Entre manifestation et contre-manifestation, ce mardi 22 avril, la marche des Sahraouis a provoqué des remous dans la cité de Riquet.
Ils sont partis d’Ivry, en région parisienne, le 30 mars denier et espèrent arriver à Kenitra, au Maroc. La « marche pour la liberté » des Sahraouis est passée par Béziers, ce mardi 22 avril. Entre conférence, projection et happening, cette journée de sensibilisation à la cause du Sahara Occidental a été aussi l’occasion, pour les organisateurs – plusieurs ONG et des représentants politiques (PCF) – de dénoncer l’emprisonnement jugé « politique » de militants luttant pour l’indépendance de ce territoire contrôlé à 80 % par le royaume chérifien.
Claude Mangin Asfari, originaire d’Indre et dont le mari Naâma est enfermé depuis 15 ans dans les geôles marocaines, est à l’origine de cette opération de communication qui mobilise, outre les deux autres Françaises qui l’accompagnent, deux journalistes sahraouis. « Nous demandons l’application du droit international, la libération des prisonniers politiques ainsi que la possibilité d’un droit de visite », assène celle qui n’a pu voir son mari qu’une seule fois en 9 ans, après une longue grève de la faim.
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« Ne pas importer le conflit en France »
Devant la sous-préfecture, la communauté marocaine s’est également mobilisée dans le cadre d’une contre-manifestation. « Nous sommes là pour réfuter les mensonges du front Polisario et dénoncer l’importation de ce conflit en France », explique Abderrahmane Hamzaoui, membre de la Fédération des marocains de Béziers qui organisait l’événement. Drapeaux marocains, français et portrait du roi Mohammed IV en main, ils étaient environ 80 à manifester leur attachement à la « marocanité du Sahara Occidental ». À l’instar de Sana, une jeune Biterroise franco marocaine venue montrer par sa présence « que la France, le Maroc et Béziers étaient tous unis sur cette question ».
Un conflit larvé entre le Maroc et l’Algérie
Ce conflit larvé oppose indirectement le Maroc, qui revendique la souveraineté sur le Sahara Occidental, à l’Algérie, qui plaide pour une reconnaissance de son indépendance et soutient le front Polisario (*). Récemment, la situation s’est dégradée. La France, qui s’est alignée sur la thèse de Rabat en octobre dernier, a provoqué la colère d’Alger ce qui explique en partie la crise des relations diplomatiques entre les deux pays. « Il faut que la France fasse respecter le droit international et arrête de ne penser qu’en termes d’intérêt économique », s’insurge Claude Mangin Asfari qui espère toujours que le Quai d’Orsay fasse pression sur le Maroc pour la libération de son époux.
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