Deux nouvelles raies « Diable des mers » ont été secourues, mardi 11 juin 2025, sur les plages de l’Hérault. Ces animaux marins, classés « en danger », se sont approchés de la côte de manière inhabituelle. Depuis quelques jours, plusieurs de ces animaux ont été aperçus sur le littoral. Des observations qui fascinent autant les promeneurs que les spécialistes.
C’est un ballet aussi rare que fascinant qui se joue ces derniers jours sur les plages de l’Hérault. Deux nouvelles raies « Diable des mers », de leur nom scientifique « Mobula Mobular », ont été raccompagnées au large, ce mardi 11 juin, par les plongeurs et sauveteurs aquatiques des sapeurs-pompiers, alors qu’elles menaçaient de s’échouer à Mèze et près de la plage du Castellas, entre Sète et Marseillan.
« Les plongeurs et sauveteurs aquatiques des sapeurs-pompiers de l’Hérault sont à nouveau intervenus cet après-midi sur Mèze et au niveau de la plage du Castellas entre Sète et Marseillan pour de nouvelles raies Modula Modular échouées. Elles ont été raccompagnées au large », indique le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis 34) dans un communiqué accompagné d’une vidéo de l’opération, diffusée sur les réseaux sociaux.
Les pompiers de l’Hérault ont à nouveau sauvé deux raies Mobula Mobular, aussi appelées « Diables des mers ». • ©Pompiers de l’Hérault.
Ces images impressionnantes viennent s’ajouter à une série d’observations inédites depuis quelques jours sur le littoral héraultais. Samedi matin déjà, deux raies avaient été secourues sur la plage de Vias, près de Béziers. Il s’agissait selon les pompiers « d’une mère et de son petit ». L’intervention, entamée en fin de journée vendredi 6 juin, s’était poursuivie jusque tard dans la nuit. La plus grande des deux raies mesurait deux mètres d’envergure, la plus petite environ un mètre.
La multiplication de ces apparitions interroge, même les spécialistes. Jean-Marc Groul, directeur du Seaquarium du Grau-du-Roi, reste prudent : « ce n’est pas fréquent et c’est même très rare d’observer ces animaux aussi près des côtes. Elles n’ont rien à faire dans le canal de Sète, ce sont plutôt des animaux que l’on trouve au large. Des animaux pélagiques, ce qui signifie de pleine eau. C’est très rare d’en observer autant, et pour nous, c’est un bonheur. »
La Mobula Mobular est une raie pélagique vivant en haute mer, notamment en Méditerranée. Classée « en danger » depuis 2019 sur la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), cette cousine de la raie manta se rapproche rarement des côtes. Son apparition répétée dans le golfe du Lion intrigue donc les scientifiques.
“Ça peut être dû à l’abondance de plancton, soit parce que c’est l’époque de la reproduction et qu’elles se rapprochent des côtes. Et ça peut aussi être un phénomène d’eau chaude, à cause d’un flux de sud, sud-est qui peut rapprocher ces animaux”, avance Jean-Marc Groul. “Il y a des conditions sans doute réunies : l’abondance de plancton, la période de reproduction et donc le phénomène météo avec une eau plus chaude.”
Si le phénomène reste rare, il devient plus visible grâce à la vigilance du public. « Il y a aussi le phénomène que de plus en plus de gens filment, et qu’ils mettent des vidéos sur les réseaux sociaux, beaucoup de gens documentent », souligne encore le directeur du Seaquarium. Ces derniers jours, plusieurs vidéos de raies Mobula approchant les rivages ont circulé en ligne, notamment à Palavas, Sète et Marseillan.
En cas d’échouage, les animaux morts sont systématiquement autopsiés. “On cherche toujours s’il y a un virus. Pas d’inquiétude en ce moment, on n’a pas vraiment la réponse de pourquoi il y en a autant qui sont observées.”
Pour l’heure, les raies observées dans l’Hérault ont toutes été raccompagnées avec succès vers le large. L’an dernier, un « Diable des mers » s’était échoué au Grau du Roi. L’autopsie avait révélé que l’animal était mort de vieillesse.
