Au début du mois d’août, 17.000 hectares ont brûlé dans le massif des Corbières (Aude), dans le plus gros incendie de l’été en France cette année. Des pompiers venus de toute l’Occitanie ont été mobilisés. Un mois après, ICI dresse le bilan des SDIS de la région.
Cet été 2025, l’Aude a connu le deuxième feu le plus important de ces 50 dernières années en France. Le mégafeu, parti de Ribaute le 5 août dernier, a parcouru 17.000 hectares dans le massif des Corbières et a traversé 15 communes, provoquant la mort d’une sexagénaire à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse. Il aura fallu plus de deux semaines aux quelque 2.000 sapeurs-pompiers mobilisés pour l’éteindre, officiellement le 28 août.
Un mois après cette « catastrophe d’une ampleur inédite« , selon les mots du Premier ministre, quel bilan peut-on faire des moyens alloués aux Services départementaux d’incendie et de secours dans la région Occitanie, alors que la saison des feux ne se limite plus à l’été ?
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Des budgets en hausse, jusqu’à +18%
Chaque département est doté d’un budget fixé selon le nombre d’habitants.
Dans l’Aude, qui a connu 124 feux de forêts cette année dont le plus dévastateur, le budget pour l’année 2025 est de 36 millions d’euros (20 millions apportés par le Département et 16 millions par les intercommunalités) : c’est trois millions de plus que l’année 2024, soit quasiment une augmentation de 18% du budget. Une convention a été signée avec le Département qui s’engage à augmenter le budget de 10 millions d’euros ces cinq prochaines années. Cela représente une hausse de 67% en cinq ans, selon l’adjoint des patrons des pompiers de l’Aude, le colonel Mickaël Sabot.
Dans le Gard, l’enveloppe du SDIS est la plus élevée : 151 millions d’euros en 2025, contre 148 millions en 2024. Plus de 650 hectares y ont brûlé cet été, dont 492 en massif forestier.
En Haute-Garonne, les moyens sont en hausse avec 130 millions d’euros. Le département a connu 185 feux de végétation cet été.
Pour l’Hérault, où 653 hectares ont brûlé, avec un départ de feu par jour entre le 16 juin et 25 août cette année, 143 millions d’euros sont alloués au SDIS, pour 1,2 million d’habitants (soit trois fois plus d’habitants que dans l’Aude). C’est un budget également en hausse.
Les Pyrénées-Orientales, l’un des départements les plus exposés aux feux de végétation en France, peuvent compter sur un budget de plus de 100 millions d’euros, censé augmenter de 5 millions chaque année jusqu’en 2030. Environ 80% des recettes sont financées par le Conseil Départemental et le bloc communal. En moyenne, les pompiers du SDIS des Pyrénées Orientales doivent faire face à plus de 1 .000 départs de feux de végétation par an, soit quatre départs par jour.
- Aude : 36 millions
- Gard : 151 millions
- Haute-Garonne : 130 millions
- Hérault : 143 millions
- Pyrénées-Orientales : 100 millions
Des moyens humains en plus
Dans la région Occitanie, comme ailleurs, les départs d’incendies significatifs sont désormais enregistrés dès le printemps et jusqu’à l’automne. Pour faire face, le maillage du territoire a été renforcé, partout.
L’Aude compte environ 2.300 pompiers dont un peu plus de 200 professionnel et le reste en volontaires. Malgré tout, la quantité de surfaces brûlées continue d’augmenter dans le département.
Le SDIS du Gard compte environ 3.000 pompiers : 708 professionnels et 2.200 volontaires.
Le service départemental d’incendie et de secours de la Haute-Garonne compte dans ses rangs 2.907 sapeurs-pompiers. Parmi eux, 70% sont des sapeurs-pompiers volontaires.
Dans l’Hérault, il y a 883 sapeurs-pompiers professionnels et 4.213 pompiers volontaires, répartis dans 74 casernes (une est en construction sur Montpellier).
Ces dix dernières années, le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales a embauché 100 pompiers. L’effectif actuel est d’environ 400 pompiers professionnels et 2.100 volontaires dans 41 casernes. Le Département envisage d’atteindre les 430 professionnels en 2031. Les trois quarts des pompiers sont formés aux feux de forêt et d’espace naturel.
- Aude : 2.300 pompiers
- Gard : 3.000
- Haute-Garonne : 2.907
- Hérault : 5.096
- Pyrénées Orientales : 2.500
Du matériel terrestre et aérien renforcé
Pour répondre à la stratégie nationale de détection précoce et d’attaque massive des feux naissants, déployée dans tous les départements du Sud, les SDIS peuvent compter sur des engins terrestres et aériens nombreux. L’Aude a par exemple également bénéficié d’engins supplémentaires avec le pacte capacitaire feux de forêts, lancés par l’état après le méga incendie de Landiras en Gironde en 2022.
En 2020, le Gard comptait 72 camions citerne de base feu de forêt. Aujourd’hui, il y en a 95. Dans les airs, les deux hélicoptères bombardiers d’eau ont procédé cet été à 492 largages, ont traité 167 départs de feu et ont volé 103 heures.
L’Hérault est l’unique département de France à disposer de sa propre cellule aérienne depuis plus de 30 ans, avec trois avions bombardiers d’eau de type Trush 810, basés à Béziers, qui embarquent 2.700 litres d’eau chacun. Ils arrivent en moins de 15 minutes sur un incendie. Environ 95% des incendies ont été inférieurs à cinq hectares cet été dans le département.
Aujourd’hui, les Pyrénées Orientales disposent de 62 camions spécialisés feux de forêt. L’objectif est d’en maintenir au moins 50 opérationnels en permanence pendant l’été.
La lutte contre les incendies de végétation représente 50% de l’activité feu en pays catalan et s’appuie de plus en plus sur des Groupes d’Intervention Feu de Forêt (GIFF) : chacun aligne quatre camion-citerne spécialisés (CCF) et un véhicule de commandement. À ce dispositif terrestre s’ajoute un renfort aérien : la coordination avec la base nationale de Nîmes-Garons permet de mobiliser deux hélicoptères bombardiers d’eau présents sur zone l’été, qui peuvent larguer jusqu’à 1.000 litres d’eau par passage, ainsi qu’un avion de surveillance HORUS.
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