Féminicide : justice pour Adeline, morte en 2021 après avoir été enfermée en plein soleil dans le coffre d’une voiture

Près de 300 personnes ont défilé en hommage aux femmes tuées par leurs conjoints à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, mardi 25 novembre 2025. La manifestation s’est achevée par un « die-in » devant le tribunal, avec des personnes allongées à même le sol pour dénoncer les lenteurs de la justice, notamment dans l’affaire Adeline Leroy, tuée en 2021. Son meurtrier présumé n’a toujours pas été jugé.

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Mardi, en cette journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, près de 300 personnes ont marché dans les rues de Perpignan en mémoire des femmes tuées par leurs conjoints ou par leurs proches en 2024.

Selon le décompte de l’association « Nous toutes », plus de 140 féminicides ont été commis l’an dernier. Un chiffre en hausse, car plus de 150 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou de leur ex-conjoint, depuis le 1er janvier 2025.

Les manifestants brandissaient des pancartes avec les prénoms de ces victimes : Lucie, Mélina, Zaïa, Elodie, Nathalie, Martine, Béatrice et tant d’autres…

Parti de la place de la République vers 18 heures, le cortège s’est arrêté devant le tribunal judiciaire de Perpignan. Là, plusieurs manifestants se sont allongés sur le sol, malgré le froid, pour symboliser la mort violente de toutes ces femmes et dénoncer les lenteurs de la justice concernant les affaires de féminicide.

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Celle d’Adeline Leroy, en particulier. Cette jeune femme de 30 ans est morte à l’hôpital de Perpignan, en septembre 2021, dix jours après avoir passé des heures enfermée dans le coffre de la voiture de son compagnon, garée en plein soleil, près d’une station essence, pendant une période de fortes chaleurs.

« Un coffre pour tombeau », mardi soir l’affaire Adeline Leroy, morte après avoir été enfermée en plein soleil dans un coffre de voiture en 2021 à Perpignan, était au coeur de la manifestation contre les féminicides. – 25 novembre 2025. • © FTV

Selon la mère et la sœur d’Adeline, venues exprès de Vierzon dans le Cher pour participer à cette manifestation ce mardi soir à Perpignan, la jeune femme était victime de violences de la part de son compagnon, qu’elle avait rencontré au printemps 2011. Elles l’ont décrit comme « extrêmement jaloux, possessif, exerçant un contrôle sur toutes ses relations ».

« Adeline n’avait plus de réseaux sociaux. Au téléphone, je ne pouvais rien dire à ma fille, il mettait toujours le haut-parleur » expliquait Ghislaine Gautier à France 3 Occitanie, peu après la mort d’Adeline. « Elle n’avait pas le droit de parler avec des hommes, c’était interdit. Elle baissait la tête. Mais il disait que c’était elle qui était jalouse », racontait sa sœur Mélanie. Selon sa mère : « Elle faisait du ménage chez des personnes âgées. Elle avait le permis et sa voiture, mais c’est lui qui l’emmenait. Et il restait devant dans la voiture pour l’attendre. »

D’abord considéré comme témoin assisté, cet homme aujourd’hui âgé d’une quarantaine d’années a été mis en examen pour « enlèvement et séquestration » et « mise en danger de la vie d’autrui« , mais laissé en liberté.

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Il est actuellement incarcéré, mais pour une autre affaire de violence conjugale : ce quadragénaire a été condamné à 24 mois d’emprisonnement ferme, il y a un an de demi à Perpignan, pour avoir frappé sa nouvelle compagne. C’est le fils de la victime qui avait prévenu la police.

Cet homme réputé violent, a déjà été condamné une vingtaine de fois pour cambriolage, extorsion, séquestration, abus de faiblesse. Après le décès d’Adeline Leroy, il avait été condamné en janvier 2023 à dix-huit mois de prison, dont six mois avec sursis, pour violences sur mineur de moins de 15 ans, commises sur l’enfant d’une ex-compagne. L’ancien compagnon d’Adeline venait de purger cette peine et était libre depuis peu lorsqu’il a de nouveau été condamné, en mai 2024.

Pourtant, quatre ans après le drame, la mère et la sœur d’Adeline Leroy, parties civiles dans le dossier, désespèrent d’obtenir justice : il n’y a actuellement aucune date de procès à l’horizon.

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