Ce mardi 15 avril, le tribunal de Béziers a condamné deux hommes pour une série de vols dans des camping-cars survenus dans le Biterrois et sur le bassin de Thau.
Deux serials voleurs ou deux simples types un paumés ? Au départ de l’audience, l’affaire impressionne surtout par son ampleur : plus d’une trentaine de cambriolages, a minima. Environ 200, selon le ministère public. Tous recensés par les enquêteurs entre le 24 mars et le 10 avril, dans le Biterrois, sur le bassin de Thau, mais aussi dans le reste du sud de la France, des Pyrénées Orientales jusque dans la Drôme, au gré des autoroutes A9, A75 et A7.
Avec à chaque fois le même mode opératoire : l’équipe écume la nuit les aires de repos et jette leur dévolu sur des camping-cars en stationnement, dont ils brisent la fermeture centralisée à l’aide d’un poinçon pour s’introduire dans les véhicules et détrousser leurs occupants durant leur sommeil.
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Des touristes comme victimes
Plus de 40 minutes, c’est le temps qu’il a fallu au président de la Cour pour dresser l’ensemble des faits reprochés aux individus, d’origine indécise, mais parlant tous deux italiens, d’où la présence d’une traductrice. Avec des victimes principalement étrangères, touristes de passages dans le pays, ce qui explique le peu de partie civile dans ce procès au regard du nombre de cambriolage commis en si peu de temps.
Les deux hommes, beaux frères, nient absolument tous en bloc. Il faut dire qu’il n’y a pas eu de flagrant délit, simplement un faisceau d’indices concluant à leur culpabilité, eux, et deux autres personnes encore recherchées. Des téléphones qui bornent au moment des effractions, un véhicule leur appartenant présent sur les lieux et une station-service, à Cers, où les deux hommes sont filmés en train de se ravitailler en carburant, tous les soirs durant cette période. Mais rien de fondamentalement inculpant : lors de leur arrestation, les prévenus seront retrouvés avec 10 euros en poche et aucun objet dérobé en leur possession.
La défense plaide la relaxe
Face à la teneur du dossier, la défense plaide alors la relaxe, au vu de « l’absence d’éléments matériels et de l’approximation de l’enquête ». Elle regrette aussi qu’une affaire pareille soit l’objet d’une comparution immédiate et ne passe pas par un juge d’instruction. La procureur, elle, demande trois ans de prison pour l’un, et 30 mois pour l’autre, avec de surcroît interdiction définitive de venir sur le territoire français.
Quitte ou double, donc, pour les deux prévenus qui soit, auront le bénéfice du doute, soit seront accusés de l’ensemble des faits qui leur sont reprochés. Finalement, les juges décideront de suivre à la lettre les réquisitions du parquet. Les deux hommes sont condamnés, reconnus coupables de l’ensemble des cambriolages et maintenus en détention, purgeront leur peine en France.
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