Depuis la sortie médiatique du président Philippe Tayeb, après la claque reçue à Montpellier, pendant laquelle il avait laissé entendre que Laurent Travers pourrait se rapprocher du terrain, l’Aviron bayonnais a décidé de réduire sa communication au strict minimum, et la direction du club se mure dans le silence.
Bayonne reçoit Leinster samedi après-midi, pour un match de gala sur le papier, car ce n’est pas tous les jours que le quadruple vainqueur de la compétition (2009, 2011, 2012 et 2018) débarque à Jean Dauger. “On a l’opportunité de faire un grand match, face à une grande équipe. On veut partager ça avec tout le monde. J’attends beaucoup d’enthousiasme ou de connexion avec notre public. J’aimerais qu’il y ait une ambiance comme en Top 14”, a indiqué le manager Grégory Patat en conférence de presse ce midi. Ce fut le seul créneau pendant lequel le Gersois a pu s’exprimer, car le club a décidé de restreindre sa communication au strict minimum.
En dehors de la conférence de presse obligatoire d’avant ou d’après-match, aucun joueur ou entraîneur de l’Aviron bayonnais n’est autorisé à s’exprimer dans la presse, depuis dix jours. Dans son passé récent, Bayonne a parfois décidé de “fermer” les portes avant des rencontres importantes pour la suite de la saison. C’est assez rare du côté de Jean Dauger, mais ça a déjà existé. On se souvient que, par exemple, avant la réception de Toulouse la saison dernière, le club basque avait joué la carte du silence. Ici, c’est au nom d’un “focus sportif”, alors que l’Aviron est déjà éliminé de la compétition, que l’institution a décidé de refuser toutes les demandes des différents médias depuis le lendemain du match à Montpellier, et ce, jusqu’à la réception du Leinster inclus.
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Le conseil d’administration reste silencieux
C’est révélateur d’un certain climat particulier, car Bayonne ne joue ni sa saison, ni son avenir, sur la seule parenthèse européenne. Il faut dire que le club basque a été quelque peu secoué par la sortie médiatique du président, Philippe Tayeb, au micro de Canal + après la nouvelle claque reçue à l’extérieur contre Montpellier (62-22). “Laurent Travers n’intervient pas dans le sportif… jusqu’à ce soir”, avait lâché le patron du club au Septeo Stadium. Ces mots ont eu l’effet d’une petite bombe au Pays basque.
Depuis ? Laurent Travers ne s’est pas rapproché du terrain. Jean Monribot, lui, est venu apporter son expertise pour aider une touche et des ballons portés moins performants que par le passé. Et personne, dans les hautes sphères du club, ne s’est exprimé davantage sur la situation globale, sur la prise de parole du président Tayeb, ou sur la passe délicate traversée par l’Aviron, notamment à l’extérieur. Sollicités en début de semaine pour donner leur point de vue sur un climat bayonnais que l’on sait parfois explosif, les différents membres du conseil d’administration contactés n’ont pas donné suite.
Tayeb, dont le bilan sportif (deux titres en Pro D2), structurel (rénovation du stade et construction du Campus) ou financier (le budget du club a été triplé) est largement favorable depuis qu’il dirige le club (2018), peut compter sur le soutien de sa garde rapprochée, au sein du conseil d’administration. En dehors ? Si certains actionnaires n’ont pas vu d’un très bon œil la dernière sortie du président Tayeb, la position de ce dernier ne semble pas fragilisée à ce jour.
“Nous ne voulons plus polémiquer”, expliquent les Socios
Chez les supporters, qui suivent les différents épisodes avec attention, et dont le rôle est important au sein d’un club populaire comme Bayonne, c’est peu ou prou la même chose. Au quotidien, ils échangent et débattent autour de l’actualité du club. En revanche, rares sont ceux qui veulent publiquement s’exprimer. La Peña Baiona, les Gars de l’Aviron et le BOC (Bayonnais d’Origine Certifiée) ont poliment décliné nos sollicitations, en ce début de semaine, pour évoquer l’actualité récente au club.
Les Socios (qui détiennent des parts au capital du club) ont, eux, accepté de prendre la parole. “Nous sommes en contact avec le président et les membres du conseil d’administration, nous a expliqué leur co-président, Benoit Baratchart. Nous sommes en attente d’une réunion pour discuter de tout ça, c’est prévu de longue date avec le bureau, mais nous savions que nous ne l’aurions pas de suite. Nous sommes en stand-by. Ça devrait se décanter dans les jours qui viennent. Le seul intérêt, c’est que tous les paramètres se mettent au vert, que tout le monde rentre au bercail gentiment et qu’on travaille sereinement. Nous sommes pour l’apaisement des choses. Nous ne voulons plus polémiquer, parce que sur les réseaux sociaux des choses horribles ont été écrites.”
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