« Totale improvisation », « mépris des règles » : après la lecture du rapport accablant du ministère des Sports, la famille de Medhi Narjissi atterrée

Ce lundi 28 avril, les parents de Medhi Narjissi, était reçu au ministère des Sports pour consulter le rapport de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche. Les parents du jeune joueur, disparu en mer lors d’une séance de préparation le 7 août dernier, au large de l’Afrique du Sud attendent désormais des poursuites judiciaires.

Société

De la vie quotidienne aux grands enjeux, découvrez les sujets qui font la société locale, comme la justice, l’éducation, la santé et la famille.

France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter « Société ». Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

« Un travail extraordinaire ». Ces mots sont ceux de Jalil Narjissi, le père de Medhi Narjissi, jeune international de 17 ans, emporté par les flots le 7 août 2024, à Dias Beach, en Afrique du Sud. Ce lundi 28 avril, les parents du jeune homme étaient reçus par la ministre de sports, Marie Barsacq pour consulter le rapport de l’IGESR (inspection générale de l’éducation du sport et de la recherche), menée à l’automne dernier. « Le rapport est accablant à plusieurs égards », martèle Me Edouard Martial, l’avocat de la famille.

À l’issue de la rencontre et à la lecture du document, les parents de Medhi Narjissi ont rappelé leur volonté de poursuites judiciaires. « Nous espérons que la justice fera le nécessaire. Au-dessus des encadrants sur place, des erreurs ont été commises », indique à l’AFP, l’ancien talonneur.

Une enquête avait été ouverte le 16 octobre par le parquet d’Agen. Elle a conduit, le 15 avril dernier à une première garde à vue, celle de Stéphane Cambos, l’ex-manager des U18, en charge de ce voyage en Afrique du Sud. Ce dernier en est ressorti libre.

Stéphane Cambos a été placé en garde à vue le 15 avril avant de ressortir libre • © Thierry Breton / MAXPPP

Au sein de ce rapport de 121 pages mené par trois inspecteurs, que Le Parisien a pu consulter, de nombreuses défaillances sont pointées du doigt. D’abord, la préparation de cette tournée est jugée “défaillante” par les inspecteurs qui listent des convocations tardives, des départs réorganisés et échelonnés dus à la non-confirmation de billets d’avion, des licences invalides ou encore une transmission des informations médicales incomplète. « Les enfants ont été accueillis dans un endroit catastrophique sans chauffage, des sanitaires à l »extérieur et des douches comunes », ajoute Me Edouard Martial.

Surtout, un individu a pris la responsabilité seul et entièrement d’organiser cette récupération dans l’océan à un endroit réputé dangereux. Et un manager a été incapable d’imposer son autorité.

Me Edouard Martial

Avocat de la famille Narjissi

Au-delà de ce contexte, c’est cette journée du 7 août 2024 qui a été particulièrement scrutée par les enquêteurs. Leur rapport vise notamment deux hommes, Robin Ladauge, préparateur physique des U18 depuis 2019 et Stéphane Cambos, le manager de l’époque des U18.

PLUS INFO  Portrait - Christophe Urios, homme de poigne et de paradoxes

À l’initiative de cette baignade sur la plage de Dias Beach, pourtant réputée dangereuse, Robin Ladauge “porte la responsabilité principale”, relève le rapport. Il a été entendu, en audition libre, le 14 janvier dernier, à Nanterre. Lors de cette séance de récupération, le préparateur a en effet décidé d’organiser des exercices dans l’eau, en dépit des forts courants que présentait la zone et de la température basse de l’océan. “Il ne connaissait pas la dangerosité de la plage, il n’avait jamais vu les panneaux”, relate le rapport après l’audition de ce dernier.

Le préparateur physique aurait ainsi mal évalué la dangerosité du secteur, évoquant le faible nombre de rochers ou une eau “pas très haute”. Pourtant, le rapport relève que l’homme se rendait pour la sixième fois en Afrique du Sud et avait consulté la météo la veille de la séance.

Medhi Narjissi a disparu sur cette plage de Dias Beach, en Afrique du Sud réputée dangereuse. • © France Télévisions

Outre la dangerosité du secteur, le rapport dénonce également l’absence de vérification de la part du préparateur. “L’encadrement ne s’est même pas préoccupé de savoir si les enfants avaient des connaissance en natation qui leur permettait d’affronter l’océan », souligne Me Edouard Martial. En dépit du contexte de vagues puissantes, de courants latéraux forts et d’eau très froide, Robin Ladauge ne “renonce pas à l’organisation de la séance”. Sur la plage, le staff est d’ailleurs limité : seuls trois encadrants sont présents. Le médecin est absent.

Le rapport point également la responsabilité de Stéphane Cambos, âgé de 53 ans aux moments des faits. S’il reconnaît une nomination récente au poste de manager, seulement quelques semaines avant la tournée, et l’absence de décision de ce dernier dans le programme du séjour, le rapport dénonce “une absence d’opposition ferme” sur cette dramatique séance de récupération.

PLUS INFO  "Une comète aussi visible, ça n'arrive que 3 ou 4 fois par décennie", la comète Nishimura de retour dans le ciel cette semaine

Si cette dernière a en effet été organisée et initiée par le préparateur physique, Stéphane Cambos pouvait, en tant que supérieur hiérarchique, s’y opposer. “Il n’a donc pas su empêcher l’organisation de la récupération en ce lieu par un refus ferme, suffisamment explicite et autoritaire. Le manager n’a pas anticipé la situation”, détaille le rapport.

Les parents de Medhi Narjissi se sont rendus sur les lieux pour comprendre comment leur fils a pu disparaître en mer lors d’une séance de récupération. • © France 3 Aquitaine

Une situation reconnue par Stéphane Cambos qui aurait confié aux enquêteurs qu’il n’a pas “fait preuve d’une vigilance et surveillance particulière de son collègue (…) Il a considéré que le niveau de son collègue méritait d’avoir confiance en son comportement et sa loyauté”.

Les enfants ont été conduits sur cette plage dans la plus totale improvisation et dans le mépris le plus total des règles de sécurité.

Me Edouard Martial

Avocat de la famille Narjissi

Si des oppositions, physiques comme un coup d’épaule ou verbales ont pu être émises, le rapport note qu’aucun des cinq autres membres du staff présents n’a permis d’empêcher la séance. Une confusion de nouveau relevée lors du drame. Alors que le jeune Medhi Narjissi est emporté par les flots, “une panique généralisée” s’installe, notent les inspecteurs en se basant sur les “narrations de la scène” qui témoignent d’une “absence de mise en œuvre d’un protocole d’urgence”.

Enfin, le rapport élargit aussi la responsabilité à la Fédération Française de Rugby. Il dénonce ainsi “un climat interne perturbé à la fois par ses difficultés financières structurelles et par le contexte d’une campagne électorale particulièrement tendue”. En détail, la fédération est accusée de ne pas avoir été “à la hauteur du traumatisme vécu” par les joueurs et leurs familles notamment lors du rapatriement des jeunes et leur accompagnement. “Cette déficience est durement ressentie et jugée par les intéressés. Le père d’un joueur estime ainsi que la fédération a été complètement dépassée par l’événement”, rapporte les inspecteurs.

PLUS INFO  Corrida du 14 août

Par ailleurs, la famille de Medhi Narjissi pointe également l’absence d’un délégué de la FFR, haboituellement prévu. « Pour des raison d’économie, la fédération a supprimé ce poste de chef de délégation ce qui a provoqué cette situation d’imprécision dans les règles, et de violation de certaines », note Me Edouard Martial.

Les parents Narjissi sont effarés de voir qu’un président a pu ainsi se désintéresser de l’organisation d’une tournée concernant des mineurs dans un pays lointain.

Me Edouard Martial

Avocat de la famille Narjissi

Autre volet : celui du rapport interne de la fédération, rendu le 12 septembre. Basé sur l’enquête d’une seule personne au lieu de deux comme la pratique le préconise, au sein de la direction technique nationale elle-même impliquée dans l’organisation du séjour, le document a finalement été rédigé par le secrétaire général de la FFR ainsi que le directeur général adjoint avant d’être adopté au bureau fédéral.

Endeuillée, la famille de Medhi Narjissi attend désormais une réponse de la justice. • © France 3 Aquitaine

Si les travaux de l’enquêteur nommé par la FFR ne permettent pas d’identifier clairement les responsabilités et avancent la thèse de l’accident, le rapport charge finalement Robin Ladauge et Stéphane Cambos. Le président de la FFR, Florian Grill aurait lui assuré aux enquêteurs son “impossibilité d’exercer son autorité sur la DTN et ses cadres d’État”. Impensable pour la famille Narjissi et leur conseil. « La responsabilité du président de la fédération, en tant que dirigeant de la personne morale FFR est directement engagée dans la manière dont cette tournée a été mise en place, avance Me Edouard Martial. Il ne peut pas s’abriter devant cette responsablitié au regard de sinsuffsances carctérisées ».

Après ce drame, les conseillers techniques sportifs des U18, mis en cause dans le rapport d’enquête interne de la FFR, ont « été suspendus à titre conservatoire » par le ministère à la demande de la fédération. Les parents, eux, espère que le juge d’instruction en charge de l’enquête poursuivra sa recherche de délit en matière pénale. Ils espèrent que des mises en examen, pour homicide volontaire seront décidées.

Source

S'inscrire

spot_imgspot_img

A découvrir aussi
Toute l'info à Béziers

Agroalimentaire en Occitanie : emploi et formation en 2026

L’agroalimentaire occupe une place essentielle dans l’économie Occitane

À l’occasion de la Semaine nationale de l’emploi agroalimentaire (2 au 6 novembre 2026), le Carif-Oref Occitanie actualise, en partenariat avec l’AREA Occitanie, son infographie sur l’emploi et la formation dans l’agroalimentaire en Occitanie.

Avec 9 400 établissements et 48 700 actifs, l’industrie agroalimentaire occupe une place essentielle dans l’économie régionale. Présent sur tout le territoire, le secteur se distingue par la diversité de ses activités et de ses métiers.

La production (33 %) et les métiers transverses (26 %) regroupent la majorité des actifs, devant le commerce (16 %) et la logistique (15 %). La maintenance (4 %), le contrôle, analyse, qualité (3 %), la R&D (2 %) et les achats (1 %) complètent la répartition par famille de métiers.

La région dispose également d’une offre de formation riche et diversifiée, couvrant la production, la maintenance, le commerce, la logistique ou encore la recherche et développement. On dénombre 32 700 inscrits en formation initiale et 17 000 apprentis.

Face à des besoins en main-d’œuvre toujours soutenus, ces formations constituent un levier majeur pour accompagner le dynamisme et l’attractivité du secteur.

Consultez l’infographie 2026 sur l’emploi et la formation dans l’agroalimentaire en Occitanie


Quad volé, véhicule et matériel vandalisés, cagnotte en ligne : ce que l’on sait du cambriolage de l’association Project Rescue Ocean

Le siège de l'ONG Project Rescue Ocean à Béziers (Hérault), a été cambriolé il y a quelques jours. Les voleurs sont repartis avec un quad et du matériel, après avoir vandalisé un véhicule utilitaire. L'association a déposé plainte. Une cagnotte est en ligne pour remplacer les équipements dérobés.

Deux lycéens de 15 ans et une infirmière scolaire du lycée Jean Monnet placés en garde à vue à Montpellier

Deux lycéens et une infirmière scolaire interpellés par les forces de l'ordre au lycée Jean Monnet à Montpellier ce lundi matin. Cette femme de 53 ans a été placée en garde à vue ainsi que les élèves âgés de 15 ans.

XV de France – Les Toulousains Anthony Jelonch et Joshua Brennan forfaits : deux néophytes les remplacent dans le groupe des 42 pour préparer...

Touché face à Pau dimanche soir, Anthony Jelonch ne pourra pas rejoindre Marcoussis ce lundi, tout comme son coéquipier Joshua Brennan. Les deux Toulousains sont contraints de déclarer forfait pour le rassemblement du...