À quelques jours du premier match du Tournoi des 6 Nations face au pays de Galles, le sélectionneur des Bleus, Fabien Galthié, se livre en longueur sur l’actualité du XV de France. Le choix du demi d’ouverture, Antoine Dupont, le nouveau cadre, les ambitions du Tournoi : le patron de la sélection n’élude aucun sujet.
À la veille de retrouver les 42 joueurs sélectionnés pour préparer les deux premières rencontres du Tournoi des 6 Nations, Fabien Galthié s’est prêté avec le sourire à l’exercice de l’interview. Vendredi matin, il est arrivé ponctuel au rendez-vous fixé « Au Roussillon », une brasserie typiquement parisienne à quelques pavés de l’église Saint-Pierre du Gros Caillou, située dans le très chic VIIe arrondissement de Paris. À l’issue de la rencontre, le patron des Bleus s’est rendu aux funérailles du célèbre critique gastronomique Jean-Luc Petitrenaud, son ancien voisin à Meudon, époque Stade français, dont la fille était la nounou de ses enfants. Ému à l’évocation de quelques souvenirs partagés, dont les entraînements du mercredi après-midi au club de Clamart rugby avec Mathis son fils et Antonin le cadet, des Petitrenaud, Galthié a repris le fil conducteur de sa pensée. durant une heure et demie, il a balayé l’actualité du XV de France, à l’aube de son 6e Tournoi des 6 Nations à la tête des Bleus.
Votre liste de 42 joueurs pour préparer les deux premiers matchs du Tournoi des 6 Nations a réservé quelques surprises. Pourquoi la présence de Noah Néné et pas Arthur Vincent par exemple ?
L’intérêt de travailler à 42 joueurs jusqu’au mercredi, c’est aussi de convoquer des éléments par rapport aux besoins que l’on a, pas uniquement en lien avec le « ranking ». Cette ventilation à 42 joueurs nous a permis de sélectionner quatre piliers gauches et quatre droitiers, alors qu’habituellement nous n’en prenons que trois de chaque. Sauf qu’en raison des incertitudes que nous avons sur l’état de Uini Atonio, Cyril Baille ou Jean-Baptiste Gros pour diverses raisons mais aussi en lien avec les blessures constatées (Wardi, Tatafu, Falatea), nous avons décidé d’appeler plus de piliers. Ça nous a permis de rappeler Rabah Slimani, Dorian Aldegheri ou encore Dany Priso. Tout ça pour dire qu’en sélectionnant plus de joueurs à ce poste, nous avons ventilé sur d’autres. Au centre, nous avons donc appelé Noah Néné, que nous suivons depuis qu’il est avec les moins de 20 ans, qui évolue favorablement à Dax dans un environnement qui semble lui convenir et où il est titulaire. On veut l’observer, son profil nous intéresse au poste de premier centre. Nous cherchons des potentiels. Yoram Moefana est en passe de s’imposer, Jo Danty est blessé, Gaël Fickou est blessé. Nous avons donc retenu six joueurs au poste de centre dont Noah Néné pour vraiment voir son potentiel. Nous avons besoin de trouver des potentiels pour un avenir plus ou moins proche. Peut-être est-il prêt ? Peut-être que non. Mais rien n’est impossible.
Est-ce aussi un message que vous envoyez à tous les joueurs quel que soit leur club ou leur niveau ?
(Il sourit) C’est quand même mieux aujourd’hui de jouer à Bordeaux, Toulouse, La Rochelle ou encore Toulon… Il suffit de regarder la liste des 42 joueurs. Mais, ce n’est pas la première fois que nous sélectionnons un joueur de Pro D2. Cela permet ici de mettre la lumière sur le travail réalisé par le club de Dax, par le manager Jeff Dubois et son directeur général Benoît August, avec qui j’ai joué au Stade français.
En quoi le retour de Rabah Slimani est-il la conséquence de son choix de jouer au Leinster dans un système où le joueur a moins de temps de jeu, plus de temps de récupération ?
La réponse est dans la question. Ce n’est pas le même environnement. Les franchises irlandaises ont un autre mode de gestion et de planification favorable au développement des joueurs.
Ça vous fait rêver ?
Non, le système français est très différent. Mais regarder ailleurs fait prendre conscience de certaines choses.
Depuis la fin de la Coupe du monde, la mêlée française a souvent été en souffrance. Cela vous inquiète-t-il ?
Oui. C’est un constat. Aujourd’hui, nous ne sommes pas assez forts dans ce secteur de jeu.
Comment l’expliquez-vous ?
Nous avons un environnement stable en équipe de France. Seulement, nos meilleurs piliers sont régulièrement blessés. Ils sont sur des cycles très sinusoïdaux : jeu, blessure, réathlétisation, reprise… Il n’y a pas de constance. Nos piliers ne sont pas moins ou plus costauds qu’ailleurs mais ils ont un temps de récupération, de préparation et de jeu qui est différent de celui d’autres sélections. Un édifice comme la mêlée se construit sur un temps long, individuellement et collectivement. William Servat y travaille beaucoup.
Après ses performances à la fin du dernier Tournoi des 6 Nations et durant la tournée d’automne, comment le XV de France va-t-il pouvoir se passer de Thomas Ramos à l’ouverture ?
Dans cette question, je ressens de l’humour. Un côté caustique.
Aucunement…
Quand nous avons positionné Thomas Ramos au poste d’ouvreur, au début de l’automne, il y a eu beaucoup de polémiques. Aujourd’hui, je salue ses performances. Vraiment. Pour ces deux premiers matchs du Tournoi, nous avons convoqué deux ouvreurs (Romain Ntamack et Matthieu Jalibert) et deux arrières (Thomas Ramos et Léo Barré). Vous aurez la composition de l’équipe la semaine prochaine lors des premiers entraînements.
Mais Thomas Ramos vous a-t-il bluffé ?
Avant chaque match, difficile de savoir ce qui va se passer. Mais chaque bonne performance, voir très bonne ou même excellente, est à souligner. J’insiste. Et je peux le dire : j’aime travailler et préparer les matchs en la présence de Thomas Ramos. Sa collaboration est excellente, ainsi que ses performances actuelles. C’est le constat du moment.
Vous avez évoqué les cadences pour illustrer les difficultés de la mêlée française. Comment expliquez-vous que Grégory Alldritt, qui a bénéficié d’un temps de repos conséquent à l’issue du Mondial 2023, ait tant de mal à retrouver son meilleur niveau ?
Il n’y a pas de règle. Ce qui compte, c’est l’équilibre et la performance. Puisque vous parlez de coupures longues, on peut aussi parler d’Antoine Dupont, même si la gestion a été différente. Il y a trois cycles dans une carrière de joueur de haut niveau. D’abord, la récupération et la réactivation, un temps où le joueur ne joue pas. Ensuite, la préparation qui comporte deux temps : la préparation individuelle et collective, un temps où le joueur s’entraîne et se développe. Et enfin, le temps de la compétition où le joueur entre dans un cycle avec des semaines denses. Nous commençons à avoir des données intéressantes, notamment grâce au protège-dents connecté. Quel est le bon nombre de contacts pour ne pas mettre la santé du joueur en danger et son niveau de rugby ? Ces données nous permettent d’être plus précis dans l’accompagnement des joueurs. Les clubs ont le même niveau d’informations. L’échange entre notre cellule de performance et les clubs est donc très important. Après, pour répondre à propos de Greg, il arrive que des joueurs performent tout en étant dans une zone rouge. Et inversement, ne performent pas en étant dans une zone bleue.
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J’entends ce que l’on dit à propos d’Hugo et Oscar, je le comprends. Je l’accepte.
Vous avez décidé de rappeler Pierre-Louis Barassi dont on dit qu’il a la hype au sein du staff. Vous confirmez ?
Il vient régulièrement avec nous mais depuis la Coupe du monde 2019, il a été souvent blessé et soumis à une rude concurrence au Stade toulousain. Cela lui a laissé peu de place pour revenir en compétition. Aujourd’hui, il enchaîne les matchs. Il est bon, performant. C’est un gros potentiel, très bon joueur de ligne, puncheur, qui régule bien. Je le vois plutôt au poste de centre extérieur. Il sait tout ça, puisque l’on échange régulièrement.
La blessure de Charles Ollivon est-elle un coup dur pour le XV de France ou une chance pour lui d’arriver frais en 2027 ?
Charles a déjà galéré durant deux ans avec son épaule. Puis encore un an avec un premier croisé. Et là, il repart pour de longs mois. Franchement, je ne souhaite à personne une rupture d’un ligament croisé. J’y suis passé. Moralement, c’est dur. C’est un chemin de croix, huit mois d’inactivité. Quasiment un an alors qu’une carrière de joueur de haut niveau, c’est au maximum huit ans. Soit un dixième…
Mais il est déjà revenu du diable Vauvert…
Allez donc demander à Anthony Jelonch ce qu’il en pense. Il ne pleurera pas sur son sort, mais il souffre. Ça fait partie du chemin. Mais, j’ai appris de mon expérience que l’on pouvait revenir plus fort. Personnellement, je me suis blessé en 1997 et j’ai vécu mes meilleures années de rugby après cette blessure alors que je n’ai jamais retrouvé la pleine possession de mes capacités physiques. Ce que l’on perd d’un côté, on peut le gagner de l’autre.
Vous avez décidé de rappeler Hugo Auradou et Oscar Jegou. Cette décision semble diviser la France du rugby. Le comprenez-vous ?
J’entends ce que l’on dit à propos d’Hugo et Oscar, je le comprends. Je l’accepte.
N’est-ce pas une double peine pour ces deux joueurs qui ont bénéficié d’un non-lieu ?
Je l’entends aussi, je le comprends. Je l’accepte.
En l’absence de Charles Ollivon, qui sera votre capitaine de touche ?
Alexandre Roumat est également absent. Mais nous avons quelques leaders de touche qui œuvrent dans leur club au sein de cette liste de 42. Laurent Sempéré va y travailler. Aujourd’hui, une équipe de France est dessinée. Une équipe de quinze joueurs, un groupe de 23, de 28 et de 42. Nous y travaillons chaque semaine et nous allons refaire ce travail en début de semaine car nous aurons peut-être encore des changements. On s’y prépare.
D’autant plus que six clubs français jouent ce dimanche…
Quand toutes les provinces irlandaises jouent le samedi… (Il lève les yeux au ciel) C’était déjà le cas l’an dernier avant le premier match face à l’Irlande à Marseille. Potentiellement, nous ne travaillerons à 42 que ce mercredi, avant de relâcher 19 joueurs. Je ne me plains pas, c’est un simple constat. Je partage notre problématique.
Quel bilan avez-vous du plan de performance renforcé mis en place en novembre dernier ?
Excellent.
Vraiment ?
Oui. L’épreuve traversée nous a poussés à revoir nos process, nos contenus, l’approche de la sélection, de l’accompagnement, notre style et cadre de vie. Nous avons retravaillé notre charte qui avait été abandonnée. Nous avons discuté avec les joueurs pour qu’ils l’acceptent, la signent et prennent conscience des enjeux. Ce travail est repris dans les clubs professionnels mais aussi amateurs. Nous devons continuer à travailler sur l’éducation des joueurs et des éducateurs. Tout le monde doit comprendre que culturellement, certaines choses étaient admises dans notre sport et ne le sont plus aujourd’hui. Et surtout se poser la question : qu’est ce qui amène la performance ?
Justement, on dit en coulisse que vous avez demandé à William Servat de ralentir sur les moments de convivialité qu’il pouvait organiser. Vrai ou faux ?
Je ne citerai pas de nom, mais les 32 membres du staff doivent avoir une prise de conscience générale. Les trois points non négociables sur lesquels nous ne transigerons pas sont clairs et évidents : l’automédication, la drogue et la sacralisation du lieu de performance. Mais, autour de ça, la convivialité doit exister en permanence. À Marcoussis, le petit-déjeuner doit être convivial. Le dîner et la réunion de 9 h 00 aussi.
Permettez-vous les moments de déconnade ?
Mais, bien sûr ! J’adore. Tout est question d’équilibre. Il faut du sérieux et du sourire. Et puis, la liberté doit aussi être importante, mais elle s’arrête là où celle des autres débute. Tout cela confère au bien-être. Nos agendas sont construits autour du bien-être.
Justement, en novembre dernier, Matthieu Jalibert a ressenti une forme de mal-être. La cicatrice est-elle définitivement refermée ?
Mais il n’y a pas de cicatrice. C’est juste un moment de vie au sein du XV de France, exploité pour créer de la polémique.
Ce n’est pas vrai !
Je peux dire ce que je pense quand même (large sourire) ?
Bien sûr…
Moi, j’appelle ça de la polémique. Comme le XV de France est en pleine lumière, tout est sujet à polémique. Or, c’est juste un moment de vie. Nous sommes un staff de 32 personnes, multidisciplinaires, ayant pour but de résoudre des problèmes. Chacun avec ses compétences. Avec l’objectif de trouver la meilleure équipe possible, avec quinze joueurs qui débutent, des finisseurs et d’autres qui nous aident à travailler. Parfois, des joueurs ressentent de la déception, de la colère, de la frustration. Nous avons un dispositif qui gère la préparation mentale et la charge émotionnelle, qui est là pour accompagner les joueurs. Et j’ai beau être transparent avec les joueurs qui connaissent leur ranking lorsqu’ils arrivent à Marcoussis, Matthieu, mais aussi d’autres avant lui, se sont retrouvés dans cette situation.
Et donc ?
Avec mon staff, nous avons des décisions à prendre. Nous devons répondre à des problèmes en trouvant des solutions simples. C’est le résultat d’un process qui permet, grâce à notre très bonne collaboration, de ramener au niveau simple des décisions qui peuvent paraîtres au départ soit chaotiques, soit perverses, soit méchantes. Le niveau intermédiaire étant celui des décisions complexes. Pour finir à l’état de simples. La décision de faire cette feuille de match sans Matthieu (contre l’Argentine), en lui proposant d’être suppléant, c’était une décision évidente, donc simple. Comme nous l’avions fait pour Greg (Alldritt), pour Gaël (Fickou) ou Charles (Ollivon). Après avoir travaillé en lien avec l’ensemble de mon staff et notamment la cellule psychologique, je suis donc allé voir Matthieu pour lui proposer de prendre lui-même la décision de rester avec nous ou de rentrer à Bordeaux. S’il n’avait pas pris lui-même la décision, je l’aurais prise pour lui. C’est mon rôle. Il a choisi de rentrer dans son club. C’était bon pour lui mais aussi pour l’équipe. Tout s’est fait en toute transparence.
Il n’y a donc pas de problème Jalibert en équipe de France ?
J’apprécie beaucoup Matthieu. Je n’ai aucun problème avec lui. Je l’ai appelé pendant les fêtes, je l’ai rappelé encore avant la convocation. Je lui ai donné le scénario qui se préparait pour le Tournoi et je lui ai posé la question de savoir si ça lui convenait et s’il avait envie de répondre positivement.
Qu’a-t-il répondu ?
Il a dit : « ça me va très bien. »
Il paraît que les membres du staff passent également après chaque match au sein de cette cellule psychologique dont il a été question pour Matthieu Jalibert. Vrai ou faux ?
C’est vrai.
Pourquoi ?
Le staff, c’est une équipe de 32 joueurs. Le travail que l’on fait avec ceux qui sont sur le terrain, on se doit de le faire avec ceux qui managent. Moi y compris.
À quoi cela vous sert-il ?
Cela nous permet d’avoir des « warnings » sur des aspérités, des problèmes qui ne sont pas bien traités et de nous améliorer. Dans le développement du joueur, il y a trois compétences. La compétence technique, stratégique et émotionnelle. Pour le staff, ce n’est pas différent. Au contraire. Chacun est acteur de son état émotionnel mais aussi de celui des autres. Je dois donc apprendre sur moi mais aussi sur les autres. Le gain, c’est ce que j’appelle le coût cognitif car la surcharge émotionnelle peut impacter la prise de décision. Un coût cognitif trop élevé impacte la qualité de la décision. Cette démarche nous permet de l’alléger.
Et de mieux connaître votre staff ?
Tout à fait. Notre staff, c’est 32 personnes qui doivent travailler ensemble. Je ne dois négliger personne. Avant de collaborer tous ensemble, même si j’ai pris beaucoup de soin à choisir chacun des membres du staff, je ne sais pas comment ça va se passer, ni comment ceux qui étaient déjà en place allaient accueillir les nouveaux arrivants par exemple. J’ai d’abord organisé des rencontres pour qu’ils se respirent, qu’ils se sentent. Et même si le feeling est bon, on ne peut jamais être sûr de rien tant que nous n’avons pas traversé une tempête tous ensemble.
Question tempête, vous avez été servis…
Oui et il y a eu des tensions, des déceptions, des discussions vives. Je le savais. J’avais prévenu les nouveaux arrivants dans le staff (Laurent Sempéré, Patrick Arlettaz, Alexis Savigny). Même en prenant toutes les précautions, on ne peut jamais prévoir la réaction des uns et des autres. On doit donc apprendre de ces tempêtes et travailler sur nous-mêmes. Ces rendez-vous avec le staff de préparation mentale, voilà à quoi ça nous sert. Pour que chacun prenne conscience de ce qu’il doit faire ou ne pas faire. Le tout dans un cadre stable.
Après son année 2024, Antoine Dupont a vu son statut encore grandir. Cela rend-il votre tâche de sélectionneur parfois plus difficile face à un tel phénomène ?
La première fois que je l’ai rencontré, c’était pendant le Tournoi des 6 Nations 2019. Il n’était pas encore titulaire en équipe de France. Depuis, Antoine a accumulé énormément de titres avec le Stade toulousain, avec l’équipe de France, sur le plan collectif mais aussi individuel. Il a été élu meilleur joueur du monde, ce qui est le Graal. Pourtant, cela n’a en rien impacté sa relation aux autres. J’ai parlé avec lui il y a deux jours. Cet entretien a ressemblé quasiment à l’identique à celui de 2019. Sa qualité d’écoute est toujours exceptionnelle. Sur le fond, il est donc toujours le même. Sur la forme, Antoine est devenu quelqu’un d’autre.
C’est-à-dire ?
Son statut a changé. Mais on se connaît bien. Cela fait six ans que je l’accompagne à ce poste de demi de mêlée. On a appris à se sentir. Ensemble, nous avons aussi traversé des tempêtes, ce qui nous a permis de mieux nous connaître. La confiance est forte. C’est aussi vrai avec d’autres joueurs de notre équipe qui ont aussi beaucoup gagné. Je rencontre parfois des joueurs qui n’ont pas gagné la moitié de ces joueurs-là et avec qui l’échange est beaucoup moins fluide.
À ce jour, je suis habité et concentré sur le court terme. J’ai cette vision jusqu’en juin 2028, c’est déjà beaucoup. J’aurais alors 59 ans…
Antoine Dupont vous a-t-il influencé dans votre choix de positionner Thomas Ramos à l’ouverture ?
Faux ! Voilà ce qui s’appelle de la polémique. Antoine Dupont ne s’est jamais prononcé sur ce sujet.
N’est-il pas humain d’avoir des affinités de jeu avec un joueur plus qu’un autre ?
Lors de mon dernier mandat de joueur, j’ai aussi été élu meilleur joueur du monde et j’avais une grande confiance de la part de mon sélectionneur (Bernard Laporte). Je sentais parfois que je pouvais influencer tel ou tel choix. Je ne l’ai jamais fait. Jamais.
Vraiment ?
Mon domaine de compétence devait s’arrêter au jeu et au fait d’être un bon capitaine. À un moment, j’ai compris que ça aurait été une erreur de partager avec Bernard mon ressenti sur le choix des joueurs. Et Bernard ne m’a jamais sollicité de ce point de vue là. Je vous assure donc qu’Antoine Dupont n’interfère en rien dans les choix du staff. Ce serait une faute grossière de sa part et de la mienne également. C’est à nous les entraîneurs de sentir ces choses-là. Dans les réunions que je peux avoir avec les leaders, j’essaie d’ailleurs de ressentir ces petits détails. Mais sans le verbaliser.
Didier Deschamps a annoncé quitter son poste en 2026 après la Coupe du monde. Ferez-vous de même en juin 2028 à l’issue de votre contrat ?
(Long silence) à ce jour, je suis habité et concentré sur le court terme. J’ai cette vision jusqu’en juin 2028, c’est déjà beaucoup. J’aurais alors 59 ans…
L’âge de la retraite n’est-il pas aujourd’hui fixé à 64 ans ?
(Il sourit)
Vous ne fermez donc pas la porte à un troisième mandat ?
Ce n’est pas ce que j’ai répondu.
Mais vous n’avez pas dit non…
À ce jour, je n’ai pas de réponse à cette question. Je vais entrer dans ma quinzième compétition avec le XV de France depuis que je suis sélectionneur. Et je vais donner le meilleur pour faire mieux que l’an dernier.
Il vous faut donc gagner le Tournoi des 6 Nations ?
C’est votre injonction, je l’entends.
Faire mieux que deuxième, c’est terminer premier, non ?
Nous avons la volonté de gagner tous les matchs. C’est notre objectif.
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