Sans leurs meilleures armes, les Bleus ont fait de leur mieux. Sans surprise, c’était insuffisant. Sans frisson, ils quittent la Nouvelle-Zélande et clôturent, dans un certain anonymat, une saison 2024-2025 qui aurait mérité meilleur épilogue.
On hésite, au moment de dresser le bilan de cette tournée d’été qui n’aura fait date en rien, et dont on aura certainement tout oublié avant la fin de l’été. On se partage entre plusieurs sentiments pourtant opposés, et même ambivalents. Il y a un peu de fierté et autant de honte, pas plus. Une traîne de satisfactions et un soupçon de regrets. C’est assez neutre, ma foi. Et il n’y a rien de pire que d’être neutre, tiède, comme anesthésié. C’est une négation de la vie.
Ce rendez-vous galvaudé en Nouvelle-Zélande nous abandonne donc à cette mécanique froide et banale : sans leurs meilleures armes, les Bleus ont fait de leur mieux ; sans surprise, c’était insuffisant ; sans frisson, ils quittent la Nouvelle-Zélande et clôturent, dans un certain anonymat, une saison 2024-2025 qui aurait mérité meilleur épilogue.
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Tel un sac de frappe
Il y a donc un peu de fierté, admettons-le. Celle d’avoir vu ces joueurs, des gamins pour certains ou, tout au moins, des sans-grade à l’international, livrer un combat épatant et laisser, sur la pelouse d’Hamilton et avant, un peu de leur intégrité physique au nom de la grande cause nationale. C’était beau à voir, poignant d’abnégation jusqu’au sacrifice des corps, et en ce point tout à fait respectable. Au moment de refermer le livre de cette tournée, il n’y a finalement rien à reprocher à ces garçons, si ce n’est leur inexpérience pour certains, leurs limites pour d’autres. Mais rien qui ne touche à l’engagement pour leur maillot.
Il y a la honte, aussi, de se dire qu’une équipe de France qui ne lâche rien, qui s’envoie sur chaque ruck, qui plaque comme une meute d’enragés et comme si l’avenir de la patrie en dépendait, ne peut faire mieux que le sac de frappe. Il y eut ce sentiment, samedi, plus encore en deuxième mi-temps. La France a encaissé les coups et repoussé l’échéance. Elle l’a fait avec une force admirable. Mais l’échéance, elle, n’a jamais supporté aucun doute. Ce qui dénature franchement l’idée qu’on se fait d’une rencontre sportive et de l’incertitude qu’elle devrait comporter. Ce qui fait aussi mal au cœur : remaniée ou pas, rebaptisée équipe « bis » ou « ter », cela reste l’équipe de France. La voir à tel point inoffensive ne procure rien de bon.
La mascarade de trop
De cette tournée, il restera donc cette réalité dégradée, et cette idée que la France est la seule nation du concert internationale à saborder des rencontres au sommet. C’est déplorable, alors, on le déplore.
Cette situation, on l’a dit, le XV de France la subit plus qu’il ne l’épouse. Fabien Galthié, qui s’épargne une polémique inutile avec les clubs, le glisse de façon plus diplomatique, quand il dit qu’il s’adapte à son écosystème. Galthié ne dit jamais le regretter, mais son embarras est légitime. Et nous, on affirme le regretter à sa place.
Il y avait pourtant tout, en cet été 2025, pour vivre un grand moment de rugby, une tournée de légende, de celles qui se racontent aux enfants et aux petits enfants. Au lieu de quoi, on se contentera d’une analyse fade, sans émotion, sans rien qui fasse vibrer. Faute de mieux, la frustration est finalement le seul sentiment éclatant qu’il restera de cette tournée en Nouvelle-Zélande. Alors, on arrête quand, cette mascarade ?
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