Alors que le préfet du Gard doit statuer dans les jours prochains sur le renouvellement ou non de l’exploitation de la source Perrier comme une eau minérale, nos confrères de Radio France révèlent, ce vendredi, la détection en mars de nouvelles contaminations. Des événements rapportés par l’Agence régionale de Santé Occitanie.
De nouveaux épisodes de contamination ont eu lieu en mars 2025 au sein de l’usine Perrier de Vergèze, révèle ce vendredi 18 avril 2025, la cellule investigation de Radio France, après s’être procuré un document de l’agence régionale de santé d’Occitanie.
Des centaines de milliers de bouteilles de 50 et 75 centilitres bloqués sur le site.
Des bactéries pathogènes de l’intestin (entérobactéries) ont été retrouvées dans l’eau des bouteilles de Perrier (75 centilitres), au sein de l’usine du Gard où est produite la célèbre marque.
Ce nouvel épisode de contamination a entraîné l’arrêt d’une ligne de production, et le blocage de 369 palettes, c’est-à-dire environ 300 000 bouteilles. Par ailleurs, des centaines de milliers d’autres bouteilles de 50 centilitres sont également bloquées en raison de la présence d’un excès de germes revivifiables, possibles indicateurs de contamination bactériologique.
Cellule investigation de radio-France.
Il s’agit de « simples mesures internes de gestion de la qualité », « indépendantes de la qualité de l’eau au forage », et « tous les produits mis sur le marché sont sûrs », assure le groupe Nestlé qui avait déjà dû détruire 3 millions de bouteilles en avril 2024 en raison d’un épisode de contamination par des bactéries issues de germes fécaux.
D’après l’agence régionale de santé d’Occitanie, « des discussions sont prévues avec Nestlé Waters », mais « une destruction complète pourrait être envisagée ».
Car l’entreprise Nestlé n’a pas prévenu immédiatement les autorités sanitaires, comme le code de la santé publique le lui impose.
La présence d’entérobactéries est détectée le 11 mars dernier, mais l’ARS n’est informée que dix jours plus tard. Même chose pour les bouteilles de 50 centilitres : la non-conformité, détectée le 22 mars, ne remonte à l’agence régionale de santé que le 4 avril.
Des délais « habituels » selon la multinationale, tandis que l’ARS évoque de son côté des « notifications tardives ».
Ces nouvelles révélations interviennent à un moment clé. Le préfet du Gard, Jérôme Bonet, doit se prononcer dans les prochains jours sur l’avenir de la marque Perrier. D’après les informations de la cellule d’investigation de Radio France, dans son rapport destiné à la préfecture, le directeur général de l’ARS Occitanie préconise de ne plus autoriser la production d’eau minérale naturelle à Vergèze, et ce, pour l’ensemble des forages exploités. Concrètement, cela signifierait la disparition pure et simple de la célèbre marque d’eau gazeuse.
Contactée par la cellule investigation de Radio France, la préfecture du Gard n’était pas en mesure de réagir pour le moment.
