Au cours de la rencontre entre Bordelais et Toulonnais (39-24 pour l’UBB), le troisième ligne Esteban Abadie a fait preuve d’un joli geste de fair-play à la 21ème minute. Un moment salué tant par l’arbitre Ludovic Cayre que par son adversaire Maxime Lamothe.
Dans l’obscurité qu’incombe une défaite à une marche de la finale, retenons la lumière d’un superbe geste, d’un moment magnifique dans le brouhaha du Groupama. Un instant passé peut-être inaperçu car bref mais illustrant aussi ce fameux adage poussiéreux et parfois désuet des « gentlemen qui jouent au rugby ». Alors que son équipe est menée (8-3) dans un match à la tension tout bonnement gigantesque, Esteban Abadie a conservé et mis en pratique la classe qui le caractérise, une cerise sur le gâteau d’une saison exceptionnelle pour le troisième ligne aile aérien du RCT.
Sur le renvoi de Melvyn Jaminet après l’essai de Depoortere, Romain Buros s’empare du ballon dans ses 22 mètres et le dégage aussitôt en touche. Alors que les équipes se replacent et que les « gros » s’en vont construire un alignement, l’arbitre accorde donc un lancer toulonnais sur la ligne médiane. Mais, comme on peut l’entendre au micro posé sur l’arbitre par Canal +, Esteban Abadie reconnaît avoir impacté la trajectoire. « Je l’ai touché », explique-t-il à Ludovic Cayre qui n’entend pas dans un premier temps. « Je l’ai touché ! » répète « Esté ».
Le pouce levé de Maxime Lamothe
Immédiatement, le directeur de jeu prévient les Bordelais pour le changement de lanceur et salue évidemment le geste de l’ancien briviste. « Merci 6 (il portait en réalité le numéro 7), bel esprit » sourit Cayre, en lui accordant une tape amicale de remerciement pour son fair-play sur le torse. Le talonneur bordelais Maxime Lamothe, auteur d’un triplé, lève le pouce vers son adversaire pour lui dire merci dans toute la concentration qu’implique un tel lancer à ce moment-là. Une action dans sa globalité qui peut paraître anecdotique mais qui, lorsqu’on connaît les enjeux, la pression, l’intensité d’une telle rencontre, est d’une grande beauté. Si le RCT s’est incliné (39-24) samedi soir, il a perdu les armes à la main et le cœur dessus.
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