Intégrer la police, c’est le rêve de Lilian Gelbart Carrasco. Depuis 2021, une loi lui ouvre les portes de l’institution qui l’a toujours fait rêver, et qui auparavant lui était inaccessible à cause de son diabète. Oui, mais voilà, même après avoir déposé une candidature en novembre 2024, la réponse est négative.
Lilian Gelbart Carrasco, a toujours rêvé d’intégrer la police nationale. Un rêve qui le suit depuis qu’il est petit. Mais son ambition est contrariée par son diabète. Malgré l’évolution de la loi, ses demandes d’adhésion continuent d’être rejetées.
Depuis son enfance, Lilian est passionné par la police, mais en tant que diabétique, il est longtemps empêché de pouvoir l’intégrer. En 2021, une loi lui laisse entrevoir un espoir. Désormais, les malades chroniques ne sont plus jugés inaptes d’office. Leur situation doit être étudiée au cas par cas. Pourtant, quand il dépose sa candidature en novembre 2024, c’est la désillusion pour Lilian Gelbart Carrasco. Le médecin recruteur est catégorique, impossible pour lui d’entrer dans la police.
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« Il m’a dit que malgré ça les diabétiques dans la police, c’était un point rouge et c’était d’office une restriction médicale, alors que ce n’est pas le cas, car cela devait être vu au cas par cas. On m’a dit clairement qu’on ne voulait pas de diabétique dans la police », explique le jeune homme.
Sous pompe à insuline, le jeune homme se dit stabilisé. Il fournit même des certificats médicaux prouvant sa bonne santé à l’institution. Mais sa demande est toujours retoquée, comme le prouve une lettre que Lilian Gelbart Carrasco a reçue : « Je suis au regret de ne pouvoir donner une suite favorable à votre requête et devoir confirmer votre inaptitude médicale à la réserve opérationnelle de la police nationale. »
Lilian ne comprend pas cet entêtement. Le jeune homme est aujourd’hui assistant régulateur au Samu et même bénévole à la Croix Rouge. « Je fais des trails en montagne où il faut encadrer des équipes de secouristes, etc. Donc il y a vraiment un aspect opérationnel et terrain et c’est pendant de longues heures, et à ce moment-là mon diabète ne pose pas de problème. »
Le jeune homme n’est pas le seul dans ce cas. La Fédération française des diabétiques reçoit près de dix réclamations par mois. Pour Jeanne Prat-Diquélou, juriste à la Fédération française des diabétiques, les informations doivent être claires.
« Dans la pratique, on observe que les médecins d’aptitude continuent à juger inapte des personnes uniquement du fait de leur pathologie chronique. Peut-être qu’il y a un manque de communication de la part de l’institution auprès des médecins d’aptitude. Peut-être aussi, qu’ils n’ont pas été informés des avancées thérapeutiques et technologiques qui font que de nombreux patients peuvent avoir un quotidien tout à fait stable. »
Après l’échec d’un recours à l’amiable, Lilian Gelbart Carrasco a saisi la justice et le défenseur des droits. À l’heure de la publication de cet article, la police nationale n’a pas répondu à nos sollicitations.
