« Les coups que prennent vos enfants, vous les prenez aussi » : Marie, la maman de Romain et Théo Ntamack à cœur ouvert

Avec beaucoup de sincérité, Marie, maman de Romain et Théo Ntamack s’est confiée sur sa place de mère dans le monde du rugby. Un rôle merveilleux, rythmé par l’amour inconditionnel qu’elle porte à ses enfants, rempli de joies et de peines.

Chaque impact fait plus mal. Le bruit des chocs résonne, comme un bourdonnement incessant. Les mots blessent, plus que de coutume. Et la joie l’emporte difficilement sur l’inquiétude. Car c’est le propre d’une maman finalement, s’inquiéter sans cesse pour son enfant. Avez-vous déjà pris ça en compte quand vous regardez un match de rugby ? Pour Marie, maman de Romain et Théo Ntamack, les matchs n’ont pas exactement la saveur que le grand public leur connaît. « Quand on est au bord du terrain, les coups que prennent vos enfants, vous les prenez aussi. Quand ils souffrent, vous souffrez. On a mal au fond de soi, c’est physiologique. Un enfant, c’est la chair de sa chair. On a toujours peur qu’il arrive quelque chose. Il faut positiver pour ne pas voir le mal partout mais c’est vrai que le sentiment d’inquiétude, de peur ou de stress, prédomine pendant les matchs. Ça prend même le dessus sur la joie et l’euphorie. » Mais c’est comme tout non ? Avec le temps on s’y fait ? « Pas du tout ! » rétorque Marie qui avoue même que c’est sans doute « de pire en pire ».

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Mais cette maman assidue et impliquée ne manque que très rarement, voir jamais, les matchs de ses fils. Pour autant, il est parfois très difficile de profiter du moment. Un souvenir lui vient alors à l’esprit. C’était le 25 mai 2024. Le Stade toulousain s’offrait le titre en finale de Champions Cup face au Leinster dans un match accroché jusqu’aux prolongations. Une victoire de plus pour Toulouse. Mais celle-ci, Marie n’est pas près de l’oublier : « Il y a des matchs qui marquent plus que d’autres. Cette fois, j’étais avec Lisa, la compagne de Romain. Il y a eu des prolongations, des contacts âpres, beaucoup de défense… Au bout d’un moment, on s’est mises à pleurer toutes les deux. Romain revenait de sa blessure au genou (une rupture des ligaments croisés qui le privait de la Coupe du monde 2023 NDLR), il n’arrêtait pas de plaquer, ils prenaient les plus costauds en face. » Sa gorge se serre mais elle poursuit : « On n’en pouvait plus de voir ça. Tout allait bien mais d’entendre ces chocs à répétition, c’était douloureux. C’était la première fois que je pleurais de peur. »

C’est tellement dur d’entendre du mal de ses enfants

Il y a ce que vous ressentez et ce que les autres vous font ressentir. S’en détacher est parfois plus difficile que ce que l’on pourrait imaginer. En tribunes, les comportements des supporters blessent : « Quand ils rentrent sur le terrain, j’ai l’impression que pour les spectateurs, ce sont des gladiateurs qui entrent dans une arène. Les gens viennent voir un spectacle », raconte la maman des deux Toulousains avant de reprendre : « Dès qu’il y a un choc on les entend crier et parfois en rire ! « Oh tu as vu la cartouche qu’il a prise ! » Ils s’amusent des gros plaquages, des coups. Quand vous êtes à côté et que vous avez votre enfant sur le terrain… C’est dur. C’est mon regard de maman mais à l’époque c’était différent, c’était bon enfant. » En plus de l’ambiance intense qu’un stade plein à craquer peut provoquer les jours de grands rendez-vous, il y a les attaques personnelles. Quand son garçon devient un sportif de haut niveau et une personnalité publique, les critiques pleuvent. Qu’elles soient positives ou négatives, Marie « s’en préserve. Surtout les réseaux sociaux… C’est terrible et anxiogène. J’en ai déjà pleuré, je ne veux plus vivre ça. Alors je m’en détache, je ne regarde pas. »

Mari entourée de Théo et Romain avec le trophée européen. DR – DR

Mais les proches n’ont pas toujours le choix. Au coup de sifflet final, alors que Marie attend toujours avec impatience de pouvoir prendre son fils dans les bras, pour Romain, le chemin est parfois bien long. « Il signe une cinquantaine d’autographes, il fait des photos », assure la mère de famille. « Quand il n’a plus le temps et qu’il doit rentrer aux vestiaires, il explique aux supporters qu’il doit partir. J’ai déjà entendu des gens l’insulter pour ça. C’est tellement dur d’entendre du mal de ses enfants, surtout quand c’est infondé. Le sentiment d’injustice est énorme. » Heureusement, Marie peut se raccrocher aux nombreux moments de joies et à la fierté grandissante qu’est de voir Romain et Théo réaliser leurs rêves.« Des joies il y en a ! J’ai pleuré plus de fois de joie que de peine ! » ironise-t-elle.

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Gérer la pression

Finalement, au-delà de sa place dans le monde parfois cruel qu’est celui du rugby, une maman est avant tout une oreille attentive. « Dans ma vie de maman, j’ai toujours tout donné pour eux. Votre vie est faite en fonction de leurs choix alors j’ai fait du mieux que je pouvais pour les accompagner », assure Marie. De leurs premiers pas sur les terrains à l’aboutissement de leurs rêves les plus fous, comme celui de porter un jour le maillot frappé du coq, une maman accompagne, écoute et soutient son enfant dans ses réussites comme ses échecs. « Je fais attention à ce qu’il se passe. Je suis une maman donc je sens les choses, en général, si ça ne va pas, je le vois. Je suis dans le dialogue. C’est important. » Surtout dans la famille Ntamack. Arrivé après la réussite d’un papa Émile et d’un frère Romain, tous deux internationaux, peut ajouter une pression supplémentaire, à celle qui existe déjà pour n’importe quel joueur de rugby, sur les épaules de Théo, le petit dernier.

Théo et Romain, deux frères dans l’univers du rugby professionnel et sous les mêmes couleurs. Marie elle, prête une oreille peut-être plus attentive encore au petit dernier qui arrive derrière les parcours rugbystiques d’un célèbre papa et d’un grand frère. DR – DR

« Théo n’a pas la place la plus facile », confirme Marie. « Son père, son frère… Je ne veux pas qu’il se mette la pression alors on parle beaucoup de ce sujet tous les deux. Il me dit toujours de ne pas m’inquiéter. L’avantage c’est qu’ils s’entendent très bien avec Romain. Il a toujours un petit mot pour son petit frère quand il joue. Il l’encourage énormément. Mais Théo a un côté plus sensible que Romain. Alors je fais peut-être un peu plus attention. Parfois il me dit que je l’énerve parce que je l’appelle trop souvent dans la journée pour être certaine qu’il va bien », se marre Marie. Elles peuvent parfois être énervantes ces mamans, c’est vrai. Mais c’est leur façon à elles de prendre soin de ce qu’elles ont de plus cher. Au rugby, Marie comme beaucoup d’autres, portent le poids de ce monde sur les épaules et délestent bien souvent les joueurs de leurs plus grandes préoccupations. Un travail de l’ombre ô combien précieux.

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https://www.rugbyrama.fr/2025/03/26/les-coups-que-prennent-vos-enfants-vous-les-prenez-aussi-marie-la-maman-de-romain-et-theo-ntamack-a-coeur-ouvert-12588660.php

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