Entre les murs d’une prison modèle à Montpellier

Inaugurée en décembre 2022, la Structure d’accompagnement vers la sortie de Montpellier est rattachée au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone. Moderne, tant par ses aménagements que par ses méthodes, la SAS prépare les détenus à se réinsérer une fois libérés afin d’éviter la récidive.

Dehors ou dedans, rien à voir avec les lieux de détention que l’on connaît. « C’est extrêmement aéré, c’est extrêmement lumineux » se félicite Ilhem Grairia, la directrice de la Structure d’accompagnement vers la sortie de Montpellier, la SAS, située quartier Euromédecine. L’établissement a été inauguré en décembre 2022 par le garde des Sceaux, Éric Dupont-Moretti, pour une ouverture six mois plus tard, et un coût de 23 millions d’euros selon le ministre.

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Un sas entre la prison et le retour à la vie civile

La SAS compte une cinquantaine d’agents pénitentiaires pour 150 détenus maximum, répartis dans cinq unités d’hébergement. Dans chaque unité, une cellule pour personne à mobilité réduite, trois cellules doubles et 26 individuelles. Ces dernières font 9,5 m² et sont équipées d’une télévision, d’un point-phone, d’un frigo, d’une plaque chauffante, de toilettes et d’une douche. « Ça fait un peu penser à ce qu’on peut trouver dans une résidence universitaire » résume la commandante Petriaux, l’adjointe de la directrice.

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Cela reste un lieu de détention

À son arrivée, chaque détenu se voit remettre un badge magnétique qui lui permet de passer les tourniquets, mais uniquement dans son unité. « Ça ne ressemble pas du tout à un établissement lambda » confirme le chef de poste, « on a beaucoup moins de points de contrôles, ils ont beaucoup moins ce sentiment d’oppression. Ils ont plus de liberté que dans une maison d’arrêt, par exemple, et ça se passe très très bien dans l’ensemble ».

Le temps et les moyens de faire du cas par cas

Les détenus transférés dans la SAS sont en fin de peine, c’est-à-dire moins de deux ans à purger comme Yohan, arrivé en septembre 2024. En maison d’arrêt, il ne sortait plus en promenade à cause « des tensions », mais désormais, il ne refuse plus d’aller prendre l’air. « Le changement est radical. Ici, on est bien encadré et il y a beaucoup de bienveillance. Je vois plus l’avenir, avec un projet, qu’en maison d’arrêt ».

Un des surveillants renchérit : « L’administration pénitentiaire a deux missions : la garde des détenus et leur réinsertion. Dans les établissements qui sont vraiment très peuplés, on a moins le temps de faire du cas par cas. La SAS nous donne les moyens de nous intéresser beaucoup plus aux personnes détenues et à leur problématique ».

Être autonome et responsable avant de sortir

Trouver un logement, un emploi ou passer un diplôme avant la libération permet d’augmenter très sérieusement les chances de se réinsérer et donc d’éviter la récidive. La SAS est dotée d’une plateforme de préparation à la sortie animée par l’Assurance Maladie, la CAF, France Travail, la Mission Locale, entre autres, sous la houlette du Service pénitentiaire d’insertion et de probation.

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« Là, on peut parler de dignité »

Sans compter la bibliothèque, la salle de sport, un lieu de culte et les cours dispensés par un enseignant détaché à temps plein par l’Éducation nationale. « C’est quand même un centre de détention » tempère Thomas, arrivé en juin 2024, « il faut pas croire que c’est plage-sauna-massage-piscine. Il y a cet enfermement qui est lourd, mais pour moi, c’est une grande avancée. Là, on peut parler de dignité ».

Éviter la récidive

Les détenus restent en moyenne entre six mois et un an selon la directrice. « Il y a du temps, de la réflexion, pour s’interroger aussi sur ‘pourquoi on a commis des infractions ?’ et repartir sur de bonnes bases. Comment faire pour ne pas refaire de potentielles victimes ? C’est ce qu’attend la société » fait valoir Ilhem Grairia. Un détenu qui ne respecte pas les règles de la SAS, comme la non-violence et la participation active à l’élaboration d’un projet, peut être « renvoyé » là où il était incarcéré.

Un détenu dans sa cellule à la SAS de Montpellier © MaxpppGuillaume Bonnefont

Le terrain de sport dans la cour de la SAS © MaxpppGuillaume Bonnefont

https://www.francebleu.fr/infos/societe/entre-les-murs-d-une-prison-modele-a-montpellier-2811139#xtor=RSS-124

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