A l’atelier de Mohamed Ahmed, au 22 de la rue Chaptal à Montpellier, c’est à la bonne franquette. On y vient pour réparer son vélo mais pas seulement. En quatre ans, « Roue libre » est devenu un vrai commerce de proximité, où parfois les gens se tutoient, prennent le temps de parler de tout et de rien avec celui que tout le monde appelle « Momo ». Seulement voilà, depuis six mois, « Roue libre » fait face à des difficultés financières.
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Le parcours du combattant
« Même si on a la tête bien faite, c’est compliqué pour tous les entrepreneurs » explique Clémentine, sa compagne qui lui prête main forte, « on ne s’en rend pas compte quand on a été salarié. Et dans le cas de Mohamed, c’est encore plus délicat avec son niveau de français, au niveau de la gestion. C’est un parcours du combattant mais on a décidé de se battre et qu’on allait pas fermer ».
Repartir sur de bonnes bases
En fait, Mohamed Ahmed a besoin d’assainir ses comptes pour repartir sur de bonnes bases. Sa banque a refusé de le soutenir alors il a ouvert une cagnotte en ligne au début du mois. Objectif : récolter 7.000 euros pour se renflouer et en six jours à peine, il avait déjà atteint la moitié de la somme. Cet élan de solidarité le touche profondément, « ça me donne du courage et je me dis ‘allez Momo, continue' ».
Un élan de solidarité
Magali a eu vent de sa situation en lisant un message « sur le groupe WhatsApp du Conseil de quartier Centre » alors elle a profité de sa pause déjeuner pour venir faire changer ses plaquettes de frein. Juste avant elle et dans le même esprit, Christian a demandé une révision complète et un changement du pneu avant en trouvant « génial » de pouvoir repartir avec un vélo prêté le temps de la réparation.
La volonté de réussir
Mohamed Ahmed est un passionné de vélo qui en a fait son métier en créant sa micro-entreprise, après s’être formé à l’école Sup de Vélo dans le Gers. Aujourd’hui il est évidemment préoccupé mais certainement pas résigné, « j’ai connu pire que ça ! » relativise le jeune homme originaire du Soudan. Avant d’arriver en France en 2017, il a traversé, sans eau, le désert de Lybie, pays où il a été enfermé dans une prison. Ensuite, la traversée de la Méditerranée dans les conditions que l’on connait et il a finalement obtenu le statut de réfugié.
Une soirée de soutien, avec concert et tombola, est organisée ce samedi soir, à partir de 19 heures, dans les locaux d’une association voisine, « La Base », rue Chaptal également.
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