Le Visa pour l’image, festival international de photojournalisme, organisé à Perpignan (Pyrénées-Orientales) jusqu’au 14 septembre a dévoilé son palmarès. L’Irlandais Ivor Prickett du New York Times a remporté le Visa d’Or pour son travail sur la guerre au Soudan.
Le Visa d’or News, prix le plus prestigieux du festival de photojournalisme Visa pour l’image, a été décerné dans la soirée de ce samedi 6 septembre à Perpignan (Pyrénéees-Orientales) à Ivor Prickett du New York Times pour son travail sur la guerre au Soudan.
Ivor Prickett en pleine présentation de son exposition « End of the Caliphate » (la fin du Caliphat) pendant le festival de photojournalisme Visa pour l’image à Perpignan. • © RAYMOND ROIG / AFP
Récompensé pour son reportage sur la bataille de Khartoum qui a opposé l’armée soudanaise à la milice paramilitaire FSR (Forces de soutien rapide) entre 2023 et 2025 pour le contrôle de la capitale du pays, le photographe irlandais a fait part de « sa grande surprise », ajoutant que ce prix est « un grand honneur » pour lui. « Les récompenses sont toujours, surtout lorsqu’elles sont décernées par nos pairs et nos collègues, une confirmation supplémentaire que l’on fait le bon choix et que l’on est sur la bonne voie en tant que photographe », déclare le lauréat à notre équipe de France 3 Occitanie. Ivor Prickett s’estime chanceux d’avoir pu couvrir cette guerre, contrairement à d’autres photographes.
Un témoignage rare
Ses photos prises en 2024 et 2025 montrent le quotidien de la guerre civile, avec son lot de destructions matérielles et, surtout, de souffrance d’une population qui tente de survivre dans des conditions particulièrement difficiles, tout en restant « forte malgré ce qui se passe », détaillent nos confrères de l’AFP. « Il y avait des choses précises sur lesquelles nous voulions nous concentrer pendant notre séjour, mais des thèmes assez généraux. Nous savions que la malnutrition était un problème, qu’il y avait des famines dans de vastes régions du pays. C’était donc clairement un point sur lequel nous voulions mettre en lumière et en recueillir des preuves », explique le professsionnel qui a pu photographier les destructions qui avaient frappé la capitale Khartoum. « Cette année, pour ce travail en particulier, nous avons eu la chance exceptionnelle d’être présents lors de la reprise de la ville par l’armée. C’était un moment important, et c’était un pur hasard si nous étions là quand cela s’est produit. »
Vendredi soir, le Visa d’or Magazine avait été remis au photographe sud-africain de Getty Images, Brent Stirton, pour son reportage sur le Parc national des Virunga, le plus ancien et le plus grand d’Afrique, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Plusieurs groupes armés soutenus notamment par le Rwanda et l’Ouganda y sont présents et certains d’entre eux pillent les richesses de la RDC. France 3 occitanie vous avait présenté son travail en images, il y a quelques jours sur Instagram :
Le photographe a qualifié son travail sur ce parc de « modeste tentative de rendre hommage à ce lieu extraordinaire à l’occasion de son centième anniversaire ».
Parmi les autres prix, le Visa d’or de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik a été décerné à Alfredo Bosco pour son travail sur la lutte contre le trafic des drogues de synthèse en Irak, où la vente et la distribution sont en forte augmentation.
Le Visa d’or humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui récompense chaque année un photojournaliste professionnel ayant couvert une problématique humanitaire en lien avec un conflit armé, a été décerné à Saher Alghorra (Zuma Press) pour son travail dans la bande de Gaza.
Sur les clichés de ce photographe de 26 ans, toujours enfermé dans l’enclave palestinienne, on voit des fillettes vêtues de jolies robes sur le chemin de l’école, des enfants sur une balançoire, d’autres tout sourire devant un stand d’huile de vidange ou encore sur la plage tentant d’échapper à la guerre.
S’il montre la mort et la faim, le photojournaliste donne à voir la résilience de la population qui « continue ce semblant de réalité », selon Aruallan, une photographe en lien constant avec le Gazaoui.
Enfin, le Visa d’or d’honneur du Figaro Magazine, destiné à récompenser le travail d’un photographe confirmé et toujours en exercice pour l’ensemble de sa carrière professionnelle, a été décerné à George Steinmetz.
Cette année à Perpignan, avec ses images de mégafermes, de surpêche ou d’énormes élevages, le photographe américain a pris de la hauteur, en parapente motorisé ou avec un drone, pour faire toute « la transparence » sur l’alimentation mondiale et son « impact significatif sur l’environnement ».
Cette exposition et les 25 autres du festival, visibles gratuitement, restent ouvertes jusqu’au 14 septembre dans le cœur historique de Perpignan.
Ecrit avec Nicolas Esturgies et AFP
