La canicule qui frappe la France accentue le risque de feux de forêt. L’Hérault est l’un des départements où la situation est la plus préoccupante. Éric Flores, patron du SDIS 34, était ce mercredi l’invité de ICI Hérault.
Le risque feu de forêt est élevé dans 18 départements, dont l’Hérault. Quels sont les critères pour passer en risque élevé ? Quelles sont les zones concernées ? Les conseils de bon sens à rappeler ? Le contrôleur général Éric Flores, patron du SDIS 34, nous répond.
« Malgré les pluies que l’on a eues au printemps, ça fait un mois qu’il n’a pas plu donc on a toute la végétation basse qui est montée avec la pluie du printemps qui s’est très vite desséchée. Et là, on a vraiment des gros départs (de feu) sur cette végétation basse et sèche qui se transmettent aux forêts. Le risque vient de là et cette canicule continue à dessécher, à déshydrater toute cette végétation », explique Éric Flores.
Et si le vent se lève dans les prochains jours, le risque sera d’autant plus accru. « On a plusieurs critères, acquiesce le patron des pompiers du département. Il y a le niveau de la chaleur : dès lors qu’on dépasse les 30 degrés, la végétation se déshydrate. On a le niveau d’hygrométrie : lorsqu’on diminue de 30% d’humidité, c’est un sujet. Et lorsqu’on dépasse les 30 km/h de vent. C’est ce qu’on appelle la règle des 3-30. Lorsqu’on touche cette règle des 3-30, le risque feu de forêt devient très important. »
Ce mercredi, l’accès aux massifs du Minervois et du Saint-Chignanais, à l’ouest du département, est déconseillé. « Le département est divisé en sept massifs, en sept zones, détaille Éric Flores. Chaque jour, on a une carte de danger qui nous arrive du ministère de l’Intérieur avec l’ONF, avec Météo France et on fait cette analyse de danger qui à la fois permet de déterminer si on doit fermer des massifs, si on doit déconseiller des massifs, mais également quelle va être la réponse des sapeurs-pompiers pour faire face à ce risque. C’est-à-dire que tous les soirs, nous organisons la réponse du lendemain. »
Le contrôleur général Flores rappelle que 95% des départs de feu sont liés à l’activité humaine. « La prévention pour nous est indispensable, explique-t-il. Tout le monde ne sait pas qu’en passant sa voiture sur des herbes hautes, ça peut mettre le feu. Il y a encore beaucoup de gens qui pensent qu’un mégot est éteint alors qu’on sait très bien que ça se rallume très rapidement… Et après, il faut aussi la sanction », insiste-t-il, faisant notamment référence à cet homme qui rentrait d’un marché avec un barbecue contenant des braises sur une remorque et qui a allumé sept feux qui ont brûlé 400 hectares dans l’Aude. Il a été mis en examen pour incendie involontaire mardi. « Pour moi, le comportement de cette personne avec son barbecue, c’est incompréhensible et c’est inconscient », s’emporte Éric Flores.
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