Réfléchi, mesuré, Olivier Leyssenot incarne la CCI dans le Biterrois depuis plusieurs années. Il est aussi patron de start-up, attaché au monde commerçant et à ce centre-ville de Béziers où il a grandi. Observateur attentif de la vie politique, il évolue avec aisance au cœur d’enjeux multiples. Rencontre.
C’est au café Victor, place Jean-Jaurès, que nous retrouvons Olivier Leyssenot. Dans un décor élégant et soigné (le café a été repris et entièrement rénové il y a peu), à deux pas des Allées où sont installés les bureaux de son entreprise Proxigo, le Biterrois partage volontiers un café. Une pause dans un emploi du temps bien occupé.
Depuis 2016 en effet, il est élu à la CCI. Et conjugue donc rôle consulaire, activité professionnelle et équilibre familial. « Ma fonction à la CCI est excitante, on découvre des personnes, des profils, des secteurs d’activité, c’est passionnant et en même temps, il faut trouver un équilibre… » En tant que relais de la chambre de commerce dans l’ouest Hérault, il constate aussi les difficultés actuelles : « Oui, c’est compliqué. Certains secteurs souffrent réellement – à l’image des viticulteurs – et d’autres marchent très fort, comme les nouvelles énergies, les services à domicile. C’est le paradoxe. » Et de citer un chiffre alarmant : depuis le début de l’année, le tribunal de commerce de Béziers a enregistré 25 % de plus de procédures collectives que l’année précédente. Olivier Leyssenot entend souligner l’accompagnement proposé par la CCI, tant sur le plan de la prévention que sur des mesures concrètes parfois peu connues : « L’usine Refresco, à Nissan, a été reprise. La CCI a été mandatée pour mettre en place un dispositif pour compenser les suppressions d’emploi. Objectif : générer 50 emplois. Les entreprises peuvent bénéficier de 4 000 € par emploi créé, bonifié à 8 000 € si elles recrutent des seniors, chômeurs longue durée, personnes en situation de handicap… »
« J’aime faire des choses concrètes qui amènent quelque chose »
Autre cheval de bataille : le commerce en centre-ville, à travers la CCI qui préside l’office du commerce. Mais pas que. Le Biterrois reste en effet très attaché au monde commerçant. Il avait lancé l’enseigne de vêtements Maestro, rue Française. Laquelle a évolué vers la cérémonie. Tout le monde connaît aujourd’hui Blanc Poudré, géré par son épouse. « Noël, c’est 30 % du chiffre annuel des commerçants, c’est une période à ne pas rater. Tout ce qui est décoration est primordial. Et ensuite, il faut se demander comment faire travailler ensemble les Galeries, le centre, le Polygone… » Pas simple. Le contexte politique national n’aide pas. « On est attentif à la politique nationale et locale. Il y a des enjeux forts. Et les périodes préélectorales sont toujours figées au niveau économique. » Réfléchi, Olivier Leyssenot se revendique « observateur de la vie politique. J’ai grandi rue Mairan. J’ai un gros attachement (à cet ancrage biterrois NDLR). J’aime faire des choses concrètes qui amènent quelque chose. » De là à s’engager en politique ? « J’ai conscience des côtés positifs et négatifs de la politique. Pour l’instant, le monde économique me suffit », répond-il, en pesant ses mots. À 51 ans, il se concentre sur ses challenges d’entrepreneur : Proxigo donc, une start-up qui propose des services innovants de mobilité et de proximité. « On a plusieurs sites actifs et on va développer en 2026. » Sans oublier Product Tech First : une entreprise qui développe de l’IA et de l’automatisation digitale, avec des systèmes de gestion assistée pour les professionnels. De quoi se tourner vers demain.
.
