Bonne nouvelle pour le plus grand rapace d’Europe, rare et menacé : deux jeunes Gypaètes barbus ont pris leur envol

Il possède le statut de plus grand rapace d’Europe, le Gypaète barbu également appelé « casseur d’os » est présent dans les Pyrénées Catalanes. Quelques individus seulement mais les récentes naissances sont un espoir pour la biodiversité et une victoire pour la préservation de cette espèce menacée.

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Carnet rose dans les montagnes catalanes. Une publication des Réserves Naturelles Catalanes 66 révèle ce mois de septembre que plusieurs pontes de Gypaètes barbu ont eu lieu au cours de l’été. Une nouvelle qui réjouit les équipes du Parc Régional des Pyrénées Catalanes et les amoureux des rapaces. Et pour fédérer au-delà des connaisseurs, on vous explique pourquoi c’est une bonne nouvelle !

Le Gypaète barbu est le plus grand rapace d’Europe. Son envergure oscille entre 2,70 et 2,85 mètres, d’un bout de l’aile à l’autre. Son poids oscille entre 5 et 7 kg et il mesure entre 1,10 et 1,50 mètre du bout du bec au bout de la queue. Pour vous donner un ordre d’idée, c’est à peu près les dimensions d’une voiture sans permis.

D’une longévité en milieu naturel de 20 à 30 ans, le Gypaète barbu est facilement reconnaissable à l’âge adulte grâce à la couleur rouille orangé de son plumage ventral, le pourtour de son bec arbore quant à lui des plumes noires lui donnent l’air de porter une sorte de barbiche. Le reste de son plumage est blanc crème, parfois teinté de roux au niveau de son cou et de sa gorge.

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Ses épaules et ses ailes sont formées d’un plumage ardoisé. Chacune de ses plumes est ornée d’une raie blanche. Ses yeux sont colorés de trois cercles, un noir, un jaune, et un rouge, ce qui lui donne un air assez menaçant. Et pour parfaire le personnage, le Gypaète barbu est affublé d’un surnom peu rassurant de casseur d’os.

Le Gypaète barbu est le plus grand rapace d’Europe. • © ONDREJ PROSICKY / ISTOCKPHOTO

Son surnom lui vient du fait que le Gypaète se nourrit surtout d’os et de viande provenant de cadavres frais de mammifères et d’oiseaux, ne s’intéressant aux carcasses anciennes que lorsque la nourriture est rare. Au contraire des autres vautours, il peut soulever et transporter de la nourriture avec ses pattes.

Montagnard, le Gypaète barbu recherche les arêtes et les longs escarpements rocheux, mais aussi les vallées chaudes où les ascendances thermiques lui permettent de glisser rapidement et sans effort sur de longues distances. Il apprécie aussi les points d’eau ainsi que les grands rochers plats où il vient casser des os en les laissant tomber de haut.

L’espèce est solitaire, notamment lorsqu’elle chasse. Elle est monogame et les couples sont probablement fidèles à vie.

En 2025, les six couples de Gypaètes barbus présents dans les Pyrénées-Orientales ont donné lieu à cinq pontes. « Malheureusement« , s’émeut dans une publication le Parc Naturel Régional, « une ponte a échoué durant l’incubation et deux autres après l’éclosion, probablement », selon les experts « en raison des conditions météorologiques difficiles de ce printemps ».

Mais s’il y a des échecs il faut aussi se réjouir des réussites. Et c’est avec une satisfaction non dissimulée que les Réserves Naturelles Catalanes du 66 ont annoncé le 7 septembre dernier que deux jeunes gypaètes ont pris leur envol avec succès, l’un fin juin et l’autre fin juillet.

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Par ailleurs, la réserve a pu observer la présence de quelques jeunes individus erratiques en déplacement dans le département des Pyrénées-Orientales. 

Aucun nouveau couple n’a cependant été détecté pour l’instant. « La reproduction de cette espèce rare et emblématique des Pyrénées reste fragile. Chaque jeune qui prend son envol est une victoire pour la biodiversité et pour la préservation du patrimoine naturel de nos montagnes. » témoigne la réserve.

Le jeune gypaète barbu quitte le nid vers 4 mois, mais il reste dépendant de ses parents pendant plusieurs semaines pour apprendre à trouver de la nourriture et à voler efficacement. Durant ses deux premières années, il vit une phase d’errance juvénile : il explore de vastes territoires, développe ses compétences de survie, et n’atteindra la maturité sexuelle qu’après six à huit ans.

Le Gypaète bénéficie depuis déjà plusieurs années en France d’une surveillance rigoureuse. Dans le département des Pyrénées-Orientales, le suivi de ce grand rapace est mené conjointement par les Réserves Naturelles Catalanes, l’ONF, le GOR (Groupement ornithologique du Roussillon), CERCA Nature, le Syndicat mixte Canigó Grand Site, le Parc naturel régional des Pyrénées catalanes et l’Office Français de la Biodiversité.

Jeune Gypaète barbu • © AGUSTIN ORDUNA / ISTOCKPHOTO

Environ 80 couples de Gypaètes ont été observés sur l’ensemble du territoire français, une population relativement confidentielle pour une espèce menacée, aujourd’hui répertoriée sur la liste rouge des oiseaux à protéger rigoureusement. Depuis 2019, la Ligue Protectrice des Oiseaux constate « une augmentation lente des effectifs reproducteurs et des jeunes à l’envol « mais la LPO relativise et voit le côté positif avec une situation encourageante « très probablement issue des efforts de conservation menés par les différents acteurs pour la préservation de cette espèce. »

En France, le Gypaète barbu est présent dans les Pyrénées, en Corse. Il a été réintroduit avec succès dans les Alpes et récemment dans les Cévennes. Le Parc national a constitué, avec le Pays basque, la zone de sauvegarde du Gypaète barbu.

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