Le feu qui s’est déclaré aux portes de Narbonne dans l’Aude lundi 7 juillet 2025, a parcouru plus de 2000 hectares, et entraîné la fermeture de l’autoroute. Il a touché 6 maisons et menacé plusieurs quartiers. Des habitants évacués ont passé la nuit dans un gymnase.
« Au moment où j’allais partir un voisin m’a dit : « tes cyprès sont en train de brûler. » Jean-Pierre Grotti, habitant de Prat-de-Cest près de Narbonne n’a pas eu le temps de finir sa partie de pétanque. En début d’après-midi lundi 7 juillet, il a filé chez lui après avoir vu le panache de fumée s’approchant dangereusement de son quartier où les flammes menaçaient sa maison aux portes de Narbonne.
Quand je suis arrivé, il y avait les pompiers et une maison en train de brûler dans le village, On m’a demandé de partir mais j’ai sauvé ma maison. C’est toute une vie.
Jean-Pierre Grotti, habitant de Prat-de-CetsFrance 3 Occitanie
J’ai 76 ans. Cette maison, 40 ans de ma vie. Il y a toute notre vie à l’intérieur. Ce n’était pas possible de laisser ces « P… » de cyprès brûler contre ma maison », ajoute le septuagénaire, interrogé par notre équipe de reporters Eric Henry et Cholé Fabre sur place.
Sur place, il réussit à éteindre le feu avec son tuyau d’arrosage. Plus tard dans la soirée, l’incendie attisé par des vents violents a continué à menacer les habitations. Après l’arrêt des largages à la tombée de la nuit, les pompiers ont sécurisé les quartiers menacés par les flammes.
J’ai mis ma famille à l’abri et je suis resté jusqu’au dernier moment pour voir si je pouvais sauver quelque chose. On est cernés.
Salim, habitant du quartier Réveillon
« C’est critique Je ne vais pas dormir. Je vais essayer d’en sauver un maximum et quand je ne pourrai plus je partirai. Si on me dit d’évacuer, je partirai, je n’ai pas le choix », expliquait dans la nuit Salim Haddou habitant du quartier Réveillon, sévèrement menacé par les flammes.
Après avoir accompagné sa femme et ses enfants chez des membres de leur famille à Narbonne, il est retourné chez lui à deux heures ce matin pour surveiller sa maison.
Les pompiers ont fait le tour des maisons dans les lotissments menacés par les flammes près de Narbonne. • © C.Fabre/FTV
S’il est resté toute la nuit, ses voisins ont laissé un mot sur la façade de leur maison indiquant qu’ils étaient partis pour éviter aux pompiers une reconnaissance inutile. Comme Ebru.« On part car on a peur », témoigne la jeune femme en train de quitter les lieux à bord de sa petite citadine pour se réfugier à Saint-Jean Saint-Pierre chez sa grand-mère avec sa sœur et ses parents.
On part car on a peur.
Ebru, habitante d’un quartier de Narbonne menacé par le feu
Ceux qui n’ont pas pu rentrer chez eux ont passé la nuit dans un gymnase comme Sandrine Raimbaud, habitant à Roches-grises. Le feu était aux portes de son quartier.
« De retour de Béziers, en arrivant chez moi après avoir passé tous les barrages j’étais très stressée car j’ai vu les flammes vraiment tout près, et j’ai dit à ma fille « on part tout de suite ». Tandis que son compagnon et un voisin restent sur place pour protéger leurs maisons à l’aide de leurs tuyaux d’arrosage, elle prend sa fille et ses deux chiens pour aller se réfugier dans le gymnase ouvert pour les sinistrés.
J’ai pu rentrer chez moi mais j’en suis partie au bout de cinq minutes car je voyais les flammes pas loin.
Sandrine Raimbaud, habitante de Roches-grises à Narbonne
« Je me sens égoïstement en sécurité ici. J’ai pu rentrer chez moi mais j’en suis partie au bout de cinq minutes car je voyais les flammes pas loin. Je me suis dit : « le plus sage, le plus sécurisant, c’est de partir », ajoute-t-elle.
Mardi 8 juillet les autorités maintenaient jusqu’à nouvel ordre, les mesures de confinement sur plusieurs quartiers du sud de Narbonne, au hameau Prat-de-Cest, et à Peyriac-de-Mer.
Écrit avec Eric Henry et Chloé Fabre
