Plusieurs camps dits d’internement ont existé dans la région durant la seconde guerre mondiale. Ces trois-là figurent parmi les plus importants.
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Neuf convois partis de Rivesaltes
Sur les quelque 5 000 Juifs internés à Rivesaltes entre août et novembre 1942, plus de 2000 hommes, femmes et enfants partent en neuf convois à partir du 11 août 1942.
Mais plus de la moitié échapperont à ces départs grâce au travail des œuvres d’assistance (Croix Rouge suisse, OSE, Cimade…), mais aussi de Paul Corazzi, le représentant du préfet. En deux ans, 17 500 personnes ont été internées à Rivesaltes, dont 53 % d’Espagnols, 40 % de juifs étrangers et 7 % de Tsiganes français.
Rieucros, le camp des “indésirables”
En Lozère, le 21 janvier 1939, le gouvernement Daladier décide de l’ouverture à Rieucros, à proximité de la ville de Mende, du premier camp d’internement destinés aux “indésirables”, en application d’un décret du 12 novembre 1938 “relatif à la situation et à la police des étrangers”, visant les étrangers “moralement douteux, indignes de notre hospitalité”.
Rieucros est d’abord réservé aux hommes – les premiers sont des volontaires des Brigades internationales de la Guerre d’Espagne, des communistes, des droits communs. Puis, à partir d’octobre 1939, le camp est transformé en camp de femmes jusqu’en février 1942, mois au cours duquel les 357 internées sont transférées au camp de Brens, dans le Tarn.
Avec Vichy, la population du camp s’élargit aussi à des Françaises suspectes pour raisons politiques ou pour “mœurs douteuses”. Les Allemandes antinazies, les Italiennes antifascistes ou les Juives sont désormais en danger. On estime qu’environ 1000 personnes ont été internées au camp. On sait que pour 33 d’entre elles, l’enfermement a commencé à Rieucros et leur vie s’est terminée à Auschwitz.
Juifs et Indochinois à Agde
Les premiers réfugiés juifs, en majorité d’origine belge arrivent à Agde en juin 1940. Le gouvernement de Vichy ordonne aux préfets d’interner les juifs dans des camps ou de les assigner à résidence. Dans le camp, les familles sont séparées : d’un côté, les hommes et les garçons à partir de 13 ans et, de l’autre, les femmes et les enfants en bas âge. Ils vivent dans des conditions inhumaines au milieu des rats, des toitures percées et manquent de nourriture.
Le 26 août 1942, une grande rafle est organisée dans tout l’Hérault sur décision de l’État français en collaboration avec l’occupant allemand. Certains ont pu en réchapper grâce à l’aide d’habitants d’Agde.
Au début de la guerre, 20 000 paysans sont réquisitionnés en Indochine pour remplacer dans les usines d’armement françaises les ouvriers mobilisés. Au moment de la débâcle en juin 1940, Vichy les affecte dans l’agriculture et notamment chez des riziculteurs en Camargue et ils se retrouvent parqués dans des camps. En septembre 1940, ils sont 3 300 Indochinois au Camp d’Agde. Les Indochinois quittent le Camp d’Agde à l’arrivée des Allemands en novembre 1942 et partent pour Lodève, où ils sont affectés aux usines de drap.
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