Un café au Plaza, à Béziers, avec Tomas Cerqueira, directeur de l’école taurine de Béziers : « De la piste à la contre-piste »

Rencontre avec l’ancien matador Tomas Cerqueira, directeur artistique de l’école taurine de Béziers. L’occasion de faire le point sur la saison qui vient de s’achever.

Le rendez-vous est pris au bar restaurant Le Plaza, en face des arènes, avec l’ancien matador biterrois Tomas Cerqueira, 36 ans, pour papoter. L’occasion surtout de faire le bilan de la saison de l’école taurine de Béziers, qu’il dirige depuis sept ans et qui vient de s’achever. Ça tombe bien : il habite juste à côté de la plaza de toros. Quand la tauromachie vous tient, impossible de s’en éloigner…

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En revanche, elle est très loin aujourd’hui, cette journée du 2 juillet 2017 où le torero se faisait encorner lors d’une corrida qu’il menait à Mauguio, à cause de laquelle, gravement blessé à la jambe, Tomas Cerqueira abandonnera sa carrière sur la piste… pour se retrouver « sur la contre-piste ».

Et, depuis sept ans, l’ancien élève de l’école Diderot, puis du collège et lycée Henri-IV, conseille : les jeunes de l’école taurine de Béziers et Christian Parejo, devenu matador (avec une confirmation à Madrid il y a deux ans), grâce aux conseils, entraînements et au management de Tomas Cerqueira. Avec également l’aide de l’empresa Margé.

« Pari plus que réussi. Aujourd’hui, c’est le début de notre rêve, on se donne à fond, lui par son travail et ses efforts, moi, en tant que manager afin qu’il devienne une figura du toreo, si Dieu le veut. »

Concernant l’école taurine, elle est « celle, en France, qui a donné les meilleurs résultats cette saison. Puisque, cette année, on a eu Clovis, 16 ans, de Nîmes, qui a toréé 34 novilladas en tant que novillero sans picador, sacré meilleur novillero français cette année. Et, dans le niveau juste en dessous, on a Esteban, qui reste le meilleur becerrista de France où il a gagné 85 % des bolsins (concours) où il s’est présenté. Je n’ai pas à me plaindre, c’est une année 2024-2025 extraordinaire. »

« Priorité à la jeunesse »

Pour rappel, l’école a accueilli une quinzaine d’élèves, de 8 ans à 25 ans. Aujourd’hui, la direction en refuse : « Je ne peux malheureusement pas tous les accueillir. Quand on accueille quelqu’un, il faut bien s’en occuper, notamment en ce qui concerne les capeas, tientas et novilladas à organiser, dont le nombre est limité. »

La saison est donc terminée : elle court, en Europe, de fin février à la mi-octobre. « Ce qui a changé, c’est que jusqu’à présent, je prenais pas mal d’aficionados practicos, comme le jeune Bastien de 25 ans qui n’avait plus l’âge pour devenir figura mais qui voulait simplement apprendre à toréer. Je cesse avec ce genre de profil car beaucoup de jeunes de 8 à 14 ans s’inscrivent, motivés, rêvant de devenir matador. L’école a donc évolué positivement. Nous avons de plus en plus de jeunes, dans les gradins comme à l’école. Donc, priorité à la jeunesse. »

Au-delà de l’actualité

Comprenez-vous les anti-corrida, leur combat ?

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Je peux comprendre qu’ils puissent être touchés par la sensibilité animale mais en aucun cas je comprends leur hypocrisie. Je comprends quelqu’un de totalement végan, qui va jusqu’au bout de ses idées. Mais la grande majorité des anti-corrida ne sont pas végan. Ceux qui mangent de la viande ne tuent pas les animaux, certes, mais le font faire aux autres, c’est ce que j’appelle de l’hypocrisie. N’oublions pas que le toro de combat sert à nourrir aussi.

Que diriez-vous à un jeune qui veut se lancer dans la tauromachie ? Le mettiez-vous en garde ?

Non, je ne le mettrai pas en garde. Mais je lui dirais de se lancer dans ce métier avec respect et sérieux. Car même si c’est le plus beau métier du monde, ça reste la profession la plus difficile. Cette passion implique aussi des sacrifices, de sa jeunesse, parfois de sa famille. Moi j’ai quitté ma famille à 17 ans, après ma Première, pour rejoindre l’école taurine de Espartinas, en Espagne. Je vous assure que quand un jeune entre dans ce monde, il découvre que c’est plus qu’un métier. C’est une façon de vivre et une passion qui l’accompagnera toute sa vie.

D’autres loisirs que la corrida ?

Je mentirais si je disais que j’aime le rugby ou que sais-je. Non, ma seule vraie passion, c’est la tauromachie.

Un de vos plaisirs préférés ?

“Faire la lune”, comme on dit dans notre jargon (rires). C’est-à-dire toréer des vaches, de manières clandestines, la nuit…

Votre péché mignon avouable ?

Le jamon de bellota (jambon ibérique de gland). Cher mais délicieux. 

https://www.midilibre.fr/2025/10/05/un-cafe-au-plaza-a-beziers-avec-tomas-cerqueira-directeur-de-lecole-taurine-de-beziers-de-la-piste-a-la-contre-piste-12972816.php

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