Dix ans après l’attentat contre Charlie Hebdo, quatre dessinateurs de presse ont embarqué mercredi à bord d’un train Montpellier-Toulouse pour sensibiliser le grand public à la caricature. Un trajet d’un peu plus de deux heures pour défendre la liberté d’expression.
Le 7 janvier 2015, une partie de la rédaction de Charlie Hebdo était décimée dans un attentat. Parmi les victimes, les dessinateurs emblématiques du journal satirique. Dix ans après, dans le cadre d’une semaine d’hommage organisée par la région Occitanie, 4 dessinateurs de presse ont choisi de défendre la liberté d’expression en nous embarquant dans un train entre Montpellier et Toulouse.
À bord de ce train pas comme les autres, il y a les caricaturistes Jérôme Sié, plus connu sous le nom de Sié, Nadia Khiari « Willis from Tunis » et Gabs (Alain Gabillet). Avec eux, la dessinatrice judiciaire Agnès Marie. Ils ont croqué l’actualité, dessinée des portraits de passagers et laissé libre cours à leur imagination sur le thème du « voyage ».
Le dessinateur Sié, installé à Rabastens dans le Tarn depuis une vingtaine d’années, collabore avec le journal satirique Siné Mensuel et la presse jeunesse évoque un métier qui est toujours très fragile, très « précarisé ».
Willis from Tunis dessine également pour Siné Mensuel. Elle estime que les caricaturistes ne peuvent pas être seuls à défendre la liberté d’expression, même si c’est ce qu’elle a ressenti après les attentats.
Tout le monde doit défendre la liberté d’expression en la pratiquant, en achetant les journaux, en encourageant les gens qui la pratiquent.
Willis from Tunis, dessinatrice de presse
La dessinatrice judiciaire, Agnès Marie, plus habituée aux tribunaux, fait aussi partie du voyage.
À bord du train, les passagers sont ravis. Camille, une étudiante en école de commerce âgée de 20 ans, se fait faire le portrait par la dessinatrice tunisienne Willis from Tunis. La jeune étudiante n’avait que 10 ans lors de l’attentat. « Ça nous a énormément marqués », dit-elle à propos de sa génération. L’attaque contre « Charlie Hebdo a été un événement charnière, de prise de conscience ».
« J’aime bien les dessins de presse, ça dit des choses qu’on ne lit pas », a salué Eulalie, 19 ans, étudiante.
Il y a une culture du dessin, de l’humour, qui s’est perdue : le second degré, la caricature, la satire. Les gens ne comprennent pas toujours. D’où les malentendus qu’il y a pu avoir, autour des dessins de Charlie par exemple, sur le blasphème, l’injure, l’insulte… Non, ce n’est pas tout ça, c’est de la caricature, de la critique. Donc il faut réapprendre tout ça.
Eulalie, étudiante
« C’est une bonne chose de continuer à dessiner dans la presse, à critiquer par le dessin, et à faire vivre cet esprit Charlie », a commenté Marco, un passager de 31 ans.
Leurs dessins ont ensuite été accrochés à des fils tendus le long des wagons pour une exposition éphémère.
Dix ans après les attentats de janvier 2015, notamment contre la rédaction de Charlie Hebdo, la région Occitanie organise une semaine d’hommages et réaffirme son attachement à la liberté d’expression.
Le 7 janvier 2015, les frères Kouachi attaquent les locaux du journal satirique Charlie Hebdo à Paris. Douze personnes sont tuées : Charb, Cabu, Wolinski, Tignous, Honoré, Elsa Cayat, Bernard Maris, Frédéric Boisseau, Ahmed Merabet, Franck Brinsolaro, Michel Renaud et Mustapha Ourrad. Onze personnes ont également été blessées.
