Cérémonie du Drakkar

Cérémonie du Drakkar, au cimetière neuf ce matin. Discours de M. le Maire. Mesdames, messieurs, Il y a 42 ans aujourd’hui, l’armée française subissait une attaque d’une violence effroyable. 58 de nos parachutistes perdaient la vie dans l’attentat de l’immeuble Drakkar, à Beyrouth, au Liban. Le même jour, 241 soldats américains étaient tués dans un attentat similaire. Un épouvantable carnage. Une onde de choc à l’échelle mondiale. On avait voulu marquer au fer rouge la France, l’Occident. On avait voulu toucher notre armée au cœur. Briser le moral d’une nation. Décourager notre présence dans un pays ami, dans un pays lié depuis des siècles à notre patrie. Le 23 octobre 1983, la scène est terrifiante. Elle se réverbère à la Une des quotidiens, dans les journaux télévisés. Elle inonde les ondes radios. Elle occupe les conversations des Français. Le Drakkar est un amas indescriptible de décombres. Il y règne une odeur de poudre et de sang mêlés. Avec un bruit de fond lancinant : les râles des survivants. Il y a ceux qui, démembrés, aveugles et sourds, sont déjà aux frontières de la mort et recherchent, désespérés, la paix éternelle pour leurs corps déchiquetés. Il y a ceux, une quinzaine, qui vont survivre, parfois atrocement défigurés ou amputés, dont la vie nouvelle sera un long calvaire. En France, leurs familles basculent dans le deuil. Sur l’enquête menée aux lendemains de l’attentat, on est en droit de s’interroger : les témoignages recueillis ne vont pas tous dans le sens de la thèse officielle, celle d’un camion fonçant sur l’immeuble… Ils n’ont pas été pris en compte. Pourquoi ? Nous n’avons pas de réponse. Une certitude néanmoins : l’attaque terroriste est signée du Jihad islamique, avec, sans aucun doute, le soutien de la dictature de Bachar el-Assad. Des ennemis jurés de la France qui n’ont qu’un objectif : maintenir le chaos au Moyen-Orient et surtout, mettre à bas le Liban, ce miracle multiconfessionnel dont ils ne supportent plus l’existence. Une intervention pacifique de l’armée française, une intervention de maintien de la paix sous l’égide de l’ONU, s’est transformée en bain de sang. Si nous sommes encore réunis aujourd’hui, c’est pour rendre hommage à nos soldats tombés pour la France et pour la paix. Ils étaient là-bas pour aider les populations locales. Ils étaient là-bas pour éteindre l’horrible guerre civile qui brûlait tout depuis 1975. Depuis l’explosion du Drakkar, le Liban s’est enfoncé, effondré, au risque de disparaître. Devenu un État moignon dans un Moyen-Orient au bord de la désintégration, il survit à grand-peine, ravagé par la corruption et le fondamentalisme, sans parler des ingérences étrangères et des promesses non tenues de certains, dont notre chef de l’État, notamment. Heureusement, grâce à l’armée israélienne, il faut le dire, l’épouvantable régime syrien est tombé, le Hezbollah a été dépecé, l’Iran a subi une lourde, une très lourde défaite. 42 ans plus tard, la mort de nos parachutistes demeure dans nos mémoires. Parce que, par leur action, par leur présence dans ce pays déchiré, ils incarnaient l’espoir, cet espoir qui vacille aujourd’hui. Que leurs âmes veillent sur nous. Vive la République ! Vive la France !

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GS

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