Exclusif – “Des clubs ont décidé de couper des têtes pour moins que ça” : les messages forts de Philippe Tayeb sur les tensions à Bayonne

C’est le sujet qui agite tout Bayonne : la cohabitation entre Grégory Patat et Laurent Travers cristallise toujours autant de tensions. Ce lundi, le président Philippe Tayeb a donc choisi Midi Olympique pour une longue prise de parole. L’occasion de livrer ses vérités sur une situation qui paraît explosive, de justifier ses choix mais aussi d’évoquer les situations contractuelles de son staff, de l’effectif en place et des éventuels recrutement. Une communication musclée.

L’Aviron bayonnais occupe la cinquième place du classement au tiers du championnat. Quel regard portez-vous sur ce parcours jusque-là ?
Le parcours est au rendez-vous de nos objectifs. Le contenu, à domicile, est satisfaisant. Celui à l’extérieur nous fait nous poser des questions. Pour le moment, l’équipe et le staff travaillent bien. Il faut continuer dans ce sens et grandir en allant chercher des points à l’extérieur, sans quoi on passera peut-être de peu sur le top huit.

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La performance n’est-elle pas d’autant plus louable que l’équipe doit composer avec de nombreux blessés ?
Ça fait partie d’une saison. Toutes les équipes ont beaucoup de blessés. Les joueurs, depuis le début de saison, ont été très sollicités. Je les en remercie.

Le début de saison a été marqué par le feuilleton de la prolongation de Grégory Patat. Pourquoi ce dossier a-t-il autant traîné ?
Les négociations ont démarré début août. Après, il y a eu des problèmes dans l’environnement de Greg (Patat). On a re-discuté en septembre. Il y a eu des allers-retours avec les agents, les avocats. La validation a eu lieu début octobre avant une signature mi-octobre. Il fallait aussi regarder comment allait se passer la collaboration dans notre staff.

Vous évoquez un problème dans l’environnement de Grégory Patat. Pouvez-vous développer ?
Non.

Comment se passe la collaboration entre Grégory Patat et Laurent Travers ?
Laurent s’est complètement retiré de la partie sportive. Il a préféré garder les missions transversales qu’on lui a demandées. Je suis à l’initiative de l’arrivée de Laurent. Le staff est compétent, mais il a toujours besoin d’acquérir de l’expérience. Ça ne se passe pas comme je le pensais. Le mariage de la compétence et de l’expérience devait nous amener à un niveau supérieur. L’arrivée de Laurent devrait permettre d’améliorer le système actuel, nous faire grandir dans tous les secteurs et accompagner le secteur professionnel. J’espère que les gens concernés réfléchiront et amèneront de la bonne intelligence dans cette collaboration.

N’était-ce pas prévisible que cette collaboration ne se passe pas comme vous le pensiez ?
Je ne sais pas. Innocemment, j’ai pensé que de grandes personnes étaient capables de travailler ensemble. Il y a beaucoup de clubs où deux, voire trois têtes travaillent en bonne collaboration. De grands clubs travaillent avec un directeur du rugby ou un directeur sportif. L’addition des compétences est un plus dans le monde professionnel, où il y a une forte pression. Dans mon quotidien, je partage régulièrement avec un comité exécutif. 90 % des décisions sont prises en concertation avec mes directeurs.

En concertant Grégory Patat pour le recrutement de Laurent Travers, n’auriez-vous pas pu éviter tous ces remous ?
Je ne crois pas que, dans une entreprise, quand un conseil d’administration et un président décident de recruter un salarié, ils demandent toujours l’aval des personnes avec qui il va travailler. C’est une décision de la gouvernance. Elle a été prise en octobre 2024, puis assumée. Elle a été bien amenée et bienveillante. On a fait rencontrer les parties en février 2024. Elles ont discuté. Je leur ai demandé de travailler ensemble dans l’intérêt de l’institution. La place d’un président et d’un conseil d’administration est de prendre des décisions à trois ou quatre ans. Je suis très satisfait des résultats de la saison dernière, mais je regarde aussi ceux qu’on doit aller chercher.

N’êtes-vous pas dans une impasse, aujourd’hui, par rapport à une cohabitation qui semble impossible ?
Je ne pense pas. Je réunis régulièrement les parties. J’espère qu’on va y arriver. Chacun doit comprendre l’intérêt du club.

Philippe Tayeb et Laurent Travers, lors du match amical face à Biarritz au début de la saison Icon Sport – Hugo Pfeiffer

Ce lundi vous avez réuni Grégory Patat et Laurent Travers. Que s’est-il dit au cours de ce point ?
On voulait revenir sur un article de presse qui a été fait avec des gens qui ont parlé. Ils se reconnaîtront. L’article est déformé. Le journaliste fait son métier. Il a recueilli des propos de l’intérieur. Le club, depuis sept ans, avance bien. Il faut se rappeler qu’il y a sept ans, on était dixième de Pro D2, avec 10 M€ de budget. Aujourd’hui, on va atteindre les 34 millions. On a fini quatrièmes, on avance, mais tous les jours, on a des soucis qui viennent de l’intérieur. Des gens parlent pour déstabiliser le club. Ça peut amener des dégâts très importants.

Les propos dont vous faites état, rapportés par nos confrères de Sud Ouest, nous ont aussi été répétés par plusieurs sources. Quelle est votre version des faits ?
Le titre de l’article ne reflète pas du tout les propos que j’ai tenus à Grégory Patat. J’ai dit à Grégory Patat que, personnellement, je ne l’aurais peut-être pas prolongé maintenant. Sa signature a été conditionnée par trois indicateurs. Premièrement, les résultats obtenus, avec cet objectif qu’il a rempli. Deuxièmement, il fallait protéger l’arrivée de Laurent Travers, qui a été insulté, injurié et menacé sur les réseaux. Troisièmement, il y avait une forme de popularité autour de Greg, et c’est très bien, donc la signature a été faite en ce sens. La première des choses, c’est la parole qu’on lui a donnée. À partir du moment où il a atteint ses objectifs, il était normal de le prolonger. Quand je vois, en gros titre, qu’il n’a été prolongé que grâce à l’opinion publique… Heureusement que le président que je suis et le conseil d’administration ne prennent pas les décisions avec l’opinion publique ! Il faut se rappeler que, quand j’ai fait venir Grégory Patat, j’étais le président le plus con de la terre, le plus mauvais. Personne ne le connaissait. J’étais l’homme le plus incompétent qui puisse exister en ne gardant pas l’ancien manager. Aujourd’hui, on me fait un raisonnement contraire en m’expliquant que j’ai signé Greg Patat sous la pression populaire. C’est faux, archi-faux. J’ai pris cette décision par rapport aux engagements pris ensemble et aux résultats depuis trois ans.

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Vous dites qu’il fallait protéger Laurent Travers des insultes qu’il a reçues et qu’une forme de popularité entourait Grégory Patat… L’opinion publique a donc pesé.
Non, pas du tout. Il y a eu trois facteurs et si Grégory Patat n’avait pas atteint ses objectifs, on ne l’aurait peut-être pas renouvelé. Ou on aurait attendu, quand bien même l’opinion publique était derrière lui. L’intention de le prolonger a toujours été là. Ça a tardé car il fallait voir les modalités et j’attendais de voir comment allait se passer la collaboration entre les deux hommes. Les gens qui m’insultent sur les réseaux sociaux ne m’intéressent pas. Je dois prendre de la hauteur par rapport à ça.

Vous dites que vous n’auriez pas prolongé Grégory Patat immédiatement. Pourquoi ?
Personnellement, j’aurais attendu un petit peu pour voir comment la collaboration entre Greg et Laurent pouvait se passer. Il y a eu des attitudes, en interne, qui ont été très dures envers Laurent. Elles sont punissables. Laurent n’a rien fait, il est arrivé là pour nous aider.

En retardant la prolongation de Grégory Patat, vous auriez peut-être compliqué la situation alors que les objectifs, eux, ont été atteints depuis juin…
Aujourd’hui, on n’a signé que Greg et il n’est pas seul. Il y a un staff. Des discussions sont en cours avec ses membres. Il faut regarder ce que le club a mis à disposition du staff pour bien travailler : un centre d’entraînement tout neuf, une masse salariale multipliée par deux depuis notre première accession en Top 14. Au bout d’un moment, c’est usant de toujours avoir le besoin de se justifier. Je veux continuer dans des discussions plus sereines et plus saines que ce que l’on vit actuellement. Des gens sont là pour déstabiliser en totalité le club. On va continuer à travailler et le jour où les résultats du président ne conviendront pas, les actionnaires et le conseil d’administration n’auront qu’à me le dire. Je tirerai ma révérence, sans problème.

Pendant cette réunion, avez-vous remis en cause les qualités managériales de Grégory Patat ?
C’est faux. J’ai dit à Greg que, pour moi, ce n’était pas un manager comme je le pensais, mais que c’était un entraîneur de l’équipe professionnelle avec des missions fixes. Quand je parle du rôle de manager, c’est l’ensemble des pôles du club, avec le management de l’équipe première, du centre de formation… J’ai dit à Greg qu’il avait eu de très bons résultats en tant qu’entraîneur, mais que demain, s’il voulait continuer à progresser, il fallait qu’il soit dans un management global. Je n’ai jamais dit à Greg que c’était un mauvais manager et j’espère qu’il le confirmera.

Les missions transversales n’incombent-elles pas au directeur du rugby ?
Il y a les titres, les missions et les rôles. Manager une équipe professionnelle, c’est être entraîneur d’une équipe professionnelle. Pour moi, un rôle managérial est beaucoup plus large. Je lui ai dit : « pour moi, tu n’es pas un manager, tu es l’entraîneur de l’équipe professionnelle ». C’est ce qu’il veut et c’est sa prérogative. À partir de là, quand je vois des choses comme ça qui sont écrites, c’est que ça vient de gens qui veulent porter tort au club.

Qui visez-vous ?
J’ai mon idée.

Vos relations avec Grégory Patat sont-elles dégradées ?
Elles ne sont pas tendues, c’est juste la relation d’un employeur à un employé, d’un président à son manager. J’ai demandé à Greg et Laurent de travailler ensemble. C’est la seule solution qui nous permettra de faire grandir ce club. Tant qu’on gagne, ça va. Le jour où on va perdre, qu’est-ce qu’il se passera ? La répartition de la pression ou des mauvais résultats doit s’anticiper. Si je ne suis pas capable de le faire, je ne dois pas être président.

Laurent Travers va-t-il revenir sur le terrain ?
Laurent n’a jamais voulu avoir le survêtement, on a été clairs tous les trois sur le sujet. Il est là pour travailler avec Greg sur la planification, sur le travail collectif, les ateliers, le recrutement, l’amélioration du staff. C’est son rôle à lui, avec 25 ans d’expérience mis à disposition de notre club. Il y a beaucoup de clubs qui prennent des décisions avec moins de pataquès. Des clubs ont décidé de couper des têtes pour moins que ça. Nous, dès qu’on bouge une ligne, on est agressés. À partir de là, stop. Il faut faire attention. Le club a trouvé de la stabilité, un conseil d’administration solidaire, mais ça devient très fatigant.

Pourriez-vous démissionner ?
Je ne suis pas quelqu’un qui baisse les bras, mais je suis fatigué de devoir justifier tout ce qui est fait. Je ne cours pas après la présidence de l’Aviron bayonnais. On m’a mis là. J’ai accepté le poste. Un challenge a été fixé, j’ai rencontré des gens exceptionnels, qui me font confiance. Travailler dans ce climat, avec ces gens-là, oui. Le problème, c’est que 5 % de cons font chier les 95 % autres. Arrêtons les menaces, les insultes et les injures non courageuses.

Ce côté populaire et excessif ne constitue-t-il pas le charme de l’Aviron ?
Oui, mais on est en pleine négociation pour des renouvellements, on cherche des partenaires et ce qui se passe, là, fait plus de mal au club qu’à Philippe Tayeb.

Aujourd’hui, le dossier bloquant concerne la prolongation des adjoints. Où en êtes-vous ?
Des propositions ont été faites à une personne. On va commencer à discuter avec les autres. Il y aura un avis consultatif entre Greg, Laurent et moi, car la décision financière m’incombe. Des gens seront renouvelés, d’autres non. Ça fait partie du monde de l’entreprise et du sport.

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Gerard Fraser a refusé une première proposition. Qu’en est-il de sa situation ?
Il n’a pas refusé une première proposition. On est dans une discussion et j’ai rendez-vous demain soir avec lui (entretien réalisé lundi). Un refus, c’est dire “je ne veux pas rester à Bayonne”.

Il n’a pas répondu favorablement à votre première proposition.
Non. On a laissé travailler et on est en réflexion sur deux ou trois détails.

Est-ce qu’une tendance se dégage ?
Gerard veut rester.

Quid du responsable de la performance, Loïc Louit ?
J’ai eu deux échanges avec lui. Je lui ai dit que, peut-être, il y aurait une orientation différente. Il attend qu’on échange avec lui.

Confirmez-vous l’existence de contacts avec Thibault Giroud ?
Il y a des discussions avec Thibault Giroud. Il me paraît être l’un des meilleurs directeurs de la performance en France. C’est un garçon que je connais depuis un petit moment, on a une relation amicale. On a échangé avec lui, mais quand je lis qu’il y a une proposition pour cinq ans, c’est faux.

Mais il y a une proposition pour quatre ans.
Cinq ans, c’est faux.

Pourquoi ne pas avoir consulté Grégory Patat sur le profil de Thibault Giroud ?
Je viens de m’en expliquer avec lui. J’en resterai là sur le sujet. Il sait pourquoi.

Pouvez-vous détailler ?
Non.

En ne consultant pas Grégory Patat pour recruter Thibault Giroud, alors qu’il souhaite poursuivre sa mission avec Loïc Louit, ne semez-vous pas le trouble au sein du staff ?
J’entends ce qu’on me dit, mais les choses ne s’opposent pas. Si on remet en question toutes les décisions que prennent un président et son conseil d’administration, ça ne sert à rien d’avoir une gouvernance.

Remettez-vous en cause le travail de Loïc Louit ?
Pas du tout. Il fait du très bon travail. Il a la place qu’on lui a donnée, qu’on lui a laissée. Je n’ai aucun problème avec lui. Au contraire, c’est un garçon brillant dans ce qu’il fait, mais je suis là pour améliorer ce qui est déjà en place.

Le concernant, la tendance est-elle à un départ ?
Impossible de me prononcer sur cela.

Quid de Nick Abendanon ?
Nick fait partie des personnes qu’on va rencontrer. J’espère qu’on pourra le renouveler.

La prolongation de Nick Abendanon est en discussion Icon Sport

Qu’en est-il de l’avenir de Stéphane Barberena, votre entraîneur de la touche ?
Aucune discussion n’a été entamée avec lui.

Joël Rey va-t-il basculer sur la formation ?
Il sera directeur de la performance au centre de formation, oui.

Nos confrères de Sud Ouest avancent le nom d’Anthony Marhuenda, l’analyste vidéo du Stade toulousain, comme possible recrue. Va-t-il vous rejoindre ?
Je n’ai jamais eu de discussion avec lui. Des gens spéculent sur le fait qu’il a travaillé avec Laurent Travers. Je ne sais pas qui c’est. Je ne le connais pas.

Grégory Patat a-t-il les mains libres pour choisir les hommes qui l’entourent au quotidien ?
Oui et non. Il a obligatoirement un avis à avoir de Laurent et de moi. Dans les missions de Laurent et Greg, ils ont un avis consultatif à avoir avant de proposer un collaborateur.

Dans la plupart des clubs, le manager choisit ses adjoints…
Ce n’est pas vrai. Dans un club pas très loin, un président a choisi des gens avant de recruter le manager.

La mairie ou certains actionnaires ont-ils dû intervenir pour accélérer la prolongation de Grégory Patat ?
La mairie, non. On a eu des discussions avec le conseil d’administration. On échange régulièrement et il y a, bien entendu, un avis consultatif. Je crois avoir la confiance du conseil d’administration. Je n’ai aucune pression de celui-ci.

95 % des gens ont dit que j’étais fou

Dans tout ça, qu’en est-il de l’avenir de Laurent Travers ?
Laurent est au club. J’espère qu’il va nous donner son accord pour une prolongation. Peut-être que je me trompe, mais depuis sept ans, on ne s’est pas trompés… Quand notre ancien manager est parti, c’était la fin du monde. Quand le nouveau est arrivé, c’était l’incompréhension totale. Qui était ce Monsieur ? Malgré ça, les choix qui ont été faits l’ont été dans l’intérêt du club. 95 % des gens ont dit que j’étais fou, voire plus, car ils ne comprenaient pas l’arrivée de Grégory. 5 % ont dit que le président avait peut-être raison. Que les 95 % restent à leur place.

Laurent Travers a-t-il davantage votre confiance que Grégory Patat ?
Non, on est sur des rôles différents. Greg est responsable de l’équipe professionnelle. Tout le monde doit se remettre en question. Si on reste sur les acquis, on meurt. Je ne suis pas là pour faire mourir le club, mais pour le faire grandir.

Désolé d’insister, mais on a l’impression que la confiance est rompue avec votre manager…
Non. Il y a toujours un point hebdomadaire avec Greg. On se voit une fois par semaine. On échange sur différents points. Désormais, ces points ont lieu à trois. On essaye d’améliorer ce qui ne marche pas. Aujourd’hui, le point négatif concerne nos déplacements. Pourquoi se déplace-t-on mal ? L’expérience de Laurent peut être un atout. On ne peut pas accepter de prendre 40 points à chaque déplacement.

L’avenir de Grégory Patat peut-il être remis en question ?
Non, parce qu’on a signé deux ans. Après, si on n’atteint pas les objectifs, le public de Bayonne fera ce qu’il y a à faire. Il n’a pas besoin de Philippe Tayeb pour demander la démission d’un coach. La stabilité, depuis notre arrivée, a été prouvée. Un premier manager a été en place pendant quatre ans. Le second sur six ans (si Patat va au bout de son contrat, N.D.L.R.). Dans le monde professionnel, quatre ans de terrain, c’est très difficile, parce que les joueurs connaissent le discours. Les managers qui sont restés 20 ans en place l’ont fait car ils ont fait bouger leurs collaborateurs. La stabilité amenée autour du staff de l’Aviron est exemplaire, parce qu’avant, tous les trois ou six mois, il y avait un changement de président ou de manager. Je crois que nous avons eu six présidents en six ans et dix-sept entraîneurs en cinq ou six ans.

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Avez-vous une volonté d’isoler Grégory Patat, dans son staff, en l’entourant de personnes qu’il n’aurait pas choisies ?
Pas du tout. Si on isole Greg, c’est qu’on ne veut plus de lui, donc on ne le renouvelle pas. C’est basique. La volonté, c’est de faire travailler Greg avec Laurent Travers pour l’intérêt de l’équipe, car un jour, il y aura des moments difficiles, et mon rôle, c’est de les anticiper. À deux, ils arriveront à passer ces moments difficiles. Greg sera seul si l’équipe ne gagne pas. Peut-être que je n’arriverai pas à faire le mariage… On n’est pas dans l’émission “Mariés au premier regard”. Là, c’est “mariage au dixième mois.” Mais bon… Avant de se marier, on m’a dit qu’il fallait se fiancer, puis se pacser. On a trois ans pour faire ça. Là, ce sont les fiançailles. On va passer au Pacs. Peut-être qu’ils se marieront et qu’on aura un prolongement des contrats.

Grégory Patat lors du match face à Bordeaux, en octobre dernier Icon Sport – Icon Sport

Terminons par quelques questions côté terrain. La recherche d’un joker aux postes de pilier gauche et de huit est-elle toujours d’actualité ?
En pilier gauche, non. Calles va rentrer, Cormenier va revenir. Un jeune (Gonzalez, N.D.L.R.) a montré qu’il pouvait postuler. Bordelai fait tous les matchs. Je suis content de le voir à ce niveau-là. Il prouve qu’il est au rendez-vous et il a prolongé chez nous. Malgré le mauvais travail que fait le président Tayeb, on a re-signé tous les gens qu’on voulait prolonger. Je n’ai pas besoin qu’on me tape sur le dos toute la journée, mais je veux juste un peu de tranquillité. Si je ne suis exposé que pour me faire critiquer, ça n’ira pas.

Les autres joueurs en fin de contrat ne seront donc pas prolongés ?
Certains ne seront pas prolongés.

Lesquels ?
Je ne peux pas le dire, car des discussions sont en cours.

Pascal Cotet va-t-il poursuivre l’aventure ?
On a statué, mais je ne peux pas le dire (il ne sera pas prolongé, N.D.L.R.).

Vincent Giudicelli va-t-il partir ?
Oui, mais ça a été un gros débat.

Quid du dossier Alex Moon, jugé prioritaire en interne ?
Il y a des avis partagés. Aujourd’hui, les priorités ont été prolongées : Bosch, Carreras, Tuilagi, Spring, Tiberghien… On a répondu présent, positivement, à la demande du staff, car ce sont des engagements financiers.

De quoi sera fait l’avenir de Maxime Machenaud ?
C’est prématuré d’en parler. Un contrat de reconversion l’attend à la fin de son contrat de joueur, comme Camille Lopez.

Reece Hodge rejouera-t-il un jour ?
Tout le monde espérait le voir en novembre, en décembre… On m’a dit qu’il reprendrait les matchs fin janvier. Sa rééducation se passe très bien, ses courses aussi. Il commence à faire des changements d’appui. Reece, c’est une grande déception, car c’est un grand professionnel. C’est un garçon qui s’est adapté, qui parle couramment le français. Son physique l’a lâché, mais il mériterait de porter notre maillot, car il est dans l’état d’esprit qu’on recherche. La porte n’est pas fermée. J’espère qu’il pourra rejouer. Il aura quatre ou cinq mois pour nous prouver qu’il est revenu à son niveau.

Quels sont les postes ciblés pour l’an prochain ?
Il reste un gros deuxième ligne, un gros troisième ligne, et un polyvalent centre-ailier.

Le dossier Cramont est-il ficelé ?
C’est en bonne voie, j’espère.

Au centre, où en sont les discussions avec Dimitri Delibes ?
C’est un dossier à l’étude.

Regardez-vous toujours le profil de Mathis Lebel ?
Non. On ne valide les dossiers que quand la partie financière correspond et là, on recherche deux ou trois partenaires. Nous étions à Paris, mardi, pour les Oscars Midi Olympique. Les gens nous regardaient avec du sérieux. Il y avait beaucoup de personnes influentes du rugby français, on a noué des contacts et j’espère que ça ne nous fera pas défaut, car ce type d’article n’est pas bon pour la publicité du club, ni pour son image, alors qu’il y a un capital sympathie à Bayonne. Mais je n’en veux pas au journaliste, qui a fait son travail. Ce sont des propos qui lui ont été répétés et ça vient de l’intérieur. C’est grave.

L’article en question ne décrit que la réalité, à savoir, un contexte tendu en interne…
Quand vous dites à des gens qu’ils ne vont pas être gardés, c’est donc ça la vengeance ? Ça porte préjudice au club. Philippe Tayeb partira, l’Aviron bayonnais restera. Ces gens qui ont parlé n’aiment pas le club. Ce n’est pas parce que tu es salarié et que tu n’es pas gardé que tu dois cracher. On m’a toujours dit “ne mords pas la main qui te donne à manger”. On a modifié des propos qui ont été tenus. La vérité des propos, c’est celle que je viens de vous dire.

Cela fait plusieurs fois que vous faites allusion à un départ. Songez-vous à quitter le club ou est-ce un moyen de pression ?
J’ai un mandat de quatre ans. Il s’arrête en 2028. Travailler dans ces conditions, c’est hors de question. On est vraiment soudés au sein du conseil d’administration. C’est super, ce que l’on vit, parce qu’on a confiance. Les gens autour de la table sont là pour passer du bon temps, pas pour se faire esquinter ou humilier. Tout ce qu’on a construit, c’est avec l’appui de Jean-René Etchegaray (maire de Bayonne, N.D.L.R.) et les élus, ainsi que l’ensemble des actionnaires du club. Ils sont venus apporter les cautions nécessaires au développement structurel. Le jour où ils en auront marre de Tayeb, ils me le diront et je partirai. Je me répète, mais ce qui a été écrit, ça vient de chez nous. On va continuer à travailler et il faut de la sérénité. Il ne faudrait pas qu’à chaque fois qu’il y a un petit problème, ça devienne une affaire d’État. On me rapporte que, depuis ce matin, des gens manifestent leur mécontentement sur les réseaux sociaux, mais j’ai reçu des messages avec beaucoup de bienveillance des associations de supporters. Ces gens-là sont importants pour le club. Ils le représentent, car ils sont de vrais supporters. Je les associe à notre projet.

https://www.rugbyrama.fr/2025/11/11/exclusif-des-clubs-ont-decide-de-couper-des-tetes-pour-moins-que-ca-les-messages-forts-de-philippe-tayeb-sur-les-tensions-a-bayonne-13045496.php

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