Budget 2026 : beaucoup de café, pas d’alcool, petites nuits en lit-armoire, et bas de contention… le régime des députés en plein marathon

Dans des délais cette année exceptionnellement contraints, les députés doivent travailler d’arrache-pied pour arriver à boucler le projet de loi de finances 2026, et celui de la sécurité sociale. Témoignages de parlementaires d’Occitanie.

Le vendredi 24 octobre, les députés ont débuté l’examen en séance du projet de loi de finances (PLF). Depuis, le texte est débattu tous les jours dans l’hémicycle, avant que ne s’ouvrent, ce mardi 4 novembre, les discussions sur le budget de la Sécurité sociale (le PLFSS), alors que celles sur la partie recettes du PLF ne sont pas achevées, un volet qui ne pourra pas être voté ce mardi comme cela été prévu.

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Dit autrement, le calendrier est plus contraignant que jamais (la Constitution fixe à 70 jours le délai maximal pour adopter le PLF et à 50 jours celui du PLFSS), et les députés vont poursuivre leur marathon budgétaire, dimanche compris désormais, comme cela sera le cas cette semaine.

« Tous les jours de 9 h à minuit »

« Depuis le 24 octobre, nous y sommes tous les jours, de 9 h à minuit », nous confiait vendredi dernier Fanny Dombre-Coste, la députée socialiste de l’Hérault. « C’est normal, surtout à partir du moment où nous avons réclamé que le Parlement reprenne toute sa place. Et puis c’est mon groupe qui a réclamé cette recherche de compromis. Donc, nous sommes tous là », complétait la Montpelliéraine. Qui a constaté « une forte hausse de la présence dans l’hémicycle, même à des heures très tardives. »

Le quotidien des députés à l’Assemblée nationale vu par Man. Man

Son quotidien ressemble à celui de nombre de ses homologues : journée non-stop (souvent partagées entre l’hémicycle et le travail en commission) avec deux pauses de 90 mn à 13 h et à 20 h, et des (courtes) nuit passées dans le lit-armoire dont certains bureaux de l’Assemblée sont équipés ou dans les chambres de la résidence hôtelière sise à proximité du Palais-Bourbon. Et de brefs allers-retours en train pour revenir en circonscription le dimanche.

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« On n’a pas le choix, il faut y être », acquiesce Jean-François Rousset, député Renaissance de l’Aveyron, également impliqué dans la commission des affaires sociales : « C’est intense, on prolonge souvent le soir au-delà de minuit, comme nous sommes dans des délais contraints ».

Vacciné contre la grippe

Pour tenir le rythme, il est particulièrement vigilant, là encore à l’instar de ses collègues, sur son hygiène de vie : « Je fais attention à mon alimentation, je ne bois pas d’alcool, j’essaie de beaucoup marcher, de prendre toujours les escaliers, jamais l’ascenseur. Je suis un ancien médecin, donc je suis sensible à ces questions. Je porte des bas de contention aussi, car nous sommes tout le temps assis. Et puis je me suis vacciné contre la grippe, pour me protéger moi, et pour ne pas exposer les autres. »

Bref, si les tractations en coulisses se poursuivent aussi à un rythme soutenu, ce n’est pas forcément à la buvette de l’Assemblée que cela se passe, en tout cas pas devant un verre. On y sert par contre une quantité record de cafés : « J’en bois beaucoup, ils rythment ma journée, mais j’essaie quand même de limiter un peu… », reconnaît la députée La France insoumise de l’Hérault Nathalie Oziol, à l’instar de beaucoup d’autres parlementaires.

« Comme pour une épreuve sportive »

Qui, elle, pour recharger ses batteries, optimise au maximum la pause de la mi-journée : « Je la consacre à moitié au repas, à moitié au repos. Pour cela, je vais marcher. Ou m’isoler dans un bureau. Être dans le silence, ça permet de récupérer, car l’hémicycle, croyez-moi, c’est très, très bruyant. Et puis, oui, j’essaie de manger équilibré. On se prépare comme pour une épreuve sportive en fait ou pour un concours, avec du jus d’orange et des vitamines, on fait attention à tout ça. Car parfois, quand on démarre la journée sur des amendements majeurs, avec des discussions très techniques, il faut être aussitôt d’attaque ! »

De la vitamine, le député Rassemblement national du Gard Yoann Gillet en prend lui aussi : « Le budget c’est un marathon, on dort trois ou quatre heures par nuit, il faut donc, pour tenir avoir un rythme de vie relativement sain. Mais c’est le moment le plus important de l’année, c’est normal. Mais la grosse différence, cette année, c’est qu’il n’y a pas de 49.3. Le 49.3 n’interrompt pas les débats, qui, de fait, sont plus longs ». « Des débats de bon niveau », apprécie d’ailleurs Fanny Dombre-Coste.

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« Le quotidien de beaucoup de gens »

Avis légèrement différent du côté de l’élu Vert de l’Hérault Jean-Louis Roumégas : « Dans l’hémicycle on affiche des postures. C’est plutôt dans les commissions qu’on rentre dans les débats de fond ». Lui, n’a pas siégé tous les jours dans l’hémicycle. Dans son groupe, « on s’organise, on ne peut pas tous être tout le temps présent. On fait donc un roulement ».

Quant au député UDR Charles Alloncle, il s’organise lui aussi, « pour arriver à assister à un événement que je ne voulais pas rater sur ma circonscription, j’ai fait la première semaine deux allers-retours à Paris-Montpellier entre le vendredi matin et le samedi soir. » Il ajoute : « En plus, je suis dans une commission d’enquête sur l’audiovisuel public dont je serai le rapporteur. Elle va démarrer, je dois la préparer activement, avec de nombreux rendez-vous déjà fixés qui m’empêchent parfois de voter, alors que je suis présent à l’Assemblée, parce qu’il n’y a pas de délégation de vote possible dans ces cas-là ! »

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Des équilibres à trouver, donc, « avec la vie de famille aussi », renchérit Jean-François Rousset. Et dans l’organisation de son temps, de sa vie personnelle et de la gestion des plages de récupération : « Moi, j’ai un pied-à-terre à Paris, un studio, ça permet d’avoir un temps de respiration, mais ça ajoute des temps de trajet, une heure par jour environ. Mais après, il ne faut pas se plaindre, c’est le quotidien de beaucoup de gens. »

https://www.midilibre.fr/2025/11/05/budget-2026-beaucoup-de-cafe-pas-dalcool-petites-nuits-en-lit-armoire-et-bas-de-contention-le-regime-des-deputes-en-plein-marathon-13030771.php

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