Après le retrait de l’assureur Groupama, les représentants des manadiers ont été reçus à la préfecture du Gard ce vendredi 7 novembre. Ils annoncent avoir trouvé de nouvelles compagnies d’assurances prêtes à couvrir les jeux taurins.
Les abrivados, bandidos et encierros devraient pouvoir se tenir sans problème la saison prochaine. Reçus à la préfecture du Gard ce vendredi 7 novembre, les représentants des manadiers annoncent avoir trouvé plusieurs assureurs prêts à les couvrir. La panique avait gagné le monde des vaches et des taureaux depuis fin octobre. Tous les professionnels assurés chez Groupama avaient reçu un courrier annonçant la résiliation de leurs contrats liés à l’organisation de jeux taurins. L’assureur expliquait perdre beaucoup d’argent avec ce secteur à cause des nombreux accidents, parfois mortels.
La Confrérie des gardians et la Nation gardiane sont venus présenter au préfet du Gard, Jérôme Bonet, une solution sur laquelle ils planchaient en fait depuis plusieurs années. « En voyant les clubs taurins qui se faisaient déjà ‘désassurer’, j’ai cherché des idées, explique Frédéric Lescot, président de la Confrérie des gardians. Je suis tombé sur une courtière, elle a pris ça à bras-le-corps, elle a travaillé pendant trois ans. Et début juin, elle nous a dit qu’elle avait trouvé ». La courtière en question est la dirigeante de Dolce Vita, une entreprise basée à Eygalières, dans les Bouches-du-Rhône. Elle a trouvé plusieurs assureurs, français et européens, partants pour signer des contrats avec « les clubs taurins, les manadiers et les gardians amateurs » lâchés par Groupama dans le Gard, l’Hérault, les Bouches-du-Rhône ou le Vaucluse. Présente au rendez-vous, la courtière ne souhaite pour l’instant pas indiquer les noms de ces assureurs.
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Plusieurs assureurs français et européens prêts à couvrir les manadiers
Une soixantaine de manadiers, 200 gardians bénévoles et une soixantaine de clubs taurins seraient concernés, selon la Fédération des manadiers. Certains ont déjà commencé à signer de nouveaux contrats d’assurance des jeux taurins. « On a trouvé une solution, on veut qu’elle se pérennise, ajoute Frédéric Lescot. Maintenant, à nous de ne pas faire de bêtise. On va réviser notre charte, on va refaire les règles du jeu parce qu’elles ne peuvent pas continuer comme elles sont en ce moment. On n’est pas au bout de nos efforts ».
« Tous les participants ont réaffirmé la nécessité de maintenir ces fêtes locales avec un haut niveau d’exigence de sécurité pour les spectateurs, les professionnels et bénévoles engagés, mais aussi du point de vue du bien-être animal », indique le préfet du Gard dans un communiqué à l’issue de la rencontre. Jérôme Bonet ajoute qu’il s’engage à « poursuivre les travaux entrepris depuis deux ans en ce sens afin d’accompagner au plus près les communes et les acteurs du monde taurin pour un bon déroulement de ces manifestations ».
Un rendez-vous avec le ministre de la Justice pour faire évoluer la loi ?
Les représentants du monde taurin étaient également accompagnés de plusieurs politiques lors de cette réunion en préfecture : le sénateur LR Laurent Burgoa, le député RN Nicolas Meizonnet et plusieurs maires. « Une coalition apolitique, résume André Brundu, le maire d’Aubord. On est tous ensemble pour une même passion, pour sauver nos traditions. Parce que c’est Groupama maintenant, mais après ça peut être d’autres assurances qui vont suivre ». Les participants ont ainsi prévenu le préfet qu’ils comptent demander un rendez-vous avec le ministre de la Justice, Gérald Darmanin. Les élus et représentants des manadiers veulent faire à nouveau remonter le sujet d’un changement de la loi.
« C’est systématiquement le manadier ou l’organisateur qui sont condamnés. On estime qu’il faut qu’il y ait un risque consenti par la personne qui se met en danger lors de nos manifestations. Nous, on prend toutes les normes de sécurité possibles. La personne, qui malgré ça, va sur le parcours et se met en danger, on veut que ce soit sa responsabilité à elle, pas celle du manadier ou de l’organisateur », détaille André Brundu.
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