Petit-fils de Jean-Luc Meiser, arrière-petit-fils de Raoul Barrière, Esteban Gonzales-Meiser a fait ses débuts en Top 14 cette saison. De retour de blessure, il a repris avec les espoirs depuis la mi-mars et attend son heure.
« J’aime les valeurs du rugby, sa mentalité, sa cohésion, et l’esprit d’équipe qui est très fort », sourit Esteban Gonzalez Meiser. Le jeune homme est l’arrière-petit-fils de Raoul Barrière, qui a donné son nom au stade de l’ASBH, et le petit-fils de Jean-Luc Meiser, illustre troisième ligne aile du « Grand Béziers » à la fin des années 70.
À 19 ans, le Biterrois a fait ses débuts en Top 14 et en challenge européen cette saison. Il évolue au Lyon OU, qu’il a rejoint il y a trois ans. « J’ai joué un peu au foot, mais toute ma famille fait du rugby donc en voyant les photos de mon grand-père, j’ai voulu en faire aussi, indique le demi de mêlée. J’ai commencé à l’ASBH à l’âge six ans, et je suis parti à Lyon lors de ma deuxième année Crabos (l’année de ses 15 ans NDLR). Lyon était une ville très intéressante pour mon double projet, sport et étude. »
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« Un garçon très respectueux, à l’écoute »
En plus de ses capacités rugbystiques au-dessus de la moyenne, Esteban suit des études supérieures à l’école de management de Grenoble. Un cursus à distance, modulable pour les sportifs de haut niveau, dans le but de devenir agent de joueurs. Un esprit sain dans un corps saint. « C’est un garçon très respectueux, à l’écoute, un vrai passionné de rugby, affirme Jean-Henri Tubert, manager des Crabos du LOU et directeur sportif de la préformation. Je l’ai repéré lors d’un stage, et j’ai tout de suite vu que c’était un accélérateur de jeu, avec une grande vitesse. C’est en plus un super buteur. Je l’ai contacté dans la foulée et il a signé à Lyon. »
Pas très grand, assez léger, c’est d’ailleurs comme cela qu’il se définit lui-même : « Je suis un demi de mêlée qui aime bien dynamiser au bord des rucks, assez bon au pied, que cela soit pour buter ou dans le jeu, et j’aime bien défendre, » avance-t-il. Il est tout de même lucide sur ses différents axes de progression. « Je dois apprendre à mieux communiquer, poursuit-il. Pas pendant les matchs, où je me lâche, mais plus avant. Je continue aussi de bosser sur ma passe et mon jeu au pied, ce sont des fondamentaux qu’il faut toujours travailler. »
Malgré son bref passage, il a également laissé un bon souvenir dans son club d’origine. « C’est un joueur très fin techniquement, qui bute bien, affirme Christophe Chollet, directeur de l’association ASBH. Je ne l’ai pas entraîné mais la saison dernière, lorsque nos espoirs perdent en demi-finale contre Lyon, il évoluait malheureusement sous les couleurs lyonnaises et avait été très bon. Il est parti un peu tôt mais, qui sait, il retrouvera peut-être les couleurs rouge-et-bleu. »
« Il faut que je fasse mon trou »
Une lucidité qu’il entretient au contact de son grand-père, qui ne rate pas un seul de ses matchs, et avec qui il a une relation privilégiée. « Je suis très très proche de lui, il compte beaucoup pour moi, confie Esteban Gonzales. Il m’inspire beaucoup, mon rêve était d’ailleurs de jouer troisième ligne aile, comme lui, mais cela ne matchait pas avec mon gabarit (rires). Il est de bons conseils, on débriefe les matchs ensemble : s’il me dit que je n’ai pas bien joué, c’est que j’ai été vraiment mauvais, quand il dit « ça va », c’est que j’ai fait un bon match. »
Champion de France Espoir accession la saison dernière, le jeune Biterrois est sous contrat avec le Lou jusqu’en 2027. Et, maintenant qu’il a goûté au haut niveau, il ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. « Il y a des grands noms à mon poste donc je sais qu’il faut que je fasse mon trou, admet-il. Je m’entends très bien avec Baptiste Couilloud (le titulaire à son poste, NDLR) qui est mon parrain cette saison, la concurrence est plutôt saine. J’aimerais bien enchaîner le plus de matchs possibles et monter les échelons, cela serait pas mal. »
Et, même s’il se plaît beaucoup à Lyon, le Biterrois d’origine n’oublie pas d’où il vient : « J’ai un lien fort avec l’ASBH. C’est mon club, là où j’ai grandi, même si j’ai eu envie d’aller voir ailleurs. Je regarde souvent leurs matchs, plusieurs copains avec qui j’ai joué sont aujourd’hui dans le groupe pro, comme Antoine Payrastre, Théo Vassallo ou Thomas Canaleta. » Le jeune demi de mêlée évolue d’ailleurs avec un casque rouge et bleu, les couleurs de l’ASBH.
Une blessure qui tombe mal
Travailleur, sur les terrains comme en dehors, le jeune homme a vu sa patience mise à l’épreuve ces dernières semaines… Lancé dans le grand bain avec les professionnels en début de saison, il a subi une blessure qui l’a tenu éloigné des terrains durant de longs mois. « J’ai eu une double fracture de la mandibule, explique-t-il. Cela m’est arrivé à l’entraînement, sur un duel aérien où je suis retombé sur le genou d’un coéquipier. Les premières semaines ont été difficiles, je devais mixer tout ce que je mangeais. J’ai repris la course et le rugby sans contact pendant un moment puis j’ai repris la compétition le 22 mars, avec les Espoirs. » Un imprévu qui l’a privé de Tournoi des VI Nations U20, alors qu’il faisait partie de la liste des 42 présélectionnés.
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