L’affaire rocambolesque repose sur les récits des différentes parties mais certaines scènes de violence auraient été filmées et les images saisies sur les téléphones portables des prévenus. Les faits se sont produits le 29 novembre dernier à Paulhan, au nord de Pézenas.
D’un côté, un homme affirme avoir été victime de séquestration et de violences physiques et sexuelles. Il a d’ailleurs obtenu une incapacité totale de travail de 21 jours.
De l’autre, un épicier, son fils et deux employés qui disent avoir corrigé un voleur récidiviste pris sur le fait en flagrant délit de cambriolage.
Le 29 novembre 2024, un homme est surpris dans une épicerie de Paulhan en train de voler des légumes alors que le magasin est fermé. Il s’agit d’un ancien employé qui a gardé les codes de la boutique. Il n’en serait pas à son coup d’essai, le patron du commerce ayant déjà déposé plainte pour vol à trois reprises.
Selon nos confrères de Midi libre, le patron de 54 ans, son fils de 32 ans et deux salariés l’auraient alors maîtrisé et ligoté dans la chambre froide. « Il a été roué de coups à l’aide d’un manche en bois, notamment à la tête. Il aurait également été victime d’une tentative d’introduction d’une courgette dans l’anus. Mais celle-ci se serait cassée en deux, juste avant la pénétration » rapporte le journal.
L’avocate de la victime met en avant les violences subies par son client et une tentative de viol, un acte de nature criminelle.
L’homme justifie le vol de légumes car l’épicier qui était son ancien employeur lui devait de l’argent.
Pour le conseil des prévenus, c’est la répétition des vols et l’inaction des forces de l’ordre qui ont poussé ses clients à intervenir eux-mêmes. Et cela a dégénéré.
La caméra installée par le commerçant a permis d’identifier le voleur mais elle pourrait aussi s’avérer cruciale au procès et l’incriminer, ainsi que ces trois complices, si des images de violences ont été enregistrées.
Reste que la loi interdit de se faire justice soi-même et que les chefs d’accusation contre les quatre hommes sont graves. Ils sont poursuivis pour des faits de séquestration et de violences aggravées en réunion suivis d’une incapacité totale de travail supérieure à huit jours. Pour l’instant, la tentative de viol n’a pas été retenue.
En attente de leur procès, les quatre accusés ont été placés sous contrôle judiciaire strict, avec pointages réguliers, interdiction d’entrer en contact entre eux et avec la victime et interdiction de paraître sur les marchés de Valras et Bessan.
L’affaire a été renvoyée au 21 février. Ils encourent jusqu’à 10 ans de prison.
