Le Syndicat des vignerons de l’Aude, à l’origine de la mobilisation ce jeudi 16 octobre 2025, demande un dégrèvement de la taxe foncière sur le non bâti, qui affecte « une filière à l’agonie ». Il demande une exonération de taxe dans l’Aude, l’un des départements les « plus impactés par le changement climatique ».
Ils sont autour de 150 personnes et ils sont en colère. Ce jeudi 16 octobre, des agriculteurs et vignerons de l’Aude se mobilisent devant le centre des finances publiques de Carcassonne, à l’appel du Syndicat des vignerons, ont pu constater Paul Jorge et Chloé Fabre, journalistes à France 3 Occitanie, présents sur place.
Ce dernier réclame un dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés non bâties, qui affecte « une filière à l’agonie », regrette Damien Onorré, le président du Syndicat des vignerons de l’Aude. Cette loi impose notamment les terrains nus affectés à une exploitation agricole (pâtures, vignes, vergers). « On essaie de défendre cette exonération depuis le mois de juin, poursuit-il. Cette taxe foncière non bâtie n’a plus de sens parce que ça impose notre outil de travail qui n’est plus rentable. On n’arrive plus à avoir des exploitations rentables. Qu’on soit imposé sur nos revenus quand on gagne de l’argent c’est tout à fait normal, par contre qu’on le soit sur l’outil de production, aujourd’hui ce n’est plus acceptable ».
« C’est un impact direct sur notre trésorerie, détaille l’un des agriculteurs. On ne gagne pas notre vie aujourd’hui. On n’arrive plus à joindre les deux bouts et plus personne n’arrive à se verser un revenu ». Une agricultrice venue manifester confirme : « J’ai un impôt qui va être supérieur au salaire mensuel que je me verse. Quand on se verse moins de 1000 euros par mois, et encore j’ai de la chance, ça devient difficile vu l’ensemble des contraintes que l’on a ».
Ce dégrèvement d’impôt pourrait donner « un peu de souffle à notre trésorerie », explique Jérôme Barthès, président de la FDSEA de l’Aude. À cause des fortes températures de l’été, il estime que les exploitants de l’Aude ont subi « des pertes de récoltes effectives qui vont de 20, 30 à presque 70, 80%, suivant les secteurs et les cultures ». Un agriculteur interrogé par Paul Jorge et Chloé Fabre de France 3 Occitanie évoque, lui, « les pires vendanges de l’après-guerre ».
Environ 150 agriculteurs et vignerons se sont réunis pour exprimer leurs attentes. • © Paul Jorge/ France 3 Occitanie
« On est tous désabusés », regrette Antoine, jeune agriculteur dans le Minervois, qui estime que le dégrèvement de l’impôt est réclamé depuis quelques années déjà, mais que « la moindre chose que l’on demande, il faut des années pour qu’elle soit mise en place ».
Une dizaine de tracteurs ont déversé des bennes de marc de raisin, de souches de vignes arrachées et de palettes – auxquelles ils ont mis le feu – face au bâtiment des finances publiques.
Certains manifestants ont ensuite mis le feu aux palettes, lisiers et végétaux qu’ils avaient placé devant le centre des finances publiques de l’Aude. • © Paul Jorge/ France 3 Occitanie
Pour le Syndicat des vignerons de l’Aude, le département fait partie « des plus impactés par le changement climatique ».
En août, « l’incendie du siècle » a parcouru 17 000 hectares dans les Corbières audoises, touchant 16 communes, le pire incendie depuis au moins 50 ans sur le pourtour méditerranéen français, selon la Base de données gouvernementale des incendies de forêt en France (BDIFF).
Fin 2024, 1 500 agriculteurs et vignerons avaient déjà défilé à Carcassonne pour défendre les intérêts de la filière viticole face à une « situation qui n’est plus tenable. »
