En 2026, pour la première fois depuis plus de cinquante ans, le Festival international de la Bande Dessinée d’Angoulême n’a pas eu lieu. À la place, un réseau de “Fêtes interconnectées de la BD” se tient entre fin janvier et début février dans une quinzaine de villes. Avec la volonté de repenser la manière de célébrer le neuvième art, plus librement et en rendant visibles les créatrices et minorités de genre.
Ces jeunes auteurices montpelliéraines participent à leur toute première session de dédicace en librairie. Eily a autoédité deux bandes dessinées. Pour elle, qui ne vit pas encore de son travail artistique, ce festival est une occasion de se faire connaître :« Cela nous apporte aussi un peu de visibilité parce qu’en tant qu’auteur on est beaucoup tout seul derrière notre table à travailler, donc c’est vraiment un moment d’échanges », confie Amélie Veltz (Eily), illustratrice de bandes dessinées.
Nombre de ces autrices partagent d’abord leur travail sur leurs réseaux sociaux. Alors, les lectrices sont heureuses de passer enfin du virtuel au réel.
Des fois, on ne sait pas vraiment qui se cache derrière le livre ou la BD qu’on lit. Cela fait plaisir d’avoir des interactions avec elle, ou avec l’artiste lui-même.
Une acheteuse de BD
Dans différentes librairies indépendantes de Montpellier, 11 autrices, toutes des femmes ou des personnes non binaires, participent au Girlxcott du 27 janvier au 7 février. Cette fête interconnectée de la BD est née après l’annulation exceptionnelle du Festival d’Angoulême.
Le girlxcott c’est un festival qui s’oppose au festival d’Angoulème, c’est un festival pendant lequel on revendique nos droits en tant qu’autrices et auteurices, donc minorités de genre incluses. On cherche à faire parler de la précarité de notre travail et à lutter contre l’hégémonie et l’élitisme du festival d’Angoulème.
Anieshka – Illustratrice de BD
Une manière aussi pour ces artistes de reprendre la main sur leur métier et de se rencontrer entre elles.
« Là, en fait c’est vraiment quelque chose qui est organisé par nous, pour nous, on a un rapport différent les uns aux autres, chose qu’on n’a pas nécessairement quand on est invitées sur une convention ou un festival de BD où on nous pose, on nous dit voilà tu te mets là », témoigne Eloïse Possel, alias Jell, autrice de BD, âgée de 29 ans et qui vit depuis 5 ans de l’autoédition.
Un temps d’échange plus authentique avec le public au cours de dédicaces en quasi-intimité. • © FTV
À Montpellier comme ailleurs, ces fêtes interconnectées veulent dessiner un autre avenir pour la BD : plus inclusif, plus horizontal, et plus respectueux des artistes.
Écrit avec Auriane Duffaud.
