous avait proposé un terrain près de Zinga Zanga, au bord du chemin de fer. Mais c’est beaucoup trop stressant pour les animaux et les bénévoles. »
Dans un récent courrier, l’Agglo de Béziers a pourtant proposé un terrain à Sauvian, avec un bail emphytéotique. Ce qu’a refusé Nathalie Chartrain : « Ça voudrait dire qu’on paye tout l’aménagement, qui coûterait 150 000 €, et en plus on n’est pas propriétaire du terrain que l’on loue ? Ça prouve juste qu’il n’y a aucune volonté politique pour aider les animaux. Moi je ne vais pas investir de l’argent pour l’Agglo, c’est terminé ».
Robert Ménard : « Soyons positifs »
De son côté, Robert Ménard, le président de l’Agglo Béziers Méditerranée, rappelle que des propositions ont été faites à l’association. « Nous avons proposé quelque chose qu’a refusé la présidente, indique-t-il. Récemment, nous avons aussi proposé un terrain sur la commune de Sauvian. » Dans les détails, l’Agglo propose de grillager le terrain, mais pas seulement.
« Comme l’association n’a pas d’argent, nous avons trouvé un architecte qui a accepté, gracieusement de chiffrer le projet, d’en dessiner les plans et de le soumettre à validation des services vétérinaires, informe encore Robert Ménard. Je ne peux pas faire plus que ça. Je ne peux pas prendre en charge l’eau, l’électricité etc. »
« On va trouver de l’argent »
Le président de l’Agglo de Béziers est-il confiant sur ce nouveau projet ? « Bien sûr !, répond-il sans hésiter. Nous avons un terrain, on va le grillager, l’architecte va le dessiner… Soyons positifs ! On va trouver de l’argent, on va faire des appels aux dons, il y a plein de gens qui aiment les chats, soyons un peu confiants. »
En attendant, l’Agglo de Béziers a mis à disposition de l’association une benne pour jeter tout le bois du refuge puis une autre pour traiter le plastique. Via la fourrière, plusieurs félins pourraient également être recueillis.
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