Avant les élections municipales 2026, Midi Libre Béziers s’immerge chaque vendredi dans un quartier de la ville pour donner la parole aux habitants. Ce vendredi 7 novembre, place à La Courondelle, un quartier toujours en construction, où il fait bon vivre selon la majorité de ses habitants.
Il y a un peu de Barcelone dans ce coin nord de Béziers… Situé entre la route de Bédarieux et le boulevard du Languedoc, traversé par le boulevard Ernest-Heningway, et avec pour épicentre la place des Grands Hommes, le quartier de La Courondelle a un point commun avec la Sagrada Familia, cette basilique que tout le monde n’a connue qu’en travaux.
Comparé à l’œuvre de Gaudi, le quartier biterrois est encore tout jeune. Il a commencé à sortir de terre, il y a une douzaine d’années. « Moi je suis arrivé en 2012 et il n’y avait rien ici. Que des vignes ou des chemins de terre que l’on empruntait pour faire du VTT jusqu’à Boujan », sourit Hamza, propriétaire bien connu de la pizzeria Aroma sur la place des Grands Hommes. « Maintenant, on ne voit même plus les montagnes depuis la boutique », poursuit Fadila, patronne du salon de thé Eden Délices, à quelques mètres de là.
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« C’est un endroit où il y a un grand brassage de population, ce qui le rend très agréable à vivre »
Et pour cause, plus de 3 000 logements sont occupés mais d’autres sont encore en cours de construction. Maisons individuelles et lotissements flambant neufs avec de belles voitures garées devant, ou HLM et résidence seniors, il y a de tout à La Courondelle.
« C’est un endroit où il y a un grand brassage de population, ce qui le rend très agréable à vivre », résume, comme beaucoup le pensent, Olivier, le propriétaire du Phoenix, la boutique de cigarettes électroniques et bar-tabac. « Surtout, la localisation est vraiment bien, on est juste à côté de la rocade, c’est très pratique », soulève Déborah, qui surveille ses enfants au parc des Frères Bülher.
Un endroit également bien desservi avec deux lignes de bus de l’Agglo qui permettent de se rendre au centre-ville, même si certains aimeraient une fréquence un peu plus grande. Ou qu’il y ait une banque, une épicerie et des médecins, problème que connaissent beaucoup de territoires en France. « Ça permettrait de retenir un peu les gens ici », pense savoir Hamid, nouvel arrivant à La Courondelle.
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« Ça fait un peu cité dortoir »
« Pour moi, ça s’est quand même construit trop vite. Quand on voit comment certains bâtiments vieillissent déjà… Ça fait un peu cité dortoir, je trouve. Il n’y a pas beaucoup de services », tempère Marie, une des rares habitantes à pointer du doigt le problème de la sécurité dans le quartier.
« Il y a des jeunes qui traînent dehors jour et nuit, il n’y a pas trop de progrès là-dessus. On entend parler qu’il y a du trafic, mais on ne le voit pas », décrit-elle encore. « Il y a même des gens qui regrettent d’être venus ici », souffle de son côté un habitué du quartier.
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Ce que nuancent beaucoup les commerçants de la place des Grands Hommes. Bien au contraire. « Oui, au départ, il y avait des jeunes qui zonaient. Mais depuis qu’ils ont mis une caméra sur la place, il y a trois ans, c’est nickel », contredit Fadila, d’Eden Délices. « On m’avait dit que c’était un peu le bordel avant que j’arrive. Ça fait trois mois, et il n’y a jamais eu d’incidents, on est content d’être venu », abonde Hamid.
De l’insécurité ? « On n’a pas à se plaindre »
« On se sent en sécurité. Qu’ils aillent mettre un pied à La Devèze, ils verront ce que c’est », estime encore Asma, qui vient récupérer sa fille au Boxing Club Béziers Méditerranée. Son fondateur, Mustapha, sait de quoi il parle. Et ne dit pas autre chose que la maman biterroise.
« On est la seule structure associative du quartier qui fait du boulot avec les jeunes, détaille l’entraîneur. Ça va, il n’y a pas à se plaindre… Oui, il y a des difficultés, parce qu’on ne peut pas empêcher les jeunes de vivre et de rester dehors. Mais on a perdu l’habitude de voir des gens dans la rue. Dès qu’on voit des jeunes on se demande ce qu’ils font là. Mais avant, on était tous dehors ! Ce n’est pas pour ça qu’on a dérivé. Il faut qu’il y ait une vie sociale, aussi dans la rue. Vu ce qu’il se passe ailleurs, on a de quoi être content. »
De quoi convaincre ceux qui hésiteraient à s’installer ? « Moi, je leur dirais qu’ils devraient venir, répond Hamza, le patron de la pizzeria. C’est ensoleillé, il y a une école, une crèche, des commerces, un kiné, des transports… C’est un quartier idéal pour une jeune couple, où il fait bon vivre. Un endroit parfait pour se mélanger, tous ensemble. » Et se projeter vers l’avenir. Il paraît que, comme à Barcelone, les travaux se finiront un jour.
Ce qu’ils attendent de leur maire
FADILA « On aurait aimé qu’il y ait un marché sur la place, avoue la patronne du salon de thé, Eden Délices, installé sur la place des Grands Hommes. Ça ferait plus de passage et vivre encore plus ce quartier qui a un potentiel énorme, notamment grâce à ces places de parking de partout. Grâce à des puces comme sur les Allées, par exemple, ça permettrait de faire connaître encore plus La Courondelle. »
GERALDINE « Globalement, nous n’avons pas de problèmes, on a une activité sereine, décrit la propriétaire de la seule pharmacie du quartier, près de la route de Bédarieux, ouverte au tout début de la construction de La Courondelle, en 2013. Même si je ne comprends pas qu’il n’y ait pas de maison médicale ou même un médecin dans le quartier. Ça fait partie des gros retour qu’on a de nos patients. Les jeunes n’ont pas de problèmes pour se déplacer. Mais pour les personnes âgées, traverser la ville pour voir un médecin, c’est plus compliqué. Après, ce n’est pas un problème lié à La Courondelle, c’est partout en France. Je sais que la mairie travaille dessus et fait ce qu’elle peut. »
SALAH « J’aimerais que le futur maire poursuive la continuité de Robert Ménard, qui a embelli le centre-ville, demande le patron de la boucherie Les deux frères. Il faudrait surtout plus de travail avec de grandes entreprises qui viennent s’installer, comme c’est le cas sur le bassin lyonnais, par exemple. Béziers, c’est une ville pauvre donc ça permettrait à certains d’avoir du travail, surtout pour les jeunes. Ça leur permettrait d’avoir un peu plus de pouvoir d’achat et donc de venir consommer chez les commerçants. Sinon, je n’ai pas grand chose à dire sur le quartier. Il y a assez de sécurité, tant qu’il y a quelqu’un derrière l’écran des caméras pour les contrôler, c’est l’essentiel. »
MUSTAPHA « Ce qu’il manque à La Courondelle ? C’est une vie sociale plus élaborée, répond l’entraîneur du club biterrois de boxe. Il faudrait un peu d’actualité, de l’évènementiel pour faire descendre les gens de chez eux. Sinon, tout est propre, bien nettoyé, ce n’est pas à l’abandon. Il faut que ça continue. Mais de temps en temps, une petite fête, ou un cinéma en plein air, lors des beaux jours, ça pourrait amener de la vie. Nous aussi, on va réfléchir à la question. On est en train de travailler pour mettre en place des animations au club. »
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