Le chauffage au fioul fera sans doute bientôt parti du passé. Selon une étude de l’Insee, ce mode de chauffage concerne aujourd’hui en France 8,5 % des résidences principales, 211 000 foyers en Occitanie. Plus cher, plus polluant que l’électricité, pourquoi le fioul résiste-t-il ?
2,6 millions de résidences principales sont encore chauffées au fioul selon une récente enquête de l’INSEE.
Cela représente 8,5 % des habitations. C’est deux fois moins qu’en 2006.
Depuis 50 ans, le fioul est en recul constant. Imaginez dans les années 70, il était présent dans la moitié des maisons.
Plus cher, plus polluant que d’autres moyens de chauffage, l’usage du fioul semble résister selon l’étude de l’INSEE en zone rurale et dans les logements anciens. En Occitanie, le fioul est encore présent dans 7% des habitations. Surtout à la campagne chez des personnes âgées.
En Ariège, Francis Cancel occupe la maison familiale construite il y a deux siècles dans la commune de Brie. Un ancien corps de ferme où l’ancienne étable abrite aujourd’hui la chaudière et la cuve à fioul d’une capacité de 2000 litres.
On a mis le fioul il y a une trentaine d’années. On a un poêle à bois et les radiateurs c’est un complément de chauffage. Si on fait le plein, ça revient à 2000 euros et on fait 3 ans avec ça !
Francis Cancel, habitant de Brie en Ariège
Cet habitant de Brie a choisi de rénover sa chaudière et non de changer son mode de chauffage. Un investissement de 12 000 euros. Il a vite fait le calcul. Une pompe à chaleur aurait entraîné des travaux d’isolation de la vaste bâtisse. La facture aurait été multipliée par 3.
Le fioul reste utilisé notamment par des personnes âgés habitants des logements anciens et pas toujours bien isolés. • © capture site internet INSEE
« Pour installer une pompe à chaleur, il faut vérifier l’isolation, s’assurer que les radiateurs sont assez puissants. Souvent cela coût trop cher pour les particuliers », explique Fabien Bordenave, artisan plombier et chauffagiste.
Depuis 2022, l’installation de chaudière à fioul neuve est interdite en France mais les équipements existants peuvent être utilisés et rénovés. Et c’est souvent plus avantageux économiquement. Vincent Perez est chauffagiste et président de la CAPEB d’Ariège. À ses yeux, le fioul reste une solution adaptée en zone de montagne.
» On a encore des secteurs en Ariège où le fioul est très présent dans les zones montagneuses. Et il faut savoir que plus on est en montagne plus la pompe à chaleur est inefficace. Et puis, il y a un problème de justice sociale. Les personnes qui se chauffent au fioul habitent souvent des logements anciens, mal isolés et ont des revenus modestes. S’ils mettent une pompe à chaleur, ça va leur coûter très cher pour se chauffer alors qu’avec le fioul en faisant attention ça coûte 1000 euros par an », estime ce professionnel.
En revanche un bon entretien est indispensable, l’usage d’un thermostat aussi.
Avec un bon entretien, et en régulant la température on peut baisser la consommation et donc limiter les gaz à effets de serre
Vincent Perez est chauffagiste et président de la CAPEB d’Ariège
En Occitanie, 211 000 foyers se chauffent encore au fioul.
Un mode de chauffage dont la fin est programmée à partir de 2030 par la France dans le cadre de la lutte contre la pollution.
