Toulouse a connu de nombreux transferts de légende dans son histoire. Parmi ceux-ci, la signature de l’ouvreur ou centre des All Black Luke McAlister en 2011 avait été marquante, tant les dirigeants stadistes cherchaient à séduire le joueur depuis plusieurs années. Et ils n’ont pas regretté d’y être parvenu.
Décidément, marquer l’histoire du Stade toulousain, c’est de famille. Il y a moins de deux semaines, Pita Ahki a quitté Ernest-Wallon en véritable légende, après avoir remporté sept titres en sept saisons. Le trois-quarts centre est reparti en Nouvelle-Zélande avec ses filles et sa femme, qui n’est autre que Kayla McAlister, meilleure joueuse du monde de rugby à 7 en 2013 et sœur de Luke… Quelques années auparavant, c’est l’ex-ouvreur all black qui avait laissé une trace importante dans la ville rose. En effet, l’intéressé avait créé l’événement en débarquant en 2011 et il avait surtout été l’élément central du Brennus remporté quelques mois plus tard, au terme d’une finale contre Toulon (18-12, le 9 juin 2012) lors de laquelle il avait inscrit tous les points de son équipe au pied. Son lien avec le Stade toulousain aurait pourtant pu s’écrire quatre ans plus tôt. Jean-Michel Rancoule, alors recruteur du club, avait raconté à l’époque : « On avait déjà essayé de le recruter en 2007. » L’ancien ailier avait même fait le déplacement jusqu’en Nouvelle-Zélande pour tenter de convaincre McAlister. Mais le joueur avait finalement préféré s’engager à Sale, en Premiership.
Pour autant, il avait appris à connaître les charmes de Toulouse la même année, lors de la Coupe du monde en France à laquelle il participait avec son équipe nationale. Il avait disputé une rencontre sur place et la magie avait déjà opéré, comme il l’a raconté quatre ans plus tard : « J’ai toujours été attiré par le rugby français. J’ai déjà joué à Toulouse lors de ce Mondial, avec les All Blacks contre la Roumanie, et c’est une belle ville. » En 2009, Luke McAlister avait décidé de retourner au pays, plus exactement aux Auckland Blues. Période à partir de laquelle l’homme aux 30 sélections s’est éloigné des All Blacks. Même s’il espérait accrocher une place dans le squad pour le Mondial 2011 à domicile, il a compris qu’il n’était pas vraiment dans les plans et que ses chances d’être retenu étaient extrêmement minces. « Les sélectionneurs cherchent un remplaçant à Dan Carter au poste de demi d’ouverture, je n’y ai jamais vraiment joué avec les All Blacks, avouait-il. C’est donc difficile pour les sélectionneurs de compter sur un joueur comme moi. J’ai participé à la Coupe du monde 2007, et ce ne sera donc pas la fin du monde si je ne suis pas sélectionné cette fois. »
« Je vais rejoindre Toulouse rapidement »
Forcément, les dirigeants toulousains ont senti le bon coup, d’autant qu’ils cherchaient un élément capable de jouer à l’ouverture et au centre, dans le profil d’un David Skrela qui avait décidé de quitter le club. Alors, Jean-Michel Rancoule est revenu à la charge, allant même jusqu’à s’entretenir avec le père du Néo-Zélandais : « À partir du moment où David Skrela s’est positionné sur un départ vers Clermont, il ne nous était pas possible de rester les bras croisés. Et la piste McAlister a été réactivée. » Cette fois, les négociations furent assez rapides et l’issue positive. Alors que le numéro 10 international français Lionel Beauxis avait également opté pour Toulouse, McAlister a signé jusqu’en 2014. Un gros coup pour les champions de France en titre. « Cela va être un nouveau défi pour moi, avec notamment l’apprentissage de la langue française, avait-il commenté. J’ai aussi fait ce choix pour découvrir une autre culture. Puis, Toulouse est manifestement l’un des meilleurs clubs français, qui compte de grands joueurs avec qui j’avais envie de jouer. » Dans un premier temps, son arrivée n’était attendue qu’après la Coupe du monde, dans le sens où il pouvait rester à disposition de son sélectionneur.
Mais, le staff des All Blacks ne comptant pas sur le joueur, tout s’est précipité et Luke McAlister s’est résolu à partir pour la France dès l’été. « La vie continue, et je vais rejoindre Toulouse rapidement », a-t-il annoncé. Il a ainsi été accueilli à l’aéroport de Toulouse-Blagnac par Jean-Michel Rancoule et le président René Bouscatel le lundi 22 août 2011. Initialement, il n’était pas censé jouer la première journée de l’exercice 2011-2012, quatre jours plus tard, à Bayonne mais il était dans le groupe élargi. Puis, Lionel Beauxis s’est blessé à l’échauffement et le Néo-Zélandais a intégré la feuille de match. Le premier chapitre de la belle histoire. En quelques semaines seulement, Luke s’est imposé comme le nouveau dépositaire du jeu stadiste. Laissant derrière lui ses frustrations…
« Je suis passé à autre chose et je prends vraiment beaucoup de plaisir depuis que je suis à Toulouse, racontait-il. Je me sens bien dans mon rugby pour la première fois depuis un moment, et j’apprécie ça. Et si les gens me demandent si je ne souhaiterais pas être à la Coupe du monde, je dis évidemment oui, mais je me sens bien ici. »
La suite ? Elle allait le conduire, comme pour son compatriote Byron Kelleher en 2008 puis son beau-frère Pita Ahki en 2019, à un Bouclier pour sa première saison toulousaine.
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